La crise est bien là, le pouvoir d'achat est en berne, les salariés manifestent, et l'argent manque. Et si nous, consommateurs, nous pouvions agir et inverser la tendance ? Et si nous prenions conscience qu'il y a bien un lien entre ce qu'on dénonce (la précarité, la misère, les délocalisations, ...) et ce modèle de consommation qui s'est imposé avec le passage obligé par le monopole de la grande distribution ?


Produire plus, avec le choix d'une agriculture intensive, polluante (pesticides, OGM, ...) et vidée de son contenu social (peu de paysans..), et dans le même temps rémunérer moins (partir produire dans les pays moins disant socialement, ....) pour optimiser l'écart entre le prix de vente et le prix d'achat, voilà le défi quotidien des grands groupes de la distribution pour gagner plus.

Dans quel gouffre la grande distribution nous a t-elle emmené ?

Aujourd'hui 90 % des produits de consommation courante distribués en grandes surfaces sont contrôlés par 6 centrales d'achats.
Si vous êtes l'un des 70 000 producteurs ou l'un des 300 000 exploitants, pour accéder au marché des 62 millions de consommateurs, vous êtes quasiment obligés de passer par l'entonnoir de ces 6 centrales d'achats qui donnent accès aux rayonnages, mais à leurs conditions ! La pression est terrible : non seulement on vous achète le produit 7 fois moins que son prix de vente (alors que le rapport n'était que de 1 pour 4 dans les années 50) mais on vous demande en plus de prévoir du personnel pour assurer la mise en rayon sur le lieu de ventes ! C'est comme cela que vous voyez dans les allées des hypermarchés du personnel qui n'est pas salarié par le groupe mais par les producteurs !



Ce quasi monopole a fait fuir les petits magasins de proximité : 50 % des communes françaises n'ont plus aucun commerce de proximité ! Mais l'enjeu est bien au delà. Christian Jacquiau, économiste et auteur des Coulisses de la Grande Distribution (2003), affirme que pour un emploi crée dans la grande distribution (souvent féminin à temps partiel non choisi), 5 emplois ont été supprimés. Au sortir de la guerre nous avions en France 6 millions de paysans. Aujourd'hui ils ne sont plus que 500 000 agriculteurs et 30 000 disparaissent chaque année (soit un couple d'agriculteurs en moins toutes les 20 minutes).

Cette quête de prix bas à la production pousse à produire dans les pays du sud, là où la main d'oeuvre est moins chère (Chine, Afrique, ..;. Localement c'est un désastre. Passer à une économie d'exportation pour assouvir les besoins de nos marchés, c'est autant d'alimentation en moins pour les populations locales qui voient leurs cultures vivrières disparaitre.

Et chez nous ?
  • Cette spirale infernale du monopole de la grande distribution c'est moins de paysans, moins de commerçants, moins d'industries.
  • Moins de salaires distribués, moins de cotisations sociales et patronales, moins d'impôts prélevés
  • et au final c'est moins de revenus à redistribuer pour la santé, la retraite, l'éducation, ...
  • Un appauvrissement général de l'économie et la grande distribution qui demandent encore plus de prix bas aux producteurs au motif que les consommateurs n'ont plus d'argent, tout en se gardant bien de redistribuer la richesse récoltée !



Peut être que demain, en poussant votre caddie dans l'hypermarché vous hésiterez devant les rayons, en vous disant finalement si j'ajoute ce produit est ce que je continue à encourager certains groupes de la distribution qui vont nuire à l'économie des citoyens ou est ce que je distribue grâce à mon achat de la richesse à ceux qui vont réellement en bénéficier ?

Nombreux sont ceux qui ont fait le choix d'encourager les circuits courts, comme les AMAP pour les produits frais avec une re-localisation de la production, comme le défendent les locavores, et un sens à ses achats : le soutien aux petits producteurs qui créent de la valeur ajoutée sur un territoire. Cette quête de lien direct et durable entre des producteurs et des consommateurs est aussi à l'origine d'Abonéobio, pour permettre à des consommateurs en quête de sens pour les achats du quotidien (hors alimentaire) d'apprécier la qualité de savoirs faire d'entreprises familiales engagées pour soutenir une économie locale et respectueuse de la santé et de l'environnement. Car finalement le commerce équitable c'est l'enjeu du partage de la valeur ajoutée !

Lire sur Abonéobio d'autres articles concernant le vouloir d'achat, les circuits courts de distribution comme les Amap, la nouvelle tendance des locavores, les lobbies de l'agroalimentaire, et les campagne de sensibilisation comme "si nous n'allions pas au supermarché ?", de quoi vous aider à consommer moins pour vivre mieux...

++ Le vouloir d'achat
++ Du local dans mon panier
++ Vous mangez local et de saison ? Vous êtes un locavore !
++ Les Amap vous connaissez ? ++ C'est quoi l'alimentation durable ?
++ Et si nous n'allions pas au supermarché ?
++ La terre, l'agrobiologie, des solutions locales pour un désordre global
++ 2009 ou l'éloge de la consommation raisonnée
++ Alerte dans nos assiettes, reportage sur la malbouffe
++ Consommer moins pour vivre mieux

 

Commentaires

1. Le mardi 3 février 2009, 05:31 par Annabao

"Peut être que demain, en poussant votre caddie dans l'hypermarché vous hésiterez devant les rayons, ..." En ce qui me concerne, je ne pousse pas de caddie. Il y a encore du commerce et de l'artisanat de proximité. On n'arrête pas dire qu'ils sont en déclin, ce qui justifie qu'on ne fasse rien pour ces personnes qui continuent de tisser du lien social. Personne n'est obligé d'aller pousser des caddies et si on réfléchit bien, on n'a pas besoin de tant de choses !

2. Le mardi 3 février 2009, 08:41 par Abonéobio

Tout à fait d'accord Annabao, on soutient aussi par ses achats et le choix de son réseau de distribution. Le tissu commercial avec des petits commerces et de l'artisanat est essentiel au lien social. On est en train de le comprendre :)

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