Savez vous que les enfants sont exposés à des substances chimiques dangereuses quand ils utilisent leurs jouets ? La liste est longue : des retardateurs de flammes bromés, du formaldéhyde, du benzène, formaldéhyde, mais aussi des phtalates, sans compter l'exposition aux champs électro-magnétiques. Tout cela dans des jeux en contact quotidien avec des enfants dont l'organisme est en devenir, avec un système immunitaire immature. Les enfants portent les jouets à la bouche, qu'attendons nous pour réagir ? Le Women in Europe for a Common Future (WECF) se mobilise depuis plusieurs années pour garantir des jouets et un environnement sain aux enfants et dit "Stop aux mauvais joueurs !". Une opération de test de jouets grandeur nature aura lieu le mercredi 16 novembre à Paris.

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Quelles sont les substances chimiques nocives pour la santé présentes dans les jeux des enfants ?

  • Le formaldéhyde, présent dans les jouets en bois agglomérés et sur les textiles (agent de surface, améliore la tenue) est un polluant présent dans nos intérieurs. Classé cancérogène pour l’être humain par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) il a été mis en cause dans le développement de l'asthme et des allergies. Outre l'attaque des voies respiratoires, il créé aussi des irritations des yeux.
  • Les retardateurs de flammes, très présents pour des critères d'inflammabilité, notamment dans les jouets en plastique rigide, rembourrés en polyuréthane2 ou électronique, ils sont classés POP (Polluants Organiques Persistants) pour certains, notamment les retardateurs de flammes bromés.
  • Le benzène, le xylène et le toluène, mais aussi du baryum (métal lourd) comme le révélait l'enquête de 60 millions de consommateurs en 2009 (Baryum présent dans des bijoux pour enfants) ou du plomb (cf rapport de 2010 du Finnish Environment Institute). Les modèles réduits aussi peuvent contenir des métaux lourds
  • Les champs électromagnétiques (CEM) émis par les portables pour enfants, mais aussi par les jeux vidéos tels que ceux proposés par les consoles connectées par internet en Wifi ou Bluetooth, la Wii dont les manettes émettent des CEM alors qu’elles sont très proches du corps de l’enfant etc. Pour mémo, le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) a classé ces CEM comme « peut-être cancérogènes pour l’homme ».
  • Les phtalates, présents pour assouplir les plastiques, ils sont des perturbateurs endocriniens. On connait le Bisphénol A mais d'autres sont aussi nocifs. Cf mon article Le Nutella contient du DEHP le phtalate le plus dangereux !
  • Aux USA, les jouets peuvent contenir du cadium ou de l'étain.

Les jouets non conformes sont rappelés, ils représentent d'ailleurs 1/4 du total des produits de consommation rappelés cf le Rapex (système d'alerte européen). Et c'est prioritairement un risque chimique (2ème cause de rappels des jouets).

tests jouets WECF

Du coté règlementation des jouets, où en sommes nous ?

En 2007 plusieurs scandales ont amené des changements dans la règlementation en cours. Adoptées en 2008, les nouvelles mesures ne sont pas encore appliquées, à cause de tolérance jusqu'en 2013. A ce jour les jouets mis sur le marché dans l’UE peuvent donc répondre aux normes de l’ancienne directive. Et demain ? Les perturbateurs endocriniens ne sont pas pris en compte dans la nouvelle Directive Jouets. Cela signifie qu'à compter de 2013, les phtalates seraient toujours présents dans les jeux, les équipements nautiques (brassards, bouées, ...), accessoires pour enfants, équipements sportifs, ... Certains sont interdits, d'autres pas, pourquoi ? Si on reconnait désormais la dangerosité du Bisphénol A (BPA), classé CMR 2 («reprotoxique possible»), interdit dans les biberons, on ne comprend pas pourquoi il ne serait pas interdit aussi dans les produits de puériculture, les boites de conserves, les lunettes, amalgames dentaires, perfusions, boites alimentaires, ....? WECF préconise d’élargir le champ de la directive pour une meilleure cohérence basée sur l’exposition réelle de l’enfant au quotidien. Par ailleurs, le fait d'interdire la vente d'un produit dans un pays pour des raisons de santé, devrait s'appliquer aux pays voisins au sein de l'Europe, selon le principe de précaution. Exemple en décembre 2010 du retrait des tapis-puzzle contenant du formamide en Belgique, en France, en Italie et au Luxembourg.

Justement, pour faire avancer le débat, le Women in Europe for a Common Future (WECF) organise une opération de tests de jouets grandeur nature le mercredi 16 Novembre à Paris, de 13h à 17h (rendez-vous place Edmond Michelet, dans le 4ème, face au centre Beaubourg). L'événement se fera en présence en partenariat avec les laboratoires Quad Labde et en présence de :

  • Corinne Lepage, Vice Pte de la Commission Environnement, santé publique et sécurité alimentaire au Parlement européen
  • Michèle Rivasi, Membre de la Commission Industrie, recherche et énergie au Parlement européen
  • Geneviève Barbier, Médecin généraliste
  • Catherine Gouhier, Présidente du CRIIREM (Centre de Recherche et d'Information Indépendant sur les Rayonnements Electromagnétiques)
  • Anne Barre, Présidente de WECF France



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A l'approche des fêtes de Noël, les parents sont un peu perdus dans les choix à faire pour les achats de jouets. Regardons ensemble les conseils du WECF guide des jouets sains :

  • Privilégier la qualité sur la quantité autant que possible
  • Déballer puis aérer autant que possible les jouets avant de les donner à l’enfant
  • Laver les jouets en textiles ou ceux que vous pouvez nettoyer
  • Privilégier les matières naturelles comme le bois brut ou le caoutchouc naturel
  • Eviter les jouets en PVC (triangle 3)
  • Eviter les jouets qui dégagent une forte odeur
  • Choisir si possible des labels indépendants comme Spielgut ou Oeko-tex par exemple