Les femmes sont actives..toute la journée. Voir trop ! Elles enchainent deux ou plutôt trois journées dans une seule : travail, enfants, maison, perso, ....difficile d'articuler tout ces besoins dans une seule journée de 24h, surtout si les taches ne sont pas partagées. Tous ces à cotés pèsent sur le développement de la carrière des femmes. La conciliation entre carrière et vie familiale est un sujet d'actualité, dont nous devons nous emparer pour faire bouger les choses. Le réseau Maman Travaille a lancé la 1ère journée des femmes actives..et des parents sur l'initiative de Marlène Schiappa, auteure notamment du guide Maman Travaille. Retour sur cette journée du 09 février 2012 qui a permis de rassembler des témoignages pertinents sur des exemples de politiques qui fonctionnent, échanges autour de ce fameux plafond de mère qui empêche l'ascension, (d'ailleurs ce terme plafond de mère inventé par Maman Travaille a été repris dans les médias depuis) le piège des activités professionnelles alternatives, pourquoi et comment dégenrer les politiques de parentalité...D'ailleurs des pères étaient aussi parmi les participants (Benjamin de Till the Cat, père au foyer, et Mercredi C papa, association de pères). Beaucoup de richesses dans les échanges ! De l'énergie, du pragmatisme, de la sincérité, de belles rencontres ...bref un cocktail qui permet de se ressourcer et d'aller de l'avant !. Je partage ici des regards croisés, des chiffres qui m'ont marqué, des pistes de réflexion lancées par les intervenants, des citations coup de coeur...

conciliation parentalité et carrière

Le congé de maternité / paternité : je pars en MBA !
A l'échelle d'une vie de femme, il existe plusieurs temps et celui avec les enfants ne durent pas. Alors si on prenait le temps et si chaque femme pouvait considérer son congé de maternité comme un temps de respiration, un temps de formation, car elle y apprend de nouvelles compétences. Plus elle a d'enfants, plus elle est obligé de jongler en permanence entre différentes tâches et plus elle est efficace. Elle développe des aptitudes aujourd'hui recherchées, très modernes dans une culture de zapping permanent. Avec la maternité, les femmes développent des outils d'innovation, alors que les hommes se cantonnent davantage à la routine. Alors n'ayons plus d'annoncer une grossesse à notre hiérarchie ! (4 femmes sur 10 se disent stressées par cette annonce).

Oser !
Aude de Thuin est de ces femmes qui vous donne l'envie ! A l'initiative du Women's Forum, elle est l'auteure de "Femmes si vous osiez, le monde s'en porterait mieux" (j'ai acheté le livre !), et lance le 1er French Forum Osons la France, le 26 mars 2012. Elle nous invite à puiser au fond de soi pour travailler à ce fameux manque de confiance, qui fait défaut aux femmes. Elle nous invite aussi à développer notre ambition, car oui les filles, nous manquons d'ambition ! Dans le cadre de la recherche d'un nouveau job, si une femme à moins de 80 % des compétences demandées pour un poste, elle ne postulera pas. Si un homme a 50 % des compétences requises, il y va !. Cherchez l'erreur ...Pas de fausse modestie, il faut y aller et créer son chemin. Chez Carrefour, 58 % des salariés sont des femmes, mais seulement 11 % des dirigeants sont des femmes (5 femmes cadres dirigeantes chez Carrefour France), alors que 70 % des clients sont des femmes). Il faut augmenter la visibilité des femmes qui osent, qui prennent des responsabilités...Autre exemple apporté par Isabelle Germain : seulement 20 % de femmes citées dans les sources d'infos, et quand on parle des femmes dans la presse c'est soit pour évoquer une femme mise en lumière par un homme, soit pour parler d'une femme victime, soit pour prendre le témoignage anonyme d'une femme. Une enquête réalisée tous les 5 ans indique que rien ne bouge. A part lors de la journée de la femme, où les articles dédiés se font nombreux, le reste de l'année, on reproduit les mêmes clichés. (A lire plutôt les nouvelles news qui donnent la même parole aux hommes et aux femmes).

Pour réussir avoir un bon mari !
Les femmes refusent de sacrifier une sphère au détriment d'une autre. Elles ont à la fois cette complexité en elles et cette capacité à combiner ces sphères. Pas le choix, il faut être organisée, déléguer, ...certes, mais avec un mari qui soutient et partagent les taches ménagères et l'éducation des enfants, ça facilite les choses. D'ailleurs, pourquoi considérer que les taches ménagères faites par les femmes n'ont aucune valeur marchande ? Selon une estimation, les taches ménagères liées à l'éducation représenteraient 30 à 40 % du PIB. Partout dans le monde, les jeunes générations masculines sont en recherche d'identité. Elles ne veulent plus sacrifier vie perso à la vie pro. Elles veulent réfléchir à la manière d'être, selon le témoignage de Christine Castelain Meunier, sociologue au CNRS, et spécialiste sur les questions "le féminin - le masculin". Que les pères se rassurent, selon une étude américaine, ceux qui s'occupent des enfants très tôt ont une longévité plus grande ! Pour les hommes s'est plus compliqué de s'impliquer dans la sphère familiale. En France la culture du présentéisme est très, trop forte. Et pourtant, le coût du présentéisme serait plus élevé que celui de l'absentisme, selon une étude anglosaxonne.

Créer une entreprise en ayant des enfants ?
Qu'on se le dise, les enfants permettent d'équilibrer les journées, leurs sollicitations nous obligent à couper le soir et le week end. Très utile pour celles qui entreprennent !

Participer aux réseaux et échanges informels
La femme recherche l'efficacité. Pour gagner du temps, elle concentre sa journée et se limite à son temps de travail. Sauf qu'en repartant plus tôt le soir, elle passe à coté des échanges informels au bureau, là ou se font et se défont, dans son dos, les carrières des femmes. Les moments d'échanges informels prennent du temps mais sont aussi des moments précieux pour le business. (A noter, dans certaines entreprises, se mettent en place le jeudi des pères : à 18h les pères quittent l'entreprise, permettant ainsi aux femmes de rester et de refaire la carrière des hommes !) Les réseaux féminins permettent de retrouver, de parler, de se ré-assurer. Mais pour ouvrir le plafond de verre, les femmes doivent être présentes dans les réseaux mixtes pour faire tomber les stéréotypes, sortir les femmes des métiers dits féminins (12 secteurs professionnels rassemblent la moitié des femmes actives). Les entreprises du CAC 40 se cotoient dans des réseaux exclusivement réservés aux hommes. C'est d'ailleurs par réaction / provocation que Emmanuelle Gagliardi a lancé L/On Top et Interdit aux hommes. (Contrairement au titre, les hommes sont invités à rejoindre le réseau). Echanger est important, libérer la parole est essentielle. Chez les femmes, d'ailleurs beaucoup plus enclin à libérer la parole que les hommes, elle évite le burn out (les hommes eux passent passent à l'acte : suicides).

Agir pour plus de mode de garde des enfants
Une remarque sur les dispositifs d'accompagnement : savez vous qu'il existe une loi qui oblige les collectivités à construire un nombre de places de parking en fonction des hébergements, mais qu'il n'existe pas de loi obligeant à construire des places de crèches en fonction du nombre d'habitants ! Résultats, en France, seulement 10% des enfants ont une place en crèche, contre 90 % au Québec. Il est vrai que dans ce pays, le contexte tendu sur la main d'oeuvre qualifié permet aux salariés de choisir de travailler dans des entreprises qui apportent de vraies solutions pour une meilleure conciliation travail famille, le tout dans appuyé par une implication forte du ministère (Ainés et famille, joli nom !) via une norme dédiée depuis 2011. Pourtant, en France, le coût d'un berceau n'est que de 230 euros par mois, après déduction fiscale. Alors pourquoi n'y a t il pas plus de crèches d'entreprises ? (même si ce n'est pas la panacée : cf le témoignage de "mère bordel") Au passage, les hommes ne sont que 1.2 % à travailler dans les crèches !...

Faire signer la Charte de la Parentalité par votre entreprise Quand on est conciliant, les salariés le rendent au quintuple, selon Jérôme Ballarin, délégué général de l' Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (ORSE) qui accompagne la mise en place d'une Charte de la Parentalité d'Entreprise. Actuellement 300 entreprises se sont engagées à appliquer cette charte de la parentalité, dont des grands groupes. L'information est public alors chacun peut vérifier la bonne application des engagements : cf le coup de gueule de Maman Travaille concernant l'Oréal. L'observatoire accompagne également à la mise en place de commissions et suit les pratiques (flexibilité des horaires, pratiques managériales, ...), avec un baromètre dédié. A lire les publications de l'ORSE : « Patrons papas : paroles de dirigeants sur l'équilibre travail et vie privée » (Editions du Cherche Midi) et le guide du manager de proximité, qui permet de préparer la DRH a une demande de congé parental venant d'un homme, où de mieux appréhender l'annonce d'un congé de maternité. Un exemple d'application : permettre à un parent de famille monoparentale (18 % des familles françaises) de faire des journées plus courtes la semaine de garde des enfants et de compenser avec une présence plus importante la semaine sans enfant. La posture du dirigeant est essentielle à la mise en oeuvre de cette charte de la parentalité : l'exemplarité du dirigeant permet de libérer la parole des managers. La parentalité n'est plus un tabou et l'entreprise peut avancer.

Blandine Métayer je suis au top one man show

Lors de cette journée, j'ai découvert aussi le talent de deux comédiennes One man show, à suivre :



Un grand merci à tout l'équipe de Maman Travaille !