L'engouement pour les biocarburants en Europe entrainent en détournement en Afrique des surfaces agricoles équivalente à la superficie de la Suisse. L'évolution de la règlementation européenne a conduit une modification dans l'approvisionnement en carburant : il est prévu 10 % de bioéthanol (pour l'essence) et de biodiésel (gazole) dans le carburant de 2020, afin de limiter les émissions de CO2. Sauf que les plantations ne se font pas en Europe, faute de surfaces disponibles, mais en Afrique, au détriment de surfaces vivrières, comme le dénoncent les ONG. Rien que pour la Grande Bretagne, c'est 1.6 millions d'hectares nécessaires pour l'importation de biocarburant. Le Jatropha, plante venant d'Amérique centrale, prolifère en Afrique, dans les concessions appartenant aux pays européens mais aussi de la Chine, Malaisie, ...avec le soutien des gouvernements africains qui voient là une manne financière. Sauf que la population a besoin de terres vivrières pour se nourrir ! Et elles se font rares : 66% des terres acquises en Afrique visent à produire des agrocarburants, contre 15% seulement destinés à la production d’aliments (selon un rapport de l’International Land Coalition). La rareté entraine la flambée des prix des denrées alimentaires (famine 2008). Sans compter aussi l'apport en eau, nécessaire pour faire pousser le Jatropha (alors qu'on pensait le contraire), et sans compter les entrants chimiques utilisés pour traiter les insectes et les maladies, qui pénètrent dans les sols, avec une pollution à long terme. Avec un tel prix écologique, l'or vert n'est qu'un mirage !

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Source : presseurop.eu

Merci à thecostaricanews.com pour l'emprunt de l'illustration (même si là il s'agit de l'Afrique ^^)