Après le « Mémento de la Mode Ethique » voici « le mémento de la Déco Equitable ».



Ces mémentos ont pour vocation de poser des questions sur la réalité et l'avenir de ces objets porteurs de sens. Ils comprennent trois parties, les trois piliers du développement durable dans lequel s'inscrit toute démarche équitable :
  • Economie : Les « Mémentos » donnent des réponses sur ce que représentent la mode et la décoration équitable sur le marché ainsi que sur l'organisation de la distribution. Sont également abordées les interrogations sur les producteurs, le choix des fournisseurs, les conditions de production...


  • Environnement : Les « Mémento » « de la Mode Ethique » et « de la Déco Equitable » donnent des pistes pour moins polluer, avoir des garanties de la part des professionnels, producteurs et distributeurs...


  • Socioculturel : Les « Mémentos » tentent de montrer comment il est possible de sauvegarder le patrimoine des pays en le valorisant, comment les échanges peuvent protéger les créateurs, enfin, d'un ordre général, comment essayer de concilier tendance et équitable ...

Ces deux publications sont réalisées à l'initiative de la Délégation Interministérielle à l'Innovation, à l'Expérimentation Sociale et à l'Economie Sociale (DIIESES), chargée en 2002 de piloter les travaux de normalisation du commerce équitable. La DIIESES, qui s'attache depuis plusieurs années à soutenir les initiatives permettant d'encadrer et de développer le commerce équitable, publie et diffuse, en partenariat avec des Salons professionnels de référence ces « Mémentos » destinés à sensibiliser les professionnels et à leur donner matière à éclairer les consommateurs.

Réchauffement de la planète, effet de serre, pénurie d'eau potable… Notre consommation outrancière entraîne inéluctablement l'épuisement de nos ressources naturelles et notre environnement se dégrade. D'où la nécessité (seule solution en dehors de l'autarcie personnelle), de devenir des consommateurs responsables en faisant des efforts personnels et en redoublant d'exigences vis-à-vis des entreprises, des collectivités, des commerçants. Consommer peut être constructif et ne se réduit pas à un acte passif. Le consommateur a un pouvoir, qui est son pouvoir d'achat. Il peut s'en servir de façon responsable pour soutenir des initiatives solidaires et éventuellement boycotter les entreprises dont il n'accepte pas les pratiques. On commence à parler de « maîtrise du désir », de consommation raisonnable.


Rappels des chiffres :
  • Agir développement durable : six Français sur dix pensent et commencent à agir « développement durable » (*). Selon la troisième étude Ethicity/ADEME (Agence De lʼEnvironnement et De la Maîtrise de lʼEnergie). Ils étaient 54 % en 2004 à avoir entendu parler de lʼexpression « développement durable », 67 % en 2005 et 77 % en 2006. La « consom’action » (ou consommation responsable) gagne du terrain. Consommer de manière responsable, cʼest être prêt à réduire sa consommation (en énergie/eau, tri des déchets) mais aussi, de plus en plus, choisir des produits respectueux de lʼenvironnement et surtout privilégier les marques qui ont une véritable éthique.


  • Acheter équitable : selon Ipsos, 75 % des Français connaissaient en 2005 le commerce équitable contre 56 % en 2004 et 9 % en 2000. Le commerce équitable est encore infime : il représente seulement 0,1 % du commerce européen (lʼEurope représente pourtant à elle seule 60 % du marché du commerce équitable mondial) et 0,01 % des échanges mondiaux en 2003. En ce qui concerne la France, le marché a été estimé en 2005 à 120 millions dʼeuros (soit 10 fois plus quʼen 2001). Mais la plus grosse partie de ce chiffre concerne des produits alimentaires (café, chocolat, thé, riz…) (*).
Qu'est ce que le commerce équitable ?
L'article 60 de la loi du 2 août 2005 stipule (**) :
  • I. Le commerce équitable s’inscrit dans la stratégie nationale de développement durable.
  • II. Au sein des activités du commerce, de l’artisanat et des services, le commerce équitable organise des échanges de biens et de services entre des pays développés et des producteurs désavantagés situés dans des pays en développement. Ce commerce vise à l’établissement de relations durables ayant pour effet d’assurer le progrès économique et social de ces producteurs.
  • III. Les personnes physiques ou morales qui veillent au respect des conditions définies ci-dessus sont reconnues par une commission dont la composition, les compétences et les critères de reconnaissance des personnes précitées sont définis par décret en Conseil d’État.

Cette définition est conforme à celle du groupe FINE en 2000 (***) et s'inscrit, de ce fait, dans le prolongement de l'article 23-3 de la Déclaration universelle des droits de l'homme : « Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante, lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous les autres moyens de protection sociale. »

Concrètement quelles sont donc les règles que les fournisseurs s'engagent à suivre ? :
  • Le respect de l"homme et des règles de l'OIT (Organisation Internationale du Travail). Conditions de travail décentes conformes aux conventions internationales en matière de respect des droits de l'homme, formation, interdiction du travail des enfants, prise en charge des dépenses de santé, développement d'infrastructures scolaires, accès aux crédits, respect de la qualité et de la sécurité des produits… Souvent, les distributeurs/ importateurs privilégient les relations auprès de communautés défavorisées (femmes seules, réfugiés, handicapés…), et s'assurent que la place des enfants est plutôt à l'école que dans un atelier.
  • L'achat direct auprès des producteurs et la coopération durableavec des artisans organisés ou non en coopératives. Le distributeur/importateur doit connaître ses fournisseurs et les aider à avoir une vision à long terme de leur travail, afin de pérenniser les partenariats et obtenir une meilleure qualité de production.
  • Un prix équitable : un prix considéré par les partenaires comme juste, ce qui permet aux populations d'atteindre un niveau de vie décent.
  • Le préfinancement des commandes :paiement d'un acompte à la commande pour permettre l'achat des matières premières : la majorité des artisans et producteurs ne disposent pas de stock. Le solde doit en principe être réglé à la livraison.
  • Le respect de l'environnement : ne pas recourir à des matières protégées ou interdites, diminuer au maximum la consommation d'eau et d'énergie, réduire la production de déchets et le rejet de matières polluantes, utiliser en priorité les ressources naturelles et renouvelables…

    Source : www.travail-solidarite.gouv.fr