Le monde change et la révolution technologique et sociétale qui se profile est majeure. Internet a bouleversé les pratiques. L’information circule librement et la collaboration en est facilitée. L’économie mondiale est impactée en profondeur. Jeremy Rifkin va jusqu’à annoncer clairement « le déclin du capitalisme, éclipsé par les mouvements collaboratifs et la production à petite échelle », via les imprimantes 3D, notamment. Internet permet à chacun de produire son propre contenu (textes, images, vidéos, sons…), de le partager en temps réel via les smartphones, (court-circuitant ainsi les médias classiques), de contribuer à une production collective et même de la financer (via le financement participatif appelé crowdfunding, qui pourrait représenter 1.000 milliards de dollars d'ici à 2020, (selon Forbes) avec déjà plus de 900 plates-formes de crowdfunding dans le monde, dont une soixantaine en France, ou le microcrédit, tout ceci hors réseaux bancaires classiques), de se former via les plateformes de MOOC (cf article Se former grâce au e-learning et aux MOOC ) sans débourser pour une formation de qualité, et de construire des applications libres sur la base de l’ouverture des données (DATA). Nouvelles logiques de partage mais aussi d’usages. Désormais, au cours de sa journée, on se déplace en co-voiturage (La SNCF a racheté plusieurs plateformes en 2013), en déplacement ou en voyage, on réserve sa chambre sur Airbnb délaissant l’hôtel au passage. Au bureau, c’est l’espace coworking (partager un espace de travail), les Fab Labs (partager des outils pour la conception et la réalisation d'objets entre particuliers et professionnels) et les makerspaces qui s’imposent. Pour les courses, plus besoin de passer à l’hypermarché, on opte pour les Amap et autres circuits courts (qui représentait en 2010 2,5 milliards d'euros ( 1,5 % du CA conso alimentaire) ). Internet permet désormais à une diversité d’acteurs d’un même territoire (ou d’une même sensibilité) de s’organiser pour un coût dérisoire. L’intelligence collective peut germer et irriguer l'ensemble des secteurs d'activités. Un nouveau monde s’invente, se construit, partout dans le monde. Avec plus d’altruisme, cher à Matthieu Ricard, plus d'économie sociale et solidaire. Michel Serres nous rappelle que nous avons besoin de partager nos expériences, puisque "L’homme reste un animal social." Ce mouvement OUISHARE s'amplifie et se structure. Moins de consommation, plus de « care » (prendre soin de nos biens communs : l’eau, l’air, …) et plus de sens dans notre action. L’opportunité de sortir grandit de cette crise, à condition de ne pas laisser cette intelligence collective dans les mains de quelques majeures compagnies....

La consommation collaborative from Alexandre Borras on Vimeo.


Aujourd'hui, un Français sur deux est déjà engagé dans ces nouvelles formes de consommation que sont le partage, l'échange, la vente ou la location d'objets, selon l'Observatoire société et consommation (ObSoCo). L'innovation collaborative, citoyenne et soutenable, est en bas de chez nous, avec nos voisins et chacun peut y contribuer.

La première semaine de l'économie collaborative organisée par OuiShare aura lieu à Paris du 01 au 07 mai 2014 :

  • Un évènement rassemblant les acteurs internationaux de l'économie collaborative, autour du OuiShare Fest du 05 au 07 mai
  • Un village ouvert au grand public, avec un espace collaboratif au coeur de la Foire de Paris, du 1er au 04 mai, le OuiShare Village
  • Un concours, récompensant les meilleurs projets émergents de l'économie collaborative, les OuiShare Awards


Consommation_collaborative

A lire le livre d'Anne Sophie Novel : la vie Share et à suivre le blog de la consommation collaborative

consommation collaborative A S Novel

La fin du travail dont parlait déjà Jeremy Rifkin, dans son bestseller de 1997, préfacé par M Rocard, n'est pas la fin du travail tel qu'on peut l'entendre sur une première lecture. C'est un équilibrage différent, pour passer d'un monde bipolaire, avec d'un coté, "une élite de gestionnaires, de chercheurs et de manipulateurs d'information surqualifiés et de l'autre, une majorité de travailleurs précaires", à une économie qui supprime l'emploi de masse dans la production et la distribution, où la valeur ajoutée est dans l'intelligence collective, où l'on revoit le contrat social pour un partage des richesses. L'évolution actuelle des technologies génère "La troisième révolution industrielle". Attention au raccourcit "plus de capitalisme et donc plus de travail". Certes nous aurons plus de "robots" pour faire des pièces, la possibilité de créer la pièce unitaire par un particulier, au fur et à mesure de son besoin, moins de taches manuelles répétitives. Mais la collaboration c'est aussi énergivore, l'intelligence collective demande de la présence, de la concentration, et pour se vider la tête rien de tel que certaines taches manuelles. Ce peut être aussi des moments de méditation nécessaire à notre équilibre. N'ayons pas peur de la révolution.