Aujourd'hui pour se former plus besoin de se déplacer. Les modules de formation sont accessibles via internet. Chacun peut même profiter du savoir d'un(e) professeur de renom en s'inscrivant dans un cours en ligne, ouvert et massif appelé MOOC (Massive Open Online Course), une formation qui se repère sur un CV. Déjà initiées aux USA, en Allemagne, au Royaume Uni, en Espagne, les plateformes de MOOC regroupent jusqu’à 21 universités partenaires. En France, les grandes écoles s'y sont lancées : Ecole polytechnique, Ecole Centrale de Lille, HEC, ...avec des modules de 6 à 8 semaines, de 3 à 8 heures par semaine, pour 3000 à 10 000 inscrits, voire même 160000 inscrits pour UDACITY en 2011 à Stanford aux USA, cours sur l'intelligence artificielle !. Aujourd'hui UDACY rassemble 1.6 million d'étudiants, COURSERA, 6 millions et 108 formations. Certains MOOCs sont ouverts désormais à une formation diplômante. Autre avantage, l'apprentissage en mode collaboratif permet aux deux parties (ceux qui enseignent et ceux qui apprennent) de participer conjointement à l'évolution des supports pédagogiques via des ressources partagées. On parle alors de cMOOC (issu de l'approche connectiviste). C'est tout un écosystème qui est en train d'émerger, avec de nouvelles applications préparées en coulisses par des startup et la naissance du mouvement FUN (France Universités Numériques) depuis octobre 2013. A Nantes, lieu d'accueil du Web2Day, un évènement particulier s'est tenu le 24 janvier : la Journée des Moocs ou l'enseignement de demain ? L'occasion de débattre sur la révolution des méthodes d'apprentissage de la formation tout au long de sa vie, la nouvelle pédagogie de l'enseignement supérieur, la coopération entre institutions et collectivités, la viabilité du modèle économique préservant la gratuité de l'accès aux cours, ...bref sur les enjeux des MOOCs en France.

MOOC massive open online course

Les MOOC et l'entreprise ?

La formation au sein d'une entreprise a souvent un caractère confidentiel : le sujet traité, les outils proposés, le savoir faire détaillé, ...semblent à première vue difficilement compatibles avec la notion d'ouverture inclue dans la démarche des MOOCs. Et pourtant, l'entreprise pourrait y gagner en allégeant ses coûts annuels de formation (en moyenne elle dépense 1500 euros par salarié, un montant souvent rédhibitoire pour une TPE). En proposant à ses salariés de se former via des MOOCs, l'entreprise intègre une nouvelle valeur, celle du connectivisme où "l'apprentissage est le processus de création de connexion et de développement de réseaux". Après le savoir faire, le savoir quoi, c'est le savoir où, (où trouver les ressources quand elles sont nécessaires). L'entreprise en profite pour développer son agilité : elle ouvre ses frontières, elle crée des ponts avec ses pairs, elle nourrit des connexions avec d'autres participants et élargit sa veille benchmarketing.

Le e-learning et l'entreprise ? Mais la formation corporate nécessite souvent du sur mesure. S'assurer des contenus, en adéquation avec le contexte par nature évolutif de l'entreprise, auprès d'apprenants qui ne maitrisent pas forcément l'autonomie dans l'apprentissage, voilà quelques arguments pour se concentrer plutôt sur une formule de formation via le e-learning. Le gros avantage étant d'offrir une souplesse via un temps de connexion à l'outil choisi et non pas subi. C'est l'outil qui s'adapte au rythme de l'individu et non pas l'inverse.

formation e-learning Pure

Un exemple d'application du E-learning au sein du groupe Nature et Stratégie : Les conseillères de vente de la marque Pure (des gammes Fleur des Mauges et Armille) utilisent depuis 3 ans un programme interne de formation destiné à la force de vente. 300 personnes y participent, pour un coût moyen annuel de 70000 euros (hors temps de préparation des contenus). Il s'agit d'une formation créée sur mesure, Diartis, sur la base de modules de 7 à 8 minutes, au contenu pédagogique agréable. Des séquences courtes pour maintenir la concentration. Des informations à la fois sur les produits, le métier de conseillère, l'évolution du statut, des outils de prospection, également de l'actualité sur le marché du bio, de la culture générale, ...A la fin de chaque module, quelques questions QCM permettent de valider l'étape. Les utilisatrices ont également accès librement à une bibliothèque de données et à l'ensemble des modules élaborés depuis 3 ans. Elles peuvent revoir un sujet avant un rendez vous, approfondir, ... cette pratique permet d'accompagner des personnes qui doutent souvent de leurs compétences. Chacune a le choix de se connecter au moment propice pendant sa semaine, (dans la journée, le soir, le dimanche, ...). L'accès à distance permet en outre de réduire les déplacements entre le lieu de résidence des conseillères (présentes partout en France) et le siège de la société.
Cette année, une formation supplémentaire sera mis en place, en collaboration avec la FVD (Fédération de Vente Directe). Certaines conseillères pourront ainsi accéder à une formation en e-learning qualifiante, reconnue par l'Etat (examen de fin de parcours avec une partie théorique et un entretien ) et diplômante (diplômes en cours de validation par l'Education Nationale), pour valider des acquis d'un niveau BTS par exemple. Pour en savoir plus http://www.fvd.fr/vente-directe-academie-0

Et rien n'empêche d'encourager le salarié à suivre individuellement une formation via un MOOC notamment pour les formations "classiques" de type bureautique, gestion du temps, ...

Et pour les créateurs d'entreprises, quelques MOOC intéressants :

  • Pour aider à financer son projet http://business.lesechos.fr/entrepreneurs/financer-sa-creation/un-mooc-pour-les-createurs-en-recherche-de-fonds-59773.php,
  • Pour développer http://www.passeportpourdevelopper.com/
  • Pour mieux transmettre sa société http://www.passeportpourtransmettre.com/


Sources :
http://www.journeedesmooc.com/
http://www.formation-professionnelle.fr/2013/11/04/les-moocs-faits-lentreprise/

Exemples de MOOC
http://www.ocean-flots.org/flots.html