L'étude récente de l'Ademe pourrait bien permettre de relancer le marché de la consigne, qualifiée d'écologique et économique. L'objectif de l'étude, lancée suite à la demande des associations dont Agir pour l'environnement, était d'identifier les études existantes sur plusieurs filières (consigne des bouteilles pour recyclage, consigne pour réutilisation et recyclage des emballages plastiques autres que flacons et bouteilles) et d'étudier le caractère transposable de leurs conclusions sur le cas français. Elle conclue que « Les études analysées [.] ne permettent pas, à elles seules, de tirer des conclusions sur le bilan environnemental ou économique qu'aurait la mise en oeuvre aujourd'hui de chacune de ces trois filières au niveau français ».

Rien ne permet donc de justifier désormais la discrimination opérée par les industriels français contre la consigne et le recyclage des plastiques « mous et plats ». réalisée par l'Ademe, a été présentée le 04 novembre à l'occasion d'une réunion de la Commission d'agrément d'Eco-emballages.



En 30 ans, le volume des déchets d’emballages a été multiplié par 5, voire par 50 pour certains matériaux comme le plastique. Aujourd’hui les déchets d’emballages représentent plus de 30% du poids et 50% du volume de nos poubelles. Et sur le poids total des emballages plastiques 60 % n’ont pas de filière de recyclage, ce qui représente une aberration écologique et induit en erreur le consommateur quand il trie ses déchets, erreur renforcée par un point vert le plus souvent mal compris, selon Clara Osadtchy d’Agir pour l’environnement. Pour mémo, le point vert ne signifie pas que le produit est recyclé mais il indique que l’entreprise, qui fabrique le produit emballé, participe financièrement au programme de recyclage des emballages ménagers.

Les fabricants utilisent de plus en plus des emballages plastiques ou des produits plastiques jetables. Pourtant seuls 17 % des plastiques utilisés sont recyclés. Et la création de ces plastiques est elle même polluante, à bases de compositions chimiques complexes parfois toxiques (phtalate ou biphénol-A), qui sollicitent aussi des matières premières non renouvelables (pétrole, ...). Incinéré le plastique génère le rejet de substances diffuses toxiques, facilement assimilables et accumulables dans le corps humain, pouvant provoquer le cancer, des malformations à la naissance et détraquer notre système hormonal et immunitaire. Abandonnés trop souvent, ces déchets plastiques polluent (la décomposition du plastique met 450 ans environ), étouffe l'avifaune et la faune marine qui les confondent avec de la nourriture.

Prenons l'exemple des bouteilles d'eau :

La consommation d’eau embouteillée a été multipliée par deux en vingt ans : chaque année, 5 à 7 milliards de bouteilles en plastique sont vendues en France. À peine 50% de bouteilles plastiques sont recyclés, créant de fait un gigantesque gaspillage de matière première. Sans compter le cout pour une famille qui achète pour environ 200 euros par an de l'eau en bouteille jusqu’à 600 fois plus chère que l’eau du robinet ! Réduisons, voire même supprimons les 130 litres par an d'eau embouteillée que nous consommons en moyenne. Et encourageons la consigne, car 40 bouteilles en verre recyclées = 12 kg de sable + 1 m3 de gaz naturel économisés !.

Qu'est ce qu'une consigne ?

La consigne consiste à faire payer à l'acheteur du produit une petite somme supplémentaire qui lui est remboursée lorsqu'il rapporte l'emballage vide du produit au magasin. L'emballage est ensuite retourné au fabricant du produit qui, après l'avoir nettoyé le réintégrera à sa chaine de production pour être réutilisé sans transformation (une bouteille vide contiendra un nouveau liquide).
L'avantage de ce dispositif est la réutilisation : on réduit ainsi la production d'emballages (puisqu'ils sont réutilisés plusieurs fois), la quantité de déchets (ce n'est qu'au bout de plusieurs réutilisations que l'emballage sera trop usé et deviendra alors déchet) et le recyclage (relativement énergivore) arrive en dernière étape pour donner une deuxième vie à l'emballage devenu déchet. Le consommateur est quant à lui fortement incité à rapporter son emballage puisque ce geste lui permet de récupérer l'argent laissé "en consigne".

Sources : Bilan des connaissances économiques et environnementales sur la consigne des emballages boissons et le recyclage des emballages plastiques, Ademe, octobre 2008, présenté dans le cadre de la Commission d'agrément d'Eco-emballages, actu-environnement, ekopedia

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Et chez vous, comment faites vous pour avoir toujours de l'eau sous la main ? J'ai du mal à laver correctement les bouteilles en verre (à cause du goulot) même avec un goupillon pour biberon de bébé et les gourdes ne ressortent pas non plus nickel. Vous avez des solutions à partager ?