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Vendredi 30 septembre 2016

Quand les antibiotiques deviennent automatiques

robinet-eau-antibiotiques-2.jpgOn oublie parfois trop souvent que l’eau est une denrée précieuse… C’est certain, à voir s'abattre plusieurs mois de pluie en une soirée dans le sud de la France, on oublierait que l’eau potable sera bientôt rare. En France et en Europe, les normes pour qualifier l’eau potable sont assez sévères. Depuis 2007, un arrêté fixe des normes de qualité à respecter pour un certain nombre de substances dans l’eau potable dont le chlore, le calcaire, le plomb, les nitrates, les pesticides et les bactéries. Les eaux de baignade ou les « zones humides », comme les lacs et les marais, sont également très surveillées. Mais les eaux de ruissellement ne peuvent pas être contrôlées aussi précisément. Or, tout ce que nous utilisons comme produits pour le ménage, l’entretien du jardin, les cosmétiques et les médicaments, ont une répercussion sur la qualité de l’eau et celui des écosystèmes qu’elle irrigue.

Des médicaments dans l’eau de nos rivières

1753_visuel_affiche_generique-animaux_antibiotique.jpgDes études récentes ont en effet montré la présence de médicaments à des concentrations détectables dans certaines eaux souterraines, de surface et même de boisson depuis les années 2000. Une attention particulière est portée aux médicaments antibiotiques dont environ 10 500 tonnes sont utilisées chaque année en Europe (FEDESA, 1999), aussi bien en médecine humaine (52%) qu’en médecine vétérinaire (48%). Dans le cadre du plan Ecoantibio, le Ministère de l’Agriculture a lancé depuis septembre dernier la campagne « les antibiotiques pour nous non plus c’est pas automatique » rappelle la bonne utilisation de ces médicaments. L’objectif du plan Ecoantibio est de réduire de 25% en 5 ans (2012-2017) l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire.

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Ces concentrations résiduelles d’antibiotiques ont un effet sur notre environnement que les scientifiques tentent de démontrer et tirer un signal d’alarme. Les antibiotiques, ou anti-microbiens, sont des molécules souvent naturelles (quoique peu utilisées pour l’homme) ou chimiques dont on connaît assez peu la demi-vie ou la biodégradabilité.

Phénomène de bioaccumulation.

Depuis l’année dernière, nous sommes certains que les poissons les plus gros sont les plus toxiques. Les saumons, aiglefins ou thons rouges de méditerranée sont des prédateurs, souvent en fin de la chaîne alimentaire et stockent dans leurs chairs la somme de tous les polluants (mercure, arsenic, hydrocarbures, PCB, médicaments, etc.) ingérés par les poissons plus petits et le plancton. Le phénomène de bioaccumulation, qui explique ces concentrations impressionnantes, n’est pas nouveau, mais jusqu’ici les scientifiques étudiaient principalement les polluants ayant un impact sur la santé.

En effet, on connaît - malheureusement - l’effet désastreux sur la santé de l’ingestion de produits chimiques comme les métaux lourds. Les scientifiques s’intéressent également depuis une dizaine d’années à l’effet des antibiotiques retrouvés dans l’eau. Quels effet conséquences ceux-ci peuvent avoir sur notre environnement, les écosystèmes et notre santé?

Emergence inquiétante des bactéries résistantes

Notre société est accro aux antibiotiques : la campagne “ les antibiotiques, c’est pas automatique”, visait à limiter l’usage abusif de certains antibiotiques en traitement préventif ou curatif. Mais cela ne visait pas les autres utilisations de ces produits comme complément alimentaire dans l’alimentation animale, notamment dans les piscicultures, ni comme pesticides pour le traitement des végétaux. La première des conclusions est que la surconcentration d’antibiotiques dans l’environnement aquatique modifie invariablement le génome des bactéries et leurs réactions à ces antibiotiques. Les bactéries se reproduisent vite et ont un pouvoir mutagène hypersensible, favorable à leur adaptation à tous les milieux. Selon la théorie de Darwin, la présence d’antibiotique dans l’environnement tue certes un grand nombre de bactéries, mais les bactéries qui “survivent” sont celles qui ont développé une insensibilité à un ou plusieurs antibiotiques : on les appelle des bactéries résistantes (ou bmr, bactéries multi-résistantes, si plusieurs antibiotiques n’ont plus d’effets) la-france-tente-de-diminuer-sa-consommation-d-antibiotiques_1798440.jpgL’OMS tirait en avril dernier la sonnette d’alarme sur ces bactéries devenues résistantes aux anti-microbiens.

Néanmoins, les conclusions de ce rapport pointent du doigt les conséquences, dramatiques, pour les populations qui ne peuvent pas être soignées correctement, et ne démontrent pas vraiment les causes, c’est à dire, les comportements qui ont permis aux antibiotiques de polluer l’eau.

Attention aux cosmétiques !

Plus récemment, ce sont des microbilles ou perles de plastiques, comme celles utilisées en cosmétique conventionnelle pour les soins gommant ou exfoliant par exemple, qui ont été retrouvées dans la chair de poisson. Comme les nano-particules, ces microbilles de plastique sont difficilement détectables, et peuvent se confondre avec du sable.

De la même manière que n’importe quel polluant, ces microbilles sont ingérées par les poissons. L’interdiction faite aux Etats-Unis d’utiliser ces microbilles, pousse l’industrie cosmétique « conventionnelle » à piocher les idées parmi les formules naturelles. En effet, la cosmétique naturelle et bio propose depuis longtemps des formules à base de sucre, de poudre de noyaux d’amandes ou d’abricots, comme le gommage pour le corps ou l’exfoliant visage Coslys vendu sur abonéobio!

La difficulté avec la pollution de l’eau, c’est que nous pouvons être « intoxiqués » même si nous faisons attention à la provenance de notre nourriture. En effet, même les poissons bio présentent des concentrations de mercure très élevées... Mais il n’y a pas que les industriels (pharmaceutique, agroalimentaire) qui rejettent des médicaments ou des produits polluants. Il revient à chacun de faire attention à son mode de consommation.

Tous ce que nous utilisons dans notre vie quotidienne se retrouvent potentiellement dans l’eau, ce qui influence la qualité de celle-ci et de ce que nous mangeons. Nous pouvons faire attention à notre consommation de médicaments, et confier les médicaments périmés en pharmacie. En tant que consommateur, nous pouvons également faire attention aux produits que nous choisissons pour l’entretien : - des produits à base d’ingrédients végétaux et bio; - des produits dont la biodégradabilité est prouvée grâce des normes internationales OCDE comme la lessive liquide Etamine du lys - des produits qui n’auront peu pas de répercussions sur notre environnement et notre santé; - et respecter les doses recommandées.

Pour de la lessive, par exemple, il est inutile de surdoser car elle n’en sera pas plus efficace. Mieux vaut alors utiliser un détachant avant lavage, comme le spray détachant vendu sur aboneobio!

Octobre Rose : un mois pour sensibiliser autour du cancer du sein ?

LOGO_OCTOBRE_ROSE.pngPour la 10ème année consécutive en France, octobre est le mois de mobilisation nationale contre le cancer du sein.

Une femme sur 8 sera concernée dans sa vie par le cancer du sein.

octobre-rose_paris-tour-eiffel.jpgAujourd’hui, le dépistage est une arme efficace contre ce cancer. Détecté à un stade précoce, le cancer du sein peut non seulement être guéri dans plus de 90 % des cas mais aussi être soigné par des traitements moins agressifs, moins mutilants ou entraînant moins de séquelles. Pourtant, une femme sur trois en France ne se fait toujours pas dépister ou pas régulièrement. Dix ans après le lancement du programme de dépistage organisé du cancer du sein, la participation stagne. Si l’existence de ce programme est connue du grand public, la participation s’est stabilisée autour de 53 % (à ce chiffre s’ajoutent environ 10 % de femmes qui réalisent des mammographies de dépistage à la demande du médecin ou de leur propre initiative). Il est donc nécessaire de poursuivre la mobilisation et l’information des femmes, comme celle de l’ensemble des acteurs de santé.

En France, de nombreuses manifestations sont organisées pour soutenir l’action des associations : port d’un ruban rose par des personnalités publiques, courses et marches, même la tour Eiffel se pare de rose pour rappeler que, malgré les progrès thérapeutiques, le cancer du sein est le 1er cancer en nombre de cas et la 1ère cause de décès par cancer chez les femmes en France.

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Prise de conscience ou prise d'intéret ?

Aux États-Unis, la sensibilisation pour le cancer du sein remonte à plus de 30 ans. En effet, c’est en 1983 qu’a été organisé la première Race for Cure, course contre le cancer du sein, à Dallas, Texas. Mais en 1985, une branche de l’actuelle firme pharmaceutique Astra-Zeneca, en partenariat avec l’American Cancer Society a lancé le National Breast Cancer Awareness Month (NBCAM). Dès le départ, le but était de promouvoir le dépistage comme meilleure arme contre le cancer du sein, alors que l’industrie pharmaceutique récoltait les bénéfices des mammographies prodiguées et des soins engagés.

Ce mois d’octobre est donc seulement utilisé pour rappeler la nécessité de se faire dépister, peu de voix se font entendre pour évoquer les causes du cancer du sein ou sensibiliser autour de quelques règles de vie pour entretenir sa santé : - avoir une alimentation saine et équilibrée ; - éviter les parabens, le bisphénol A et le benzène dans les produits de consommation courante; - éviter les sels d’aluminium dans les déodorants. Même si l’Afssaps (renommée ANSM depuis) concluait en 2011 qu’il n’y avait pas de corrélation démontrée entre cancer du sein et exposition à l'aluminium par voie cutanée, les résultats des travaux d’une équipe de chercheurs de l’Université de Genève ont confirmé en 2012 la toxicité des sels d’aluminium lorsqu’ils sont mis en contact avec des cellules mammaires.

Par précaution, l’Afssaps préconise désormais aux fabricants et formulateurs un maximum de 0.6% de sels d’aluminium chlorohydrate. Mais 60 millions de consommateurs pointait du doigt en avril 2012 que [6 déodorants sur 14 testés avaient des teneurs trop élevées |http://www.60millions-mag.com/actualites/articles/deodorants_antitranspirants_nbsp_halte_aux_exces_d_aluminium_nbsp].

Et pour ne plus laissez de place aux doutes, mieux vaut se tourner vers des déodorants certifiés bio, dont les formules sont garanties sans sels d’aluminium, vendu sur Abonéobio bien sur !

Ailleurs dans le monde...

Comme en France, des animations et des “happening” sont organisés pour mobiliser un maximum, partout dans le monde Etats-Unis ou au Japon. Monuments illuminés, clip publicitaire, la recette est à peu près la même qu’en France… à quelques dérives près!!

Pink-washing ?

octobre-rose_fracking-pink_bit.jpgCette année, la société Baker Hughes, une des plus importantes pour le forage pétrolier et la fracturation hydraulique, a décidé d’accompagner un chèque de 100.000$ fait à la fondation Susan G. Komen (la femme derrière les rubans roses) de forets repeint en rose. D’un goût douteux, les photos de ces forets ont bien évidemment été reprises par les associations écologistes qui ont mis en relation cancers et fracturation hydraulique, d’une manière peu avantageuse pour l’entreprise américaine. Autorisée aux États-Unis, les premiers cas de maladie avérée (leucémies et cancers du sein en tête) commencent à faire réfléchir les autorités sanitaires. Relayé par les réseaux sociaux, cette mauvaise opération de communication, exemplaire en terme de pink-washing, est devenue virale en quelques jours et finalement, le meilleur moyen de lutter contre la fracture hydraulique!!

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