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Dimanche 29 mars 2015

Mot-clé - alimentation bio

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Soutenons les agriculteurs bio !

ab_25.jpgLes producteurs et les agriculteurs bio sont en colère ! Ils le manifesteront demain, mardi 17 mars, dans toute la France, à l’appel de la FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique)

Stéphane Le Foll, Ministre de l’agriculture, parlait d’agro-écologie, de plan « Ecophyto », de plan « Ambition bio ». Il avait fixé comme objectif le doublement des surfaces engagées en bio d’ici 2017 pour une production alimentaire de qualité et le respect de notre environnement

De son côté, Mme Ségolène Royal lance un projet de loi sur la biodiversité, parrainé par Hubert Reeves, et poursuit son action pour la biodiversité avec notamment la suppression de l’épandage aérien des pesticides pour fin 2015, et la généralisation de la démarche “Terre saine, communes sans pesticides” pour supprimer leur usage dans l’entretien des espaces publics.

Cependant et sans prévenir, le Ministère de l’Agriculture vient de diminuer de manière substantielle son soutien à l’agriculture biologique : moins 25% de subventions pour les agriculteurs bio pour 2015.

Exaspération et conséquence

Les agriculteurs sont exaspérés puisqu’il s’agissait d’aides promises en 2014, et liées à la reconnaissance des services environnementaux et sociaux de la bio. La FNAB s'interroge sur l’ambition du gouvernement qui prévoit de doubler les surfaces d'ici fin 2017 (soit +300 000 hectares de bio par an dès 2015) sans poursuivre l’effort de financement de la conversion au bio. Pour les consommateurs que nous sommes, c’est un mauvais signal alors que tous les sondages et toutes les études montrent que de plus en plus de personnes interrogées souhaiterait du bio, chez eux ou en collectivités.

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Pesticides contre biodiversité et santé

Dans un rapport hallucinant, l’EFSA (European Food Safety Authority) avouait que 97% des aliments de l’union Européenne contenaient des résidus de pesticides…dont les proportions restaient dans les limites du légal. Apparemment, il s’agit là d’une amélioration, et tant mieux. Cependant, 27,3% des échantillons présentaient des résidus de plus d’un pesticide et seul 1.5% présentait des concentrations très nettement supérieures aux seuils fixés. Jusqu’ici les pesticides, connus pour la plupart pour être des perturbateurs endocriniens, ont des conséquences sur la santé qui peuvent dépasser la dizaine d’années. D’où la difficulté de faire le lien entre les pesticides utilisés par l’agriculture et les pathologies qui se seraient développées ultérieurement. spipoll02.jpgPar ailleurs, les pesticides utilisés et retrouvé en grande quantité dans les fraises et les salades, sont également à l’origine, pour de nombreuses associations de protection de l’environnement, de la surmortalité des abeilles et des pollinisateurs. Or, 35% de notre alimentation dépend de ces insectes pollinisateurs. Comment défendre la biodiversité, littéralement, la diversité du vivant, si l’on accepte l’utilisation massive de pesticides et de biocides, qui déciment les insectes (nuisibles et auxilliaires confondus) et influent sur notre santé?

Si vous voulez manifester avec les producteurs bio pour montrer votre soutien dans une agriculture respectueuse de la vie, voici la liste des rendez vous donnés par la FNAB :

http://www.fnab.org/index.php/component/content/article/785-manifestations-producteurs-bio-mars-2015

Les perturbateurs endocriniens coûtent entre 150 et 206 milliards d'euros par an

perturbateur-endocrinien-things.jpgUne nouvelle série d’études scientifiques publiées ce jour dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism de l’Endocrine society montre que l’exposition des populations européennes à des perturbateurs endocriniens est la cause de nombreuses pathologies dont le coût vient d’être estimé entre 150 et 260 milliards d’Euros par an par les chercheurs. __ Perturbateurs Endocriniens, une menace invisible mais bien réelle pour la santé__

Les Perturbateurs Endocriniens, plus couramment dénommés PE par les connaisseurs, sont des substances chimiques qui interfèrent, comme leur nom l’indique, avec l'action des hormones. Malheureusement, les perturbateurs endocriniens sont désormais présents, cachés dans tout notre quotidien et ne provoque pas de réactions “allergiques” visibles immédiatement. C’est cet effet pervers, et sur le long terme, que les chercheurs et les associations souhaitent dénoncer pour alerter des risques pour notre santé

En effet, les perturbateurs endocriniens se retrouvent aussi bien dans les aliments (résidus de pesticides ou aspartame comme sucre de substitution), mais aussi dans les contenants alimentaires en en plastique ou aluminium (avec le très connu Bisphénol A ou BpA), les meubles, les jouets, les tapis (phtalates), des matériaux de construction et des produits cosmétiques (comme l’aluminium ou les parabènes). Les PE entrent dans le corps des humains et de la faune par la poussière ou à travers la chaîne alimentaire, par effet de bioaccumulation, cet effet pervers qui concentre les polluants et les molécules chimiques au sommet de la chaîne alimentaire.

Evaluer pour faire réagir

perturbateurEndocrinien.jpgLes problèmes de santé sont bien souvent pris en compte ou remarqués dès que leur coût est estimé. Ainsi, des chercheurs ont récemment étudié le coût de l’action des perturbateurs endocriniens. Les chercheurs ont utilisé des études épidémiologiques et toxicologiques pour évaluer le coût économique des pathologies qu’ils jugent liées à l'exposition aux PE (infertilité masculine, anomalies congénitales, obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, troubles neurocomportementaux et de l'apprentissage, ou le cancer…). Ce coût pour la société est estimé entre 150 et 260 milliards d’Euros par an, soit entre 1.2% et 2% du PIB de l’Union Européenne !

Les auteurs de l’étude sont parmi les spécialistes les plus compétents au monde de cette question des perturbateurs endocriniens : Leonardo Trasande, R. Thomas Zoeller, Ulla Hass, Andreas Kortenkamp, Philippe Grandjean, John Peterson Myers, Joseph DiGangi, Martine Bellanger, Russ Hauser, Juliette Legler, Niels E. Skakkebaek, Jerrold J Heindel.

« Alors que de nombreuses enquêtes démontrent l’exposition des populations aux PE, cette étude apporte une preuve supplémentaire de la nécessité d’une action préventive forte pour se prémunir des risques des perturbateurs endocriniens en Europe. » Déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures et co-auteur du livre Perturbateurs endocriniens, la menace invisible. «Il faut donc que l’Union européenne adopte des critères protecteurs pour définir les perturbateurs endocriniens qui devront être exclus dans le cadre du Règlement 1107/2009 sur les pesticides (définition de l’OMS et création de 3 catégories : PE confirmé, suspecté ou potentiel). Ces critères s’étendront également aux autres législations concernées (REACH, biocides…). Par ailleurs aucune modification des dispositions existantes dans les législations européennes sur les biocides et les pesticides ne doit intervenir si l’on veut vraiment protéger la population européenne des risques liés au PE. »

Pour le moment, le meilleur moyen de se prémunir contre les perturbateurs endocriniens reste un mode de vie “bio”, comme on le prône sur abonéobio.com, qui a toujours alerté sur ces sujets de santé publique : - manger des produits cultivés sans pesticides, - utiliser des cosmétiques bio , - faire un ménage écologique et notamment la pâte verte multi-usage de Brunort (qui est par ailleurs en promo en ce moment), -rester informé sur la provenance et de la composition de ce que l’on achète. Pour proposer des produits les plus respectueux des hommes et de la planète la société Comptoir des Lys (Coslys, Etamine du Lys) a demandé à tous ses fournisseurs d'emballages plastiques, des certificats attestant de la non-présence de perturbateurs endocriniens dans leurs flacons. Banniere_Coslys.jpg

2014 , vers la fin du gaspillage alimentaire ?

Selon la FAO (organisation de l’Onu pour l’alimentation et l’agriculture), nous gaspillons chaque année environ 1300 milliards de tonnes de produits alimentaires, soit près d’un tiers de la production mondiale.

Contre cette invraissemblance, un mouvement d’engagés a vu le jour aux Etats Unis, en 1999, et gagne peu à peu l’Europe au plus fort de la crise économique, en 2008. Le freeganisme (gratuivorisme ou « philosophie » du déchétarien). Consiste à se servir dans les poubelles des magasins, boutiques, Grande Disribution, en produit peu ou pas périmés, mais que les enseignes jettent quand même comme ils sont jugés « invendables ».

Pour ces activistes, responsables associatifs, écologistes ou altermondialistes, l’objectif est autant de faire des économies que de lutter contre un gaspillage alimentaire à l’outrance. Pourquoi jeter un sac de 2kilos de pommes si seulement l’une d’entre elles est abîmée ? Pour la grande distribution, qui gère son stock selon la formule comptable « pertes et profits », cela ne change rien, mais pour les plus démunis et notre planète, cela change tout. Il fallait beaucoup de courage et d’audace pour prouver à la grande distribution ses erreurs, en fouillant ses poubelles, néanmoins, cela a fait bouger les choses.

2014 a été déclarée par l’union européenne année de la lutte contre le gaspillage alimentaire. A ce titre, voici quelques initiatives intéressantes qui, si elles sont couronnées de succès, montre que l’audace finit par payer, comme disait Danton.

Intermarché : les fruits et légumes moches séduisent !

La première mobilisation du genre contre le gaspillage des enseignes « conventionnelles » a été la campagne d’Intermarché pour les Fruits et Légumes moches. Une initiative couronnée de succès dans l’hypermarché de Pontaut Combault (77), où les consommateurs ont été sensibilisés et incités à acheter des fruits et légumes qualifiés d’inesthétiques à un prix 30% moins cher. Outre la présence des cultivateurs lors d’un week-end dédié en mars dernier, des soupes et des jus ont été préparés à partir de ces produits afin de démontrer leur qualité gustative. Un affichage et des slogans bien pensés ont accompagné l’opération qui a été largement relayée sur les réseaux sociaux. Récemment, la campagne s’est même vue déclinée en anglais dans un film parodique « inglorious vegetable ». Moche is the new chic!

CORA : la jeunesse innove contre les dates de péremption

Comment trouver des solutions innovantes aux problèmes actuels ? Dans le cadre d’un projet école-entreprise baptisé Challenge Créativité, 3 jeunes ingénieurs de l’école des Mines d’Alès ont réfléchi à la revalorisation des produits périssables et aux dates limites de consommation (DLC/ DLUO). Depuis début juillet 2014, la société CORA teste donc dans ses magasins d’Alès et de Limoges un nouveau dispositif de merchandising et de signalétique basé sur la responsabilisation de tous. Si certaines enseignes proposent des réductions sur les produits à « date courte », il s’agit ici de réintroduire ces produits dans le circuit, sensibiliser le consommateur et rendre ces denrées plus attractives. Ecologiquement, l’initiative est louable ; économiquement elle est même rentable ! Pour Olivier DELESCLUSE, qui dirige l’hypermarché CORA d’Alès : «Ce merchandising new look apporte à nos rayons beaucoup de dynamisme et va faire économiser 50 000€ par an. L’état‐major de CORA va d’ailleurs mettre en œuvre ce dispositif dans 30 autres magasins. En plus, le personnel de nos magasins a immédiatement adhéré à cette innovation. Je salue donc la créativité et le sens des réalités de ces 3 jeunes élèves-ingénieurs : leur dispositif crée de la valeur économique et sociale ».

En plus de la signalétique, voici quelques exemples de slogans imaginés par les élèves: « Sois malin, mange‐moi demain », « Cabossé mais bien conservé », « Je ne suis pas caillé, tu peux y aller », « Osez, même si la fin n’est pas loin ! »…

Ci dessous une vidéo réalisée pour la soutenance des 3 élèves-ingénieurs.

Les enseignes bio : la bonne conduite des consomm’acteurs.

Dans les enseignes bios, ce ne sont pas les mêmes problématiques. Les consommateurs sont bien évidemment plus « éveillés » sur les dates de consommation, ou les fruits « moches », néanmoins tout est fait pour limiter au maximum le gaspillage alimentaire.

Dans un autre domaine les magasins bio s’attachent depuis des années à promouvoir le vrac. Ce mode de consommation permet de proposer des produits jusqu’à 30% moins cher, de réduire les emballages (les bouteilles sont réutilisées), ainsi que le gaspillage (en adaptant la quantité souhaitée). Il permet également de développer la production agricole biologique en construisant des filières françaises d’exploitation (notamment les graines de tournesol) Depuis le début de l’année et jusque septembre 2014, le magasin Biocoop « Saveurs & Saisons » de Villeneuve d’Ascq (Nord pas de Calais), teste le vrac liquide en alimentaire avec la mise à dispositiion d’huiles (olive, colza, mélange…) de vinaigre, ou de vin… La Biocoop Scarabée de Rennes teste également un système de distribution automatisé inspiré du concept déjà proposé pour les produits d’entretiens écologique comme la marque Etamine du lys.

Bientôt dans vos supermarchés ? Quand la législation s’en mêle…

On se souvient de Frédéric Daerden, ce bourgmestre d’Herstal en Belgique qui avait soumis un supermarché à l’obligation de don de ses invendus à des associations. L’initiative, qui avait enthousiasmé les écologistes, est le point de départ d’une nouvelle proposition de loi contre le gaspillage alimentaire, en France. L’objectif est d’inciter les enseignes de la grande distribution à donner leurs invendus à des associations caritatives plutôt que de les jeter. Il faudra suivre de prêt les débats et ce qu’il en ressort, comme cette proposition est d'ores et déjà controversées, autant par les entreprises que les écologistes et les associations. En attendant, nous pouvons nous réjouir que les industriels de la grande distribution cherchent des solutions économiquement durables et écologiquement acceptables.

Manger bio c'est mieux !

L'agriculture bio se développe, les consommateurs en redemandent et pourtant, dans le même temps une succession d'articles remettent en doute les bienfaits de l'alimentation bio. Situation paradoxale à laquelle trois experts reconnus ont chercher à répondre en publiant un manifeste sur l'intérêt du "Manger bio c'est mieux !" : Claude Aubert, André Lefèbvre et Denis Lairon nous explique combien les produits bio offrent une qualité de nutriments, sans OGM et avec beaucoup moins d'additifs dans les produits transformés. Les polémiques sont fondées sur des études tronquées. Plusieurs articles scientifiques faisant la synthèse des connaissances sur la composition arrivent au mêmes conclusions positives en faveur du bio : plus de vitamines (notamment C ) et de minéraux (fer, zinc, magnésium), davantage de polyphénols et autres anti oxydants (les plantes les fabriquent pour les aider à se protéger contre les agressions extérieures), davantage d'oméga 3 (de 21 à 116 % d'oméga 3 en plus dans le lait bio par rapport au conventionnel, et aussi dans les produits laitiers, poulet, ...). Le bio permet d'élargir le choix des variétés (ce qui favorise la biodiversité) et de d'opter pour celles qui offrent le plus de nutriments (par exemple 4 fois plus dans une pomme calville blanche bio qu'une golden) et chacun sait que le meilleur est dans la peau encore faut il pouvoir manger une peau bio pour éviter d'avaler des pesticides (30 traitements en moyenne sur une seule pomme en culture conventionnelle et malheureusement il est illusoire de penser être protégé en épluchant car les pesticides systémiques pénètrent à l'intérieur des végétaux !). Et comme le fruit bio doit apprendre à résister, sa peau concentre aussi 5 fois plus d'antioxydants que la chair. Donc on n'épluche pas les fruits et légumes bio, on profite ainsi des vitamines, on gagne du temps et avec moins de perte.

MANGER BIO terre vivante

A l'heure où 80 % de notre alimentation est transformée, les produits bio se distinguent des conventionnels aussi parce que les procédés de fabrication et la combinaison des ingrédients sont très différents : des ingrédients peu ou pas raffinés, pas d'additifs aux risques mal connus (cf mon article sur le danger des additifs) (en bio seulement 47 additifs autorisés, tous naturels sauf les sulfites dans le vin et les nitrites dans la charcuterie, pas de benzoate de sodium qui favorise l'hyperactivité des enfants, pas d'aspartame), une composition simplifiée et des aliments précieux qu'on ne retrouve plus dans les recettes conventionnelles (sucre non raffiné, des aliments fermentés (tofu, sauce soja traditionnelle, ...), du lait cru, orge mondé, boulgour, épeautre, pâtes au sarrazin, ...). Manger bio c'est aussi prendre de bonnes habitudes alimentaires, avec une alimentation à dominante végétale (cf mon article Manger moins de viande, mieux pour la santé), des aliments complets (stop à la consommation de sucre raffiné), et au final moins d'allergies (des études démontrent que les enfants des écoles Steiner nourris avec des produits biodynamiques ont 38 % de moins de réaction atopique, ont recours aux antibiotiques 2 fois moins souvent ).

En bio, pas de pesticides (une grappe de raisin cultivée en conventionnel peut contenir jusqu'à 26 pesticides différents !) et des contaminations qui restent exceptionnelles. Il faut savoir que les pesticides organichlorés (DDT, lindane, HCH) notamment sont stockés très facilement dans la graisse. Même si ils sont interdits désormais, ils restent présents non pas dans le sang mais dans le tissu adipeux et une partie des pesticides reste stockées pendant 20 à 25 ans dans l'organisme et finira dans le lait de la maman qui allaite. Sans compter le lien entre cancer et pesticides avéré, les pathologies sont nombreuses : diabète, problème d'infertilité, malformations congénitales chez les garçons, pubertés précoces chez les filles, effets neurotoxiques (augmentation des risques maladie Parkinson, perturbation du développement du cerveau. Et dans le bio il n'y a pas plus de contamination microbiennes (l'affaire E coli en 2011 était un mauvais procès : sur les 900 analyses effectuées par les autorités allemandes, le germe n'a été retrouvé que dans une poubelle d'un consommateur !). L'hygiène est l'affaire de tous en bio comme en conventionnel.

Manger bio c'est aussi prendre soin de notre environnement et protéger celui des générations futures : moins de gaz à effet de serre en bio, moins de pesticides polluants rejetés dans l'air (il faut savoir que les brouillards et la rosée sont 30 à 60 fois plus chargées en pesticides que la pluie !), une qualité de l'eau préservée (voir mon article : "désormais on tolère plus de pesticides dans l'eau du robinet") en réduisant le coût exorbitant de la décontamination (2 chiffres en France : "coût complet du traitement des excédents d'agriculture et d'élevage dissous dans l'eau est estimé entre 54 et 91 milliards d'euros par an et le coût complet de dépollution des stocks d'eau souterraines serait compris entre 522 et 847 milliards d'euros, hors coût d'énergie du pompage avant traitement"), une biodiversité sauvée et une qualité de sols retrouvée.

Dernier point, le coût des produits bio. Pourquoi les prix sont plus chers en agriculture bio ? sauf qu'on ne voit pas non plus les couts cachés des aliments conventionnels : il faudrait ajouter le coût de la pollution , des maladies provoquées, de la baisse de fertilité des sols, de la chute de la biodiversité ...Cette facture en plus est déjà réglée sur la feuille d'impôts de chaque citoyen mais on ne fait pas le lien !

Je vous recommande la lecture du manifeste Manger bio c'est mieux ! éditée par Terre vivante, 5 euros, 150 pages. Les informations indiquées dans cet article sont issues de ce livre publié en Octobre 2012. A la fin du guide, 25 recettes à moins de 1.20 € démontrent que le bio n'est pas plus cher !

Une marque distributeur bio Casino au rayon frais

Les grandes surfaces veulent s'imposer sur le marché du bio. Après le rayon épicerie, hygiène et beauté, droguerie, voilà les produits distributeurs au rayon fruits et légumes. Chez Casino, la gamme bio MDD se veut d'origine France : des tomates grappes et des courgettes produites en France ( mille tonnes en rayons), des aubergines (30 tonnes) et des poivrons (15 tonnes). L'approvisionnement se veut en circuits courts, et pour l'instant en provenance de producteurs du Sud Ouest et Sud Est. Dans le courant de l'été, s'ajouteront des pommes, kiwi, carottes. Quelques références (34 ), 100 % origine France, labellisés AB, qui seront bien mises en évidence dans les hypermarchés ou magasins de proximité, pour afficher la démarche du groupe dans le bio. L'objectif étant de remplacer les 300 références de produits d'importation Casino bio par des produits Made In France. Une manière de surfer sur une tendance lourde de l'alimentation, vers des produits sains, locaux. Et peut être aussi l'envie de prendre des parts de marché sur les ventes via les AMAP (abonnement bio aux paniers de fruits et légumes). Après Carrefour et Auchan, Casino veut aussi sa part du gâteau bio !

alimentation bio chez casino

fruits et légumes bio chez casino France

Source : lafranceagricole.fr

Voir la gamme de produits bio d'Aboneobio (hors alimentaire) en produits de cosmétique bio et en produits entretien bio pour la maison

Après les poules dans son jardin les poissons dans son salon

A New York, les élevages de poissons se font au salon. On connaissait les poulaillers dans les jardins, les ruches et les potagers sur les toits mais les adeptes de l'alimentation bio vont encore plus loin : nourrir des poissons dans un aquarium chez soi pour mieux les manger plus tard. L'eau usée étant réutilisée comme fertilisant. Les plantes servant à nettoyer l'aquarium. Bref un écosystème à l'échelle d'un citoyen urbain inventé par deux ex-banquiers de Manhattan. Ce couple, Christopher Toole et Anya Pozdeeva, ont même créé leur société SAVE pour aller plus loin (Society for Aquaponic Values and Education). Elle prône une production alimentaire écologique respectueuse d'un développement durable lors d'ateliers auprès des enfants défavorisés du Bronx, quartier où vit le couple désormais. Les tilapias grandissent chez eux. Au bout de 9 mois dans 35 litres d'eau, ils atteignent 500 grammes et sont prêts à être consommés. Une nourriture saine et fraiche, gorgée de protéines. Dans leur salon, on y trouve aussi une ruche de 10 000 abeilles et des champignons qui poussent sur des cartons recyclés ! Des idées, de l'expérimentation, à suivre ....

élever des tilapias dans son salon

Pour démarrer un élevage de tilapia chez soi on peut acheter des alevins chez : vifarms.com/ (100 alevins de tilapia pour 200 dollars, soit 2 dollars pièce)

A la maison, ça vous tente ?

Les recettes du panier bio

Que l'on soit adhérent à une Amap, client d'un magasin bio, consommateur de marché, les légumes bio sont des concentrés de vitamines, et les préparer n'est pas forcément si compliqué. Les recettes du panier bio, 50 légumes à savourer, voilà un livre bourré de conseils d'experts qui va vous faire saliver. Les légumes anciens, ceux que l'on ne connait toujours (choux chinois, scorsonère, pourpier, rutabaga, topinambour, panais ...) à mettre dans son panier sans craindre de se retrouver sans inspiration au moment du diner. Ce livre de recettes dédié aux légumes des paniers bio, est réellement pratique pour préparer une cuisine alliant plaisir, santé et bon sens écologique. Des conseils pour manger bio et local (s'y retrouver dans la jungle des labels bio : AB, Biocohérence, Déméter, Nature et Progrès, ... , la question du coût (les coûts justifiés de l'agriculture bio et les coûts cachés des produits non bio), les différents systèmes pour s'approvisionner en légumes bio de saison et de proximité (vente à la ferme, amap, regroupements de producteurs, paniers bio revendeurs, marchés, jardins potagers, ...), des conseils pour cuisiner les légumes

recettes du panier bio

Très utile dans ce guide les conseils pour cuisiner les légumes bio :

  • Mieux les acheter et mieux les préparer
  • Quels outils de base nécessaire en cuisine ?
  • Les 2 modes de cuisson douces préférables pour préserver saveurs et vitamines (à la vapeur, à l'étouffée)
  • Ce qu'il faut avoir comme produits de base (épicerie, ...)
  • Préparer rapidement des céréales et des légumes secs (souvent oubliés !) pour ajouter aux légumes
  • Du poisson et de la viande, mais modérément
  • Savoir bien présenter ses assiettes
  • Des recettes incontournables (pâtes à tarte ou à pizza, ...)


Ensuite des fiches légumes (50 légumes !) avec un index par ingrédient à la fin du livre, pour retrouver rapidement de quoi préparer sa recette en fonction de ce qu'on a dans le panier bio (un choix de 150 recettes et variantes, pour varier les menus de la famille). Par exemple, le poireau (pages 203- 207) : présentation du légume, conseils pour le choisir et le conserver (ne le choisissez pas avec des feuilles jaunies, pas de souci si il présente des taches claires sur les feuilles vertes, ...), astuces pour le préparer et le cuire (j'ai appris que laisser le couvercle ouvert légèrement lors de la cuisson à la vapeur permettait aux composés soufrés de s'échapper, il sera plus digeste). Coté recettes, avec du poireau, en entrée, les auteurs nous proposent de faire "une salade de poireau cru et boulgour" ou une soupe "bouillon de poireau, miso et wakamé", en plat principal (et complet) un "crumble de poireau au jambon et à l'anis", ou "une terrine de poireau et tofu fumé", et en dessert (ah bon le poireau dans un dessert ça se tente aussi ? ) "une tarte sucrée aux poireaux" (avec de la cannelle et de l'anis)

Les recettes du panier bio, écrit par Amandine Geers et Olivier Degorce, paru aux éditions Terre Vivante (100 titres au catalogue et 280 000 livres vendus en 2010 : comme quoi écologie et économie peuvent aller de paire dans le respect de l'homme et de la nature !). Disponible depuis le 12 avril 2012, prix 17.20 euros, 255 pages. A noter qu'il s'agit d'un livre éco-conçu. Pour l'acheter, rendez vous dans la boutique de Terre Vivante

Ce livre sera aussi très utile au sein des amap, pour partager ses recettes et astuces !

Carrefour et Auchan se lancent dans des boutiques bio

Les grandes enseignes s'engouffrent dans le bio pour profiter d'un marché alimentaire de quatre milliards d'euros, soit 4 fois plus qu'il y a 10 ans. Après sa gamme Agir et ses 350 produits labellisés, Carrefour envisage une enseigne dédiée entièrement au bio et cherche actuellement un emplacement sur Paris pour son 1er magasin type (selon La Tribune). Auchan se lance aussi dans l'aventure avec "Coeur de Nature", concept store de 1000 m2 dédié au bio et développement durable, ouverture prévue en mai 2012 à Bretigny-sur-Orge. Sa campagne "50 produits MDD bio à moins de 1 €" lui a permis de se positionner sur une image discount. Monoprix est présent sur la marché depuis le rachat de Naturalia (cf mon article Monoprix achète Naturalia) et Leclerc a fait une grande campagne de communication avec son comparateur de prix bio (lebiomoinscher). Ces majeurs de la distribution se positionnent pas uniquement sur l'alimentaire. Carrefour prévoit une déclinaison de produits incluant aussi des cosmétiques bio, de l'habillement, de la layette, ...Une information dévoilée par le journal, qui n'a pas été confirmée par Carrefour, même si le groupe reconnait y réfléchir. Selon les chiffres de l'Agence bio les achats en grandes surfaces de produits bio perdent du terrain (65 % des acheteurs contre 70 % l'année passée). D'où le fait pour ces enseignes de réfléchir à boutiques dédiées. A l'instar du réseau Biocoop (300 magasins de 30 à 700 m2) qui reste leader sur ce marché avec un CA de 500 Millions €, et envisage de passer à 500 magasins en 2015 pour un CA de 800 millions.

carrefour-bio-agir

coeur de Nature magasin Auchan bio

Coté consommateurs, 6 français sur 10 ont acheté du bio (10 ans plutôt seulement 47 %) mais l'offre alimentaire bio locale ne suffit pas : seule 3.1 % de la surface agricole est dédiée au bio ! (Cf en 10 ans de bio)

De votre coté, comment voyez vous le développement de la consommation durable ?

Paris Végétarien guide des bonnes adresses

S'approvisionner sur Paris en produits frais bio ou pas, goûter au plaisir d'une cuisine végétarienne gourmande, découvrir quelles bonnes tables veggie-friendly (où l'on peut manger au moins un ou plusieurs plats végétariens), voilà les promesses d'un petit guide à mettre dans la poche des gourmets verts : Paris végétarien dans la collection Paris est à nous, Parigramme, de Alcyone Wemaëre (mars 2012). Des restaurants inventifs, des bars à jus (jus d'herbe and co !) ou des bars à soupes, des fast food verts garantis sans viande, des restos de chefs nouvelle génération qui savent nous faire profiter de l'énergie des céréales, des bonnes adresses et astuces pour se former à la cuisine végétarienne, ...le tout répertorié par arrondissement. A 6 euros, de quoi en apprendre tous les jours sur la cuisine végétarienne, mais aussi asiatique, bio, macrobiotique (souvent pesco-végétarienne), végétalienne, ..et gonfler les rangs du million de végétarien français (contre 25 millions aux USA)

paris vegetarien guide adresses restaurants

Quel végétarien êtes vous ?

Certes le végétarien ne mange pas de viande, mais souvent c'est la chair animale qui est supprimée, y compris le poisson. Ensuite des écarts existent entre les régimes, suivant la motivation de chacun.

  • Végan Forme radicale : vivre sans exploiter l'animal, sans le faire souffrir. Le sous produit animal n'est ni mangé (oeuf, lait, laitage, beurre, miel..) ni porté (pas de cuir, de laine, de soie, ...) Il opte pour des cosmétiques non testés sur les animaux (charte one voice).
  • Végétalien : ne mange aucun sous produit animal, mais la contrainte s'arrête à l'alimentation
  • Lacto-végétarien : pas de viande, de poisson, oeuf mais consomme des laitages
  • Ovo-végétarien : pas de viande, de poisson, de produits laitiers, mais mange des oeufs
  • Ovo-lacto-végétarien : pas de viande pas de poisson, mais mange des oeufs, du beurre, du miel, des laitages
  • Pesco-végétarien : se dit végétarien mais en mangeant des fruits de mer et du poisson
  • semi-végétarien : se dit végétarien mais consomme de la volaille et du poisson. Refuse la viande rouge
  • Flexitarien : flexible, il s'adapte au lieu. chez lui c'est veggie mais ailleurs il mange de tout

Et de votre coté, êtes vous tenté par l'expérience de ce type de "régime" / mode de vie ? Au delà du discours actuellement sur l'alimentation bio, il semblerait que le végétarien soit aussi une tendance de consommation grandissante, qu'en pensez vous ?

En 10 ans de bio

Le marché des produits Bio a quadruplé en 10 ans pour approcher les 4 milliards d’euros en 2012 pour la partie alimentaire : 2 fois plus d'exploitations biologiques (23100 contre 10364 en 2001), pour couvrir 950 000 ha (contre 419 750 ha en 2001), avec une part qui reste faible (3.09 % en 2010) loin des promesses du Grenelle (6 % souhaitée en 2012). L'ensemble de la filière a profité de cet essor. Les entreprises de transformation et de distribution bio sont désormais 12 000 (contre 5390 en 2001). Les français sont de plus en plus nombreux à consommer des produits bio et à diversifier leur panier : 40 % consomment au moins 1 produits bio une fois par mois, 6 % tous les jours et 20 % une fois par semaine au minimum. Au cours de l'année 2011 ils auront été 60 % à consommer des produits bio (contre seulement 47 % en 2001). Et la tendance va s'accentuer puisque 96 % de ces consommateurs envisagent de maintenir cette pratique voire même d'augmenter leurs achats en bio (18 %). Le panier aussi a évolué, désormais on y retrouve des produits bio issus de 9 familles différentes. 44 % des français ont acheté des produits bio qui ne sont pas alimentaires : produits d'entretien ménagers (35 %), produits de cosmétique bio, (27 %), produits de jardinage (17 %), et textile (9 %). Si on regarde cette fois uniquement les acheteurs de bio, 63 % d'entre eux achètent des produits ménagers bio et 51 % des cosmétiques bio.

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La vente directe séduit de plus en plus les français : elle pèse 392 M€ soit 11% de la valeur du marché bio en 2010, et concerne désormais 1 exploitation sur 2, en prioritairement celles qui proposent des fruits et légumes, des produits d'élevage ou issus de la viticulture. La crise a permis aussi de supprimer certains intermédiaires.

En 2011 le bio, pour les consommateurs français, c'est :

  • une solution pour contribuer à préserver l'environnement (82 %)
  • une offre de produits plus naturels car issus d'une culture sans intrants chimiques (82 %)
  • une qualité nutritionnelle préservée (71 %) et plus de saveurs (61 %)
  • la nécessité d'une main d'oeuvre plus important pour la production (68%)

Et pour ceux qui en achètent déjà, le bio c'est :

  • une solution pour préserver sa santé (93 %)
  • la sécurité d'avoir des produits sains (90 %)
  • la garantie d'un bien être animal (77 % contre 66 % en 2006)
  • une réponse à un souci d'éthique (70 % contre 50 % en 2006)
  • un bon rapport qualité prix ( 69%)

Ils achètent où du bio ?
Les achats en grandes surfaces perdent du terrain avec 65 % des acheteurs ( contre 70 % l'année passée). Les marchés restent ancrés dans la tradition (43 % des consommateurs y achètent leurs produits bio). Viennent ensuite les magasins spécialisés (31% ), les fermes (26 %) ...

logo produits bio marque AB et logo européen

A quel logo bio se fier ?

Les logos apposés sur les produits bio ne sont pas les mêmes selon les typologies de produits. Pour l'alimentation, actuellement 2 logos sont reconnus par le public majoritairement : La marque AB (89% des Français le reconnaissent, contre seulement 10 % en 1998 et 41 % en 2001). Et 39 % reconnaissent également le logo européen.

Du bio dans ma cantine ?

Les usagers des cantines d' entreprises, des écoles, des hôpitaux, ...verraient bien plus de bio dans leur assiette. Plus de la moitié des actifs français apprécieraient de pouvoir y gouter. Et pourquoi pas aussi dans les distributeurs automatiques (41%)

Source : http://www.agencebio.org/upload/actu/fichier/DPconf_14022012val.pdf

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