Dans les rayons des hypers les produits issus du commerce équitable s'installent au milieu des autres gammes ou dans des espaces spécifiques. Les prix pratiqués par les hypermarchés sont souvent plus élevés sur ces produits. Se pose la question de la marge croissante, à qui profite t'elle ? Les supermarchés ont bien compris l'intérêt marketing d'étoffer leur offre avec des produits issus du commerce équitable mais derrière l'information transparente sur les retombées des ventes de ces produits peinent à venir. Et si on disait clairement au consommateur que le surcoût qu'il paye sert à nourrir les marges du supermarché ?

L’étude publiée en mars 2010 par Consumers International intitulée « Les supermarchés européens au banc d’essai » , à laquelle la CLCV a participé, met en évidence que les consommateurs sont aujourd’hui de plus en plus préoccupés par l'impact que leurs choix peuvent avoir sur autrui. Ils se disent prêts à payer les produits équitables plus chers s’ils obtiennent la garantie que les petits producteurs dans les pays en développement sont correctement traités. C’est la tendance affichée par l’enquête Globescan de 2009 et celle menée par la CLCV en 2010 (elle a été réalisée du1er septembre au 31 octobre 2010 et a porté sur 669 questionnaires répartis sur 34 départements).

Retour sur quelques données phares de cette étude :

  • 83 % des Français sont prêts à payer plus chers (entre 5 % et 10 %) les produits du commerce équitable, notamment les 40-60 ans.
  • 55 % des Français connaissent un peu ou pas du tout les produits équitables (7 % des Français pas du tout)
  • 1 % seulement des consommateurs font confiance aux hypers et supermarchés pour avoir des informations fiables sur la manière dont ils traitent leurs fournisseurs ! 99 % des consommateurs, jugent les grandes surfaces pas jugées fiables, car elles cherchent à vendre le plus de produits possibles avec la marge la plus importante possible; Les consommateurs veulent des garanties sur les pratiques d'approvisionnement, notamment au regard du respect des droits fondamentaux de l'homme, avec des contrôles indépendants
  • Seulement 37 % des consommateurs font entièrement confiance aux labels pour avoir des informations fiables sur la manière dont les hyper et supermarchés traitent leurs fournisseurs..Du coup, l'enquête montre que les labels ne sont pas jugés aussi crédibles qu’ils souhaiteraient l’être. Leur profusion rend d’ailleurs la démarche de commerce équitable peu lisible. Les lignes de produits équitables développées par les distributeurs, Auchan, Ecoplanète Agir Carrefour, Casino… relèvent de l’auto-déclaration et d’une démarche privée et ne sont pas des labels. D'où la création tant attendue de la Commission nationale du commerce équitable (CNCE) en Avril 2010.


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