genefutures04.JPGL’association Générations Futures dénonce dans leur nouvelle enquête EXPPERT, la 6ème|http://www.generations-futures.fr/], la pollution aux pesticides des maisons situées près d’exploitation agricole. Sur les 22 intérieurs étudiés et les 61 pesticides recherchés (dont certains interdits depuis 2003 en France), ils se trouvent que toutes les maisons sont polluées par 8 à 30 pesticides différents.

On se souvient tous de cet incident tragique, dans le Bordelais où des élèves et des enseignants ont été pris de malaise suite à la pulvérisation de fongicide à la lisière d’une école. Générations Futures étaient déjà de la partie.

Avec cette nouvelle enquête, dont la faible portée (22 foyers seulement) n’enlève rien aux résultats quant à l’exposition permanente de la population aux pesticides, dont les fameux perturbateurs endocriniens dont on parle enfin de plus en plus. En effet, les résultats analysés par une entreprise 100% indépendante, les laboratoires IRES (qui commercialise également le kit de prélèvement), ont été comparés pour 6 molécules aux précédents travaux de l’OQAI (Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur) et corroborent parfaitement les résultats de l’enquête de Générations Futures.

Des résultats inquiétants mais peu surprenants

Nous savons que les agriculteurs épandent de large quantité de pesticides, nombreux, et parfois dans le non-respect des recommandations, comme par exemple jamais si le vent dépasse les 19km/h, puisqu’ils sont volatiles. En conséquence, les substances actives des pesticides molécules qui peuvent être mutagènes, cancérigènes, ou neurotoxiques, se retrouvent dans nous “poussières”, à l’intérieur des maisons qui jouxtent les exploitations agricoles.

  • Les poussières récoltées dans les 22 foyers font état d’un cocktail de pesticides selon le types de surface agricole traitées (vignes, vergers de pommiers ou cultures céréalières)
  • Entre 8 et 30 pesticides par habitation ont été détectés dans la poussière des habitations testées, sur les 61 pesticides recherchés ;
  • On retrouve en moyenne près de 20 pesticides par habitation testée dont près de 12 sont des Perturbateurs Endocriniens potentiels soit 60,18%.
  • 98,16% de la concentration totale en pesticides concerne les PE! Ainsi, on retrouve en moyenne 17,6 mg de pesticides quantifiés par kg de poussières, dont 17,3 mg sont des PE potentiels. L’exposition aux pesticides dans ces maisons induit donc une exposition également très importante à des PE.
  • 3 produits sont aussi retrouvés dans 100% des échantillons, avec un bémol pour la perméthrine qui semble provenir d’un usage domestique (insecticide dérivé de la pyréthrine, responsable d’intoxication chez le chat)
  • Parmi les pesticides retrouvés certains sont interdits en agriculture en France depuis plusieurs années ! C’est le cas du diuron, retrouvé dans plus de 90% des habitations … pourtant interdit en France depuis décembre 2008.

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Une pollution invisible et imposée?

Selon les témoignages rapportés par l’association et les participants, il est difficile de faire bouger une profession qui travaille avec des produits phytosanitaire depuis 1945, soutenus par de puissants lobbys, qui n’hésitent pas à jouer avec les peurs en parlant d’un retour à l'âge des cavernes, agitant le spectre de famines possibles (ndlr : pour faire face à la crise agricole d’autres lobbyistes, prévoient, eux,des abattages de bêtes notamment pour baisser les quota; il faudrait savoir!)
genefutures03.JPG Le bio étant, comme nous l’avons vu récemment, plébiscité en France, l’association Générations Futures milite pour le développement de parcelles en agriculture bio autour des habitations. Cela aurait un double avantage :

  • rapprocher les producteurs des consommateurs : production locale, circuit court, vente directe… que des arguments qui séduisent les consomm’acteurs!
  • limiter l’exposition des riverains aux pesticides, donc, les protéger, entendu que, il faut le rappeler, l’Agriculture Biologique refuse l’utilisation de pesticides de synthèse.

« Ces résultats montrent clairement que les personnes vivant prêts des zones cultivées sont exposées chez elles toute l’année à un cocktail important de pesticides, dont de nombreux sont des perturbateurs endocriniens potentiels. Ce fait illustre l’urgence qu’il y a à modifier les pratiques agricoles et à faire en sorte qu’on interdise les pulvérisations des pesticides de synthèse à proximité de zones habitées. » Déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. « De plus, notre travail montre l’urgence de la publication d’une définition des perturbateurs endocriniens réellement protectrice au niveau européen.Nous interpelons le Gouvernement afin qu’il intervienne fermement auprès de la Commission européenne pour que demain cesse cette exposition généralisée aux pesticides PE dans nos campagnes. »

Comment se prémunir contre cette contamination ?

Le premier conseil semble contradictoire, mais non, il ne faut pas arrêter d’aérer son intérieur! Pour la simple raison que l’air intérieur est également pollué par d’autres substances présentes dans nos peintures, nos meubles et (pour les moins regardant sur l"écologie) nos produits d'entretien, parfois même d’autres perturbateurs endocriniens (par exemple : des retardateurs de flamme).

Cependant, il faut évidemment se calfeutrer pendant les périodes d'épandage, ce qui n'est pas toujours évident. De plus, les pesticides entrent sous forme de microparticules (gouttelettes), ou bien avec la terre sous les chaussures. Étant donné que les molécules de pesticides sont retrouvées dans les poussières, certains préconisent de "passer l'aspirateur", ou le balai, de manière régulière, en privilégiant, évidemment des produits écologiques (comme le chass’poussière Etamine du Lys). Cela évite, a minima, d'accumuler les quantités de pesticides.
Mais tant que les agriculteurs utiliseront des phytosanitaire, il y a peu de chance que du jour au lendemain, les riverains des champs agricoles,non bio, se seront pas débarrassés de pesticides. Certains pesticides interdits depuis 2003 sont d’ailleurs toujours retrouvés dans les maisons, en cause, leur présence dans les nappes phréatiques ou dans la terre. genefutures01.JPG