Les coiffeurs manipulent des produits chimiques pour assurer les permanentes et colorations de leurs clients. Il faut savoir qu'environ 60 % des femmes et 5 à 10 % des hommes se colorent les cheveux avec une moyenne de 6 à 8 colorations par an. A ce titre la profession serait exposée à un risque supérieur à la moyenne de développer un cancer selon le Centre international de recherche sur le cancer (IARC/CIRC), l'agence chargée du cancer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce métier serait classé comme cancérogène "probable", selon la revue spécialisée britannique The Lancet Oncology. Il s'agirait principalement d'un risque de cancer de la vessie, mais avec des suspicions également chez les coiffeuses de risques accrus de cancer des ovaires et d'une forme de cancer sanguin, le lymphome non-hodgkinien. Il était donc temps que la profession s'organise pour assurer la prévention de ces maladies. Le métier de coiffeur est un métier à risques mais grâce à la signature de la Charte de Développement Durable de la profession de la Coiffure lors du salon Mondial de la coiffure 2008, la tendance va se développer autour de colorants non polluants. Cette charte comporte 10 engagements : elle encourage l’ensemble des acteurs de la profession à exercer leur métier en respectant les principes du Développement Durable. Elle promeut l’achat et l’utilisation "de produits et de matériels respectueux de l’environnement et de la santé". Elle valorise les salons qui s’engagent dans cette démarche citoyenne. Elle assure la sensibilisation de la clientèle, elle renforce l’engagement des salariés des salons, soucieux de la protection de l’Environnement et de leur santé.



Qu'en est il des teintures ? Le comité scientifique des produits de consommation (CSPC) de l'Union Européenne s'est penché sur la dangerosité des teintures capillaires et a épinglé 23 produits jugés fortement allergisants, notamment à cause de la présence de para-phénylènediamine ( PPD). Plus la coloration est foncée et plus les concentrations en PPD sont élevées. Et ne vous fiez pas aux mentions "sans ammoniaque", ces colorations contiennent quand même des PPD !. Ils sont presque systématiquement dans les colorations pour leurs propriétés remarquables de stabilisation à hautes températures et hautes résistances chimiques mais i l s'agit d'un produit extrêmement sensibilisant.



Alors pour celles qui ne peuvent se passer d'une coloration, sachez qu'il est tout à fait possible aujourd'hui d'assurer des colorations avec des teintures jusqu'à 100% végétales (à base de safran, de gingembre, de piment ou de muscade ou d'henné, raffiné pour enlever les traces de métaux, et de plantes aux vertus bactéricides et gainantes...). Certains salons se sont spécialisés sur ce créneau et vous permettent même de repartir avec une petite mixture maison à appliquer chez soi, histoire de patienter jusqu'au prochain RV, et pas uniquement sur Paris : Tours accueille en centre ville le salon de Jean Pierre, coiffeur nature. La démarche est globale, il a par exemple investi dans un purificateur d'eau, qui traite les boues, les bactéries et le calcaire. Avec moins de calcaire les shampoings bio (évidemment !) sont plus efficaces. Il a installé également des économiseurs d'eau, des ampoules basse tension...Il utilise des teintures qui se fixent à la vapeur d'eau, et si les cheveux sont abimés ils réparent avec des huiles essentielles de romarin et de sauge. A découvrir si vous passez sur le Val de Loire.

Les franchises aussi commencent à sortir leur propre gamme labellisée cosmébio et certifiée Ecocert, à l'instar de St Algue qui lance sa gamme de soins capillaires bio.

La mobilisation de toute la profession permettra aussi de réaliser des économies d'énergie ( 600.000 Mwh consommés en France par les quelques 60 000 employeurs, 80% pour le chauffage et l'usage des sèches cheveux, sans compter les lave-linge et sèches linges pour les serviettes), et des économies d'eau (l'ensemble des salons de coiffure français utilisent 8 millions de m3 d’eau, soit l’équivalent de 6.500 piscines municipales). Après évaluation conformément à la charte, un salon pourra obtenir une à trois étoiles.

Quand on sait que les salons de coiffures accueillent chaque jour un million de clients, on se dit que ces gestes de sensibilisation alimenteront peut être les conversations ?