Les consommateurs peinent à manger des fruits et légumes. Les prix sont élevés et le goût est jugé trop fade pour les cultures conventionnelles. Suite à l'étude réalisée par Familles Rurales (à lire chez mon panier bio) , le réseau Biocoop tient à donner des précisions pour mieux comprendre les enjeux de l'agriculture bio et l'impact sur les prix pratiqués. 1ère donnée à intégrer quand on parle de cultures, la météo !. Or cette année 2010, les conditions qui ont été très difficiles pour l’agriculture biologique avec des gelées et du froid tardifs et une pluie insuffisante. Et oui, la production biologique implique la culture en plein champ des légumes et des fruits (ou sous abris mais sans les forcer, contrairement aux tomates conventionnelles par exemple cultivées sans terre). Du coup, ils sont aussi plus sensibles aux aléas climatiques.



Ensuite, regardons le prix payé aux producteurs. Il faut bien comprendre que les agriculteurs en conventionnel ne peuvent pas vivre de leurs productions (bradées aux centrales d'achats), et que leurs cultures impactent lourdement l'environnement, à force d'utiliser des entrants chimiques tels que les pesticides (conséquences sur les nappes phréatiques polluées, sur la disparition des abeilles qui pollénisent les légumes et les fruits...). En bio, d'une part la tâche est plus ardue et nécessite plus de main d'oeuvre (et le travail des hommes à un coût !), et d'autre part, les coopératives telles que Biocoop s'efforce d'attribuer une juste rémunération aux agriculteurs pour qu'ils puissent vivre dignement de leur production et du travail fourni. (Vous pensez que les hypermarchés font de même ?). Enfin, les aides et subventions allouées aux agriculteurs ne sont pas les mêmes selon que l'on cultive en convention ou en bio. Pourtant le consommateur citoyen demande des fruits et légumes, bons, sains, respectueux de l'environnement, et abordables...Cherchez l'erreur !

Alors comment faire baisser les prix des fruits et légumes bio ? Il faut accroitre l'offre en France (et pas en important, aberration écologique de remplir les rayons des hypers avec des fruits et légumes bio importés, sous plastique en plus !) (voir l'article : plus de bio mais au goût amer en grandes surfaces). Lors du Grenelle de l’Environnement l'objectif était de 6% de la SAU (surface agricole utile) exploités en agriculture biologique pour 2010. A moins de 5 mois de l’année 2011, seuls 2,5% de la SAU lui sont dédiés. Cherchez encore l'erreur !!

Pourtant les agriculteurs sont nombreux à vouloir s'engager dans la conversion (voir l'article plus de producteurs bio en France ) mais pendant ce temps nécessaire à la démarche ( 3 années avant de pourvoir dire que les fruits et légumes sont bio), il leur faut tenir ! D'où l'intérêt de mettre en place des aides et des subventions. Une enveloppe de 29 M d’euros a été estimé par le Ministère de l’alimentation, de la pêche et de l’agriculture pour 2010, dans le cadre d' "Horizon 2012", pour soutenir la conversion et l’agriculture biologique. Sauf que l'on ne compte pas le bénéfice sur l'environnement et à l'inverse on ne dénonce pas les coûts cachés de l'impact environnemental et sociétal de l’agriculture intensive polluante (pollutions, désertification rural, développement des cancers, ...). Et pourtant on peut nourrir la planète avec du bio ! Alors on commence quand ?

Lire d'autres articles sur Abonéobio sur la notion de prix juste, sur les prix des produits bio, sur l'impact de l'agriculture bio, sur la pollution de l'agriculture intensive, sur la difficulté des producteurs à vivre de leur production , ...

++ Des solutions locales pour un désordre global, film de Coline Serreau
++ Terre et Terroirs, un magasin pour une consommation juste
++ Le bio pousse à Cuba pour une sécurité alimentaire durable
++ Le bio plus cher ? Le prix écologique le choix du citoyen
++ Faire ses courses sans OGM
++ Coline Serreau et Colibris, réparer la Terre qui est morte !
++ Plus de bio mais au goût amer en grandes surfaces
++ Le guide du locavore pour mieux consommer local
++ Aboneobio.com, le site qui réconcilie consommation et raison, présenté par Fémininbio
++ La chasse aux pesticides, reportage sur M6 100 % mag, le témoignage de laurence aboneobio
++ Les marges s'envolent dans la grande distribution, plus rien pour les producteurs
++ Pouvoir de chantage, l'envers du décor de la grande distribution
++ Epargne solidaire : soutenir le projet d'un agriculteur bio via Terre de Liens
++ Le label Bio Cohérence : du bio pur !
++ Vous mangez local et de saison ? Vous êtes un locavore !
++ Et si on aidait les agriculteurs bio ?
++ Herbe, le raid movie paysan
++ Severn, la voix de nos enfants, film de Jean Paul Jaud
++ Nos enfants nous accuseront
++ Un outil pour gérer facilement son AMAP
++ Tripler les surfaces bio à Paris, ambition affichée par la région
++ No hunger peut être le prochain film de Al Gore et de Action contre la Faim
++ Epargne solidaire : soutenir le projet d'un agriculteur bio via Terre de Liens
++ Planète Reporter : les algues vertes, le réveil du paysan
++ Sur Top Santé Laurence Moulin, la femme écolo du mois, nous abonne au bio !