Abonéobio : Le blog du bio

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Vendredi 01 août 2014

Mot-clé - alimentation bio

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Manger bio c'est mieux !

L'agriculture bio se développe, les consommateurs en redemandent et pourtant, dans le même temps une succession d'articles remettent en doute les bienfaits de l'alimentation bio. Situation paradoxale à laquelle trois experts reconnus ont chercher à répondre en publiant un manifeste sur l'intérêt du "Manger bio c'est mieux !" : Claude Aubert, André Lefèbvre et Denis Lairon nous explique combien les produits bio offrent une qualité de nutriments, sans OGM et avec beaucoup moins d'additifs dans les produits transformés. Les polémiques sont fondées sur des études tronquées. Plusieurs articles scientifiques faisant la synthèse des connaissances sur la composition arrivent au mêmes conclusions positives en faveur du bio : plus de vitamines (notamment C ) et de minéraux (fer, zinc, magnésium), davantage de polyphénols et autres anti oxydants (les plantes les fabriquent pour les aider à se protéger contre les agressions extérieures), davantage d'oméga 3 (de 21 à 116 % d'oméga 3 en plus dans le lait bio par rapport au conventionnel, et aussi dans les produits laitiers, poulet, ...). Le bio permet d'élargir le choix des variétés (ce qui favorise la biodiversité) et de d'opter pour celles qui offrent le plus de nutriments (par exemple 4 fois plus dans une pomme calville blanche bio qu'une golden) et chacun sait que le meilleur est dans la peau encore faut il pouvoir manger une peau bio pour éviter d'avaler des pesticides (30 traitements en moyenne sur une seule pomme en culture conventionnelle et malheureusement il est illusoire de penser être protégé en épluchant car les pesticides systémiques pénètrent à l'intérieur des végétaux !). Et comme le fruit bio doit apprendre à résister, sa peau concentre aussi 5 fois plus d'antioxydants que la chair. Donc on n'épluche pas les fruits et légumes bio, on profite ainsi des vitamines, on gagne du temps et avec moins de perte.

MANGER BIO terre vivante

A l'heure où 80 % de notre alimentation est transformée, les produits bio se distinguent des conventionnels aussi parce que les procédés de fabrication et la combinaison des ingrédients sont très différents : des ingrédients peu ou pas raffinés, pas d'additifs aux risques mal connus (cf mon article sur le danger des additifs) (en bio seulement 47 additifs autorisés, tous naturels sauf les sulfites dans le vin et les nitrites dans la charcuterie, pas de benzoate de sodium qui favorise l'hyperactivité des enfants, pas d'aspartame), une composition simplifiée et des aliments précieux qu'on ne retrouve plus dans les recettes conventionnelles (sucre non raffiné, des aliments fermentés (tofu, sauce soja traditionnelle, ...), du lait cru, orge mondé, boulgour, épeautre, pâtes au sarrazin, ...). Manger bio c'est aussi prendre de bonnes habitudes alimentaires, avec une alimentation à dominante végétale (cf mon article Manger moins de viande, mieux pour la santé), des aliments complets (stop à la consommation de sucre raffiné), et au final moins d'allergies (des études démontrent que les enfants des écoles Steiner nourris avec des produits biodynamiques ont 38 % de moins de réaction atopique, ont recours aux antibiotiques 2 fois moins souvent ).

En bio, pas de pesticides (une grappe de raisin cultivée en conventionnel peut contenir jusqu'à 26 pesticides différents !) et des contaminations qui restent exceptionnelles. Il faut savoir que les pesticides organichlorés (DDT, lindane, HCH) notamment sont stockés très facilement dans la graisse. Même si ils sont interdits désormais, ils restent présents non pas dans le sang mais dans le tissu adipeux et une partie des pesticides reste stockées pendant 20 à 25 ans dans l'organisme et finira dans le lait de la maman qui allaite. Sans compter le lien entre cancer et pesticides avéré, les pathologies sont nombreuses : diabète, problème d'infertilité, malformations congénitales chez les garçons, pubertés précoces chez les filles, effets neurotoxiques (augmentation des risques maladie Parkinson, perturbation du développement du cerveau. Et dans le bio il n'y a pas plus de contamination microbiennes (l'affaire E coli en 2011 était un mauvais procès : sur les 900 analyses effectuées par les autorités allemandes, le germe n'a été retrouvé que dans une poubelle d'un consommateur !). L'hygiène est l'affaire de tous en bio comme en conventionnel.

Manger bio c'est aussi prendre soin de notre environnement et protéger celui des générations futures : moins de gaz à effet de serre en bio, moins de pesticides polluants rejetés dans l'air (il faut savoir que les brouillards et la rosée sont 30 à 60 fois plus chargées en pesticides que la pluie !), une qualité de l'eau préservée (voir mon article : "désormais on tolère plus de pesticides dans l'eau du robinet") en réduisant le coût exorbitant de la décontamination (2 chiffres en France : "coût complet du traitement des excédents d'agriculture et d'élevage dissous dans l'eau est estimé entre 54 et 91 milliards d'euros par an et le coût complet de dépollution des stocks d'eau souterraines serait compris entre 522 et 847 milliards d'euros, hors coût d'énergie du pompage avant traitement"), une biodiversité sauvée et une qualité de sols retrouvée.

Dernier point, le coût des produits bio. Pourquoi les prix sont plus chers en agriculture bio ? sauf qu'on ne voit pas non plus les couts cachés des aliments conventionnels : il faudrait ajouter le coût de la pollution , des maladies provoquées, de la baisse de fertilité des sols, de la chute de la biodiversité ...Cette facture en plus est déjà réglée sur la feuille d'impôts de chaque citoyen mais on ne fait pas le lien !

Je vous recommande la lecture du manifeste Manger bio c'est mieux ! éditée par Terre vivante, 5 euros, 150 pages. Les informations indiquées dans cet article sont issues de ce livre publié en Octobre 2012. A la fin du guide, 25 recettes à moins de 1.20 € démontrent que le bio n'est pas plus cher !

Une marque distributeur bio Casino au rayon frais

Les grandes surfaces veulent s'imposer sur le marché du bio. Après le rayon épicerie, hygiène et beauté, droguerie, voilà les produits distributeurs au rayon fruits et légumes. Chez Casino, la gamme bio MDD se veut d'origine France : des tomates grappes et des courgettes produites en France ( mille tonnes en rayons), des aubergines (30 tonnes) et des poivrons (15 tonnes). L'approvisionnement se veut en circuits courts, et pour l'instant en provenance de producteurs du Sud Ouest et Sud Est. Dans le courant de l'été, s'ajouteront des pommes, kiwi, carottes. Quelques références (34 ), 100 % origine France, labellisés AB, qui seront bien mises en évidence dans les hypermarchés ou magasins de proximité, pour afficher la démarche du groupe dans le bio. L'objectif étant de remplacer les 300 références de produits d'importation Casino bio par des produits Made In France. Une manière de surfer sur une tendance lourde de l'alimentation, vers des produits sains, locaux. Et peut être aussi l'envie de prendre des parts de marché sur les ventes via les AMAP (abonnement bio aux paniers de fruits et légumes). Après Carrefour et Auchan, Casino veut aussi sa part du gâteau bio !

alimentation bio chez casino

fruits et légumes bio chez casino France

Source : lafranceagricole.fr

Voir la gamme de produits bio d'Aboneobio (hors alimentaire) en produits de cosmétique bio et en produits entretien bio pour la maison

Après les poules dans son jardin les poissons dans son salon

A New York, les élevages de poissons se font au salon. On connaissait les poulaillers dans les jardins, les ruches et les potagers sur les toits mais les adeptes de l'alimentation bio vont encore plus loin : nourrir des poissons dans un aquarium chez soi pour mieux les manger plus tard. L'eau usée étant réutilisée comme fertilisant. Les plantes servant à nettoyer l'aquarium. Bref un écosystème à l'échelle d'un citoyen urbain inventé par deux ex-banquiers de Manhattan. Ce couple, Christopher Toole et Anya Pozdeeva, ont même créé leur société SAVE pour aller plus loin (Society for Aquaponic Values and Education). Elle prône une production alimentaire écologique respectueuse d'un développement durable lors d'ateliers auprès des enfants défavorisés du Bronx, quartier où vit le couple désormais. Les tilapias grandissent chez eux. Au bout de 9 mois dans 35 litres d'eau, ils atteignent 500 grammes et sont prêts à être consommés. Une nourriture saine et fraiche, gorgée de protéines. Dans leur salon, on y trouve aussi une ruche de 10 000 abeilles et des champignons qui poussent sur des cartons recyclés ! Des idées, de l'expérimentation, à suivre ....

élever des tilapias dans son salon

Pour démarrer un élevage de tilapia chez soi on peut acheter des alevins chez : vifarms.com/ (100 alevins de tilapia pour 200 dollars, soit 2 dollars pièce)

A la maison, ça vous tente ?

Les recettes du panier bio

Que l'on soit adhérent à une Amap, client d'un magasin bio, consommateur de marché, les légumes bio sont des concentrés de vitamines, et les préparer n'est pas forcément si compliqué. Les recettes du panier bio, 50 légumes à savourer, voilà un livre bourré de conseils d'experts qui va vous faire saliver. Les légumes anciens, ceux que l'on ne connait toujours (choux chinois, scorsonère, pourpier, rutabaga, topinambour, panais ...) à mettre dans son panier sans craindre de se retrouver sans inspiration au moment du diner. Ce livre de recettes dédié aux légumes des paniers bio, est réellement pratique pour préparer une cuisine alliant plaisir, santé et bon sens écologique. Des conseils pour manger bio et local (s'y retrouver dans la jungle des labels bio : AB, Biocohérence, Déméter, Nature et Progrès, ... , la question du coût (les coûts justifiés de l'agriculture bio et les coûts cachés des produits non bio), les différents systèmes pour s'approvisionner en légumes bio de saison et de proximité (vente à la ferme, amap, regroupements de producteurs, paniers bio revendeurs, marchés, jardins potagers, ...), des conseils pour cuisiner les légumes

recettes du panier bio

Très utile dans ce guide les conseils pour cuisiner les légumes bio :

  • Mieux les acheter et mieux les préparer
  • Quels outils de base nécessaire en cuisine ?
  • Les 2 modes de cuisson douces préférables pour préserver saveurs et vitamines (à la vapeur, à l'étouffée)
  • Ce qu'il faut avoir comme produits de base (épicerie, ...)
  • Préparer rapidement des céréales et des légumes secs (souvent oubliés !) pour ajouter aux légumes
  • Du poisson et de la viande, mais modérément
  • Savoir bien présenter ses assiettes
  • Des recettes incontournables (pâtes à tarte ou à pizza, ...)


Ensuite des fiches légumes (50 légumes !) avec un index par ingrédient à la fin du livre, pour retrouver rapidement de quoi préparer sa recette en fonction de ce qu'on a dans le panier bio (un choix de 150 recettes et variantes, pour varier les menus de la famille). Par exemple, le poireau (pages 203- 207) : présentation du légume, conseils pour le choisir et le conserver (ne le choisissez pas avec des feuilles jaunies, pas de souci si il présente des taches claires sur les feuilles vertes, ...), astuces pour le préparer et le cuire (j'ai appris que laisser le couvercle ouvert légèrement lors de la cuisson à la vapeur permettait aux composés soufrés de s'échapper, il sera plus digeste). Coté recettes, avec du poireau, en entrée, les auteurs nous proposent de faire "une salade de poireau cru et boulgour" ou une soupe "bouillon de poireau, miso et wakamé", en plat principal (et complet) un "crumble de poireau au jambon et à l'anis", ou "une terrine de poireau et tofu fumé", et en dessert (ah bon le poireau dans un dessert ça se tente aussi ? ) "une tarte sucrée aux poireaux" (avec de la cannelle et de l'anis)

Les recettes du panier bio, écrit par Amandine Geers et Olivier Degorce, paru aux éditions Terre Vivante (100 titres au catalogue et 280 000 livres vendus en 2010 : comme quoi écologie et économie peuvent aller de paire dans le respect de l'homme et de la nature !). Disponible depuis le 12 avril 2012, prix 17.20 euros, 255 pages. A noter qu'il s'agit d'un livre éco-conçu. Pour l'acheter, rendez vous dans la boutique de Terre Vivante

Ce livre sera aussi très utile au sein des amap, pour partager ses recettes et astuces !

Carrefour et Auchan se lancent dans des boutiques bio

Les grandes enseignes s'engouffrent dans le bio pour profiter d'un marché alimentaire de quatre milliards d'euros, soit 4 fois plus qu'il y a 10 ans. Après sa gamme Agir et ses 350 produits labellisés, Carrefour envisage une enseigne dédiée entièrement au bio et cherche actuellement un emplacement sur Paris pour son 1er magasin type (selon La Tribune). Auchan se lance aussi dans l'aventure avec "Coeur de Nature", concept store de 1000 m2 dédié au bio et développement durable, ouverture prévue en mai 2012 à Bretigny-sur-Orge. Sa campagne "50 produits MDD bio à moins de 1 €" lui a permis de se positionner sur une image discount. Monoprix est présent sur la marché depuis le rachat de Naturalia (cf mon article Monoprix achète Naturalia) et Leclerc a fait une grande campagne de communication avec son comparateur de prix bio (lebiomoinscher). Ces majeurs de la distribution se positionnent pas uniquement sur l'alimentaire. Carrefour prévoit une déclinaison de produits incluant aussi des cosmétiques bio, de l'habillement, de la layette, ...Une information dévoilée par le journal, qui n'a pas été confirmée par Carrefour, même si le groupe reconnait y réfléchir. Selon les chiffres de l'Agence bio les achats en grandes surfaces de produits bio perdent du terrain (65 % des acheteurs contre 70 % l'année passée). D'où le fait pour ces enseignes de réfléchir à boutiques dédiées. A l'instar du réseau Biocoop (300 magasins de 30 à 700 m2) qui reste leader sur ce marché avec un CA de 500 Millions €, et envisage de passer à 500 magasins en 2015 pour un CA de 800 millions.

carrefour-bio-agir

coeur de Nature magasin Auchan bio

Coté consommateurs, 6 français sur 10 ont acheté du bio (10 ans plutôt seulement 47 %) mais l'offre alimentaire bio locale ne suffit pas : seule 3.1 % de la surface agricole est dédiée au bio ! (Cf en 10 ans de bio)

De votre coté, comment voyez vous le développement de la consommation durable ?

Paris Végétarien guide des bonnes adresses

S'approvisionner sur Paris en produits frais bio ou pas, goûter au plaisir d'une cuisine végétarienne gourmande, découvrir quelles bonnes tables veggie-friendly (où l'on peut manger au moins un ou plusieurs plats végétariens), voilà les promesses d'un petit guide à mettre dans la poche des gourmets verts : Paris végétarien dans la collection Paris est à nous, Parigramme, de Alcyone Wemaëre (mars 2012). Des restaurants inventifs, des bars à jus (jus d'herbe and co !) ou des bars à soupes, des fast food verts garantis sans viande, des restos de chefs nouvelle génération qui savent nous faire profiter de l'énergie des céréales, des bonnes adresses et astuces pour se former à la cuisine végétarienne, ...le tout répertorié par arrondissement. A 6 euros, de quoi en apprendre tous les jours sur la cuisine végétarienne, mais aussi asiatique, bio, macrobiotique (souvent pesco-végétarienne), végétalienne, ..et gonfler les rangs du million de végétarien français (contre 25 millions aux USA)

paris vegetarien guide adresses restaurants

Quel végétarien êtes vous ?

Certes le végétarien ne mange pas de viande, mais souvent c'est la chair animale qui est supprimée, y compris le poisson. Ensuite des écarts existent entre les régimes, suivant la motivation de chacun.

  • Végan Forme radicale : vivre sans exploiter l'animal, sans le faire souffrir. Le sous produit animal n'est ni mangé (oeuf, lait, laitage, beurre, miel..) ni porté (pas de cuir, de laine, de soie, ...) Il opte pour des cosmétiques non testés sur les animaux (charte one voice).
  • Végétalien : ne mange aucun sous produit animal, mais la contrainte s'arrête à l'alimentation
  • Lacto-végétarien : pas de viande, de poisson, oeuf mais consomme des laitages
  • Ovo-végétarien : pas de viande, de poisson, de produits laitiers, mais mange des oeufs
  • Ovo-lacto-végétarien : pas de viande pas de poisson, mais mange des oeufs, du beurre, du miel, des laitages
  • Pesco-végétarien : se dit végétarien mais en mangeant des fruits de mer et du poisson
  • semi-végétarien : se dit végétarien mais consomme de la volaille et du poisson. Refuse la viande rouge
  • Flexitarien : flexible, il s'adapte au lieu. chez lui c'est veggie mais ailleurs il mange de tout

Et de votre coté, êtes vous tenté par l'expérience de ce type de "régime" / mode de vie ? Au delà du discours actuellement sur l'alimentation bio, il semblerait que le végétarien soit aussi une tendance de consommation grandissante, qu'en pensez vous ?

En 10 ans de bio

Le marché des produits Bio a quadruplé en 10 ans pour approcher les 4 milliards d’euros en 2012 pour la partie alimentaire : 2 fois plus d'exploitations biologiques (23100 contre 10364 en 2001), pour couvrir 950 000 ha (contre 419 750 ha en 2001), avec une part qui reste faible (3.09 % en 2010) loin des promesses du Grenelle (6 % souhaitée en 2012). L'ensemble de la filière a profité de cet essor. Les entreprises de transformation et de distribution bio sont désormais 12 000 (contre 5390 en 2001). Les français sont de plus en plus nombreux à consommer des produits bio et à diversifier leur panier : 40 % consomment au moins 1 produits bio une fois par mois, 6 % tous les jours et 20 % une fois par semaine au minimum. Au cours de l'année 2011 ils auront été 60 % à consommer des produits bio (contre seulement 47 % en 2001). Et la tendance va s'accentuer puisque 96 % de ces consommateurs envisagent de maintenir cette pratique voire même d'augmenter leurs achats en bio (18 %). Le panier aussi a évolué, désormais on y retrouve des produits bio issus de 9 familles différentes. 44 % des français ont acheté des produits bio qui ne sont pas alimentaires : produits d'entretien ménagers (35 %), produits de cosmétique bio, (27 %), produits de jardinage (17 %), et textile (9 %). Si on regarde cette fois uniquement les acheteurs de bio, 63 % d'entre eux achètent des produits ménagers bio et 51 % des cosmétiques bio.

manger-bio-c-est-dans-ma-nature

La vente directe séduit de plus en plus les français : elle pèse 392 M€ soit 11% de la valeur du marché bio en 2010, et concerne désormais 1 exploitation sur 2, en prioritairement celles qui proposent des fruits et légumes, des produits d'élevage ou issus de la viticulture. La crise a permis aussi de supprimer certains intermédiaires.

En 2011 le bio, pour les consommateurs français, c'est :

  • une solution pour contribuer à préserver l'environnement (82 %)
  • une offre de produits plus naturels car issus d'une culture sans intrants chimiques (82 %)
  • une qualité nutritionnelle préservée (71 %) et plus de saveurs (61 %)
  • la nécessité d'une main d'oeuvre plus important pour la production (68%)

Et pour ceux qui en achètent déjà, le bio c'est :

  • une solution pour préserver sa santé (93 %)
  • la sécurité d'avoir des produits sains (90 %)
  • la garantie d'un bien être animal (77 % contre 66 % en 2006)
  • une réponse à un souci d'éthique (70 % contre 50 % en 2006)
  • un bon rapport qualité prix ( 69%)

Ils achètent où du bio ?
Les achats en grandes surfaces perdent du terrain avec 65 % des acheteurs ( contre 70 % l'année passée). Les marchés restent ancrés dans la tradition (43 % des consommateurs y achètent leurs produits bio). Viennent ensuite les magasins spécialisés (31% ), les fermes (26 %) ...

logo produits bio marque AB et logo européen

A quel logo bio se fier ?

Les logos apposés sur les produits bio ne sont pas les mêmes selon les typologies de produits. Pour l'alimentation, actuellement 2 logos sont reconnus par le public majoritairement : La marque AB (89% des Français le reconnaissent, contre seulement 10 % en 1998 et 41 % en 2001). Et 39 % reconnaissent également le logo européen.

Du bio dans ma cantine ?

Les usagers des cantines d' entreprises, des écoles, des hôpitaux, ...verraient bien plus de bio dans leur assiette. Plus de la moitié des actifs français apprécieraient de pouvoir y gouter. Et pourquoi pas aussi dans les distributeurs automatiques (41%)

Source : http://www.agencebio.org/upload/actu/fichier/DPconf_14022012val.pdf

Le marché bio de l'alimentaire d'ici à 2015

Avec une hausse de 10 % chaque année, le marché du bio a doublé en 5 ans pour atteindre 3,65 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2011. L'effet crise devrait ralentir ce rythme selon le cabinet d'études Xerfi, pour limiter la croissance à seulement 5 % par an, et un CA autour de 4.5 milliards d'euros prévu pour 2015. La grande distribution déjà présente sur ce segment va encore gagner des parts de marché (passer de 47 % à 50 % des ventes de produits alimentaires bio en France, en 2015) au détriment des enseignes spécialisées (38 % en 2005 à 30 % en 2015). Ces opérateurs historiques voient leurs marges diminuer de manière préoccupante, et selon Xerfi cette tendance va s'accentuer (le taux d'excédant brut est passé de 5.8 % à 3.6 % du CA ). L'alternative reste de se structurer autour d'enseignes fortes pour tenir tête à la GMS, en proposant une réelle expertise, couplée à une largeur et profondeur de gamme, et une offre différenciée comme le fait notamment le réseau biocoop autour du label bio cohérence dont le cahier des charges est nettement plus strict que la règlementation bio européenne (cf article : Le label Bio Cohérence : du bio pur !.

bio européen

Au delà du bio c'est la consommation "autrement" qui séduit : démarche locavore, production locale, approvisionnement en chaine courte, made in France, manger sain, ...Les enseignes surfent sur la notion de consommation "responsable" (cf mon article sur Leclerc : Leclerc crée ses codes de consommation responsable pour rassurer et fidéliser les clients qu'ils ont réussi à séduire par les prix attractifs. Auchan a réussi à démocratiser le bio avec sa campagne "50 produits bio à moins de 1 euro", Leclerc a renchérit avec son site comparateur bio, tandis que de son côté lebiomoinscher.com. Bref la GMS a réussi à s'imposer durablement sur ce marché du bio.

En amont de la chaine, les producteurs brouillent aussi les pistes avec leur agriculture raisonnée (cf mon article sur l'agriculture intensive écolo selon Terrena). Agri confiance impose progressivement son label dans les rayons, entre le conventionnel et la bio, avec des prix forcément moins élevés que pour le bio, les exigences n'étant pas du tout les mêmes. Selon l'étude Xerfi 79% des non-consommateurs de bio n'achètent pas bio à cause du prix. Les enjeux sur l'étiquetage permettent aussi aux enseignes de se prévaloir d'une démarche "engagée", le tout est de savoir pourquoi on s'engage et ce qu'on place derrière comme exigences. Par exemple, les Mousquetaires d'Intermarché ont reçu le prix « Amélioration des consommateurs » du Grand Prix Essec de la Distribution Responsable, grâce à l'étiquetage donnant des informations nutritionnelles simplifiée. Et Système U le prix « Mention spéciale du Jury » pour sa démarche de performance environnementale sur sa chaine logistique, en faisant « La chasse au vide ».

Il suffirait d'une action symbolique et d'un peu de communication pour se "racheter" une bonne image auprès du consommateur ?. Dans un contexte où les offres se multiplient, où les labels privés se développent, parlant d'éthique, de bio, de durable, vantant les mérites sur l'environnement, la santé, ...le consommateur saura t il garder un oeil critique ?

Source : http://www.xerfi.fr/etudes/1IAA49.pdf

Gaspillage de nourriture : 90 millions de tonnes à la poubelle !

En Europe chaque année 90 millions de tonnes de nourriture partent à la poubelle ! Chaque citoyen 15 à 20 kg de nourriture par an. Des yaourts avec une date limite dépassée, du lait entamé, des produits encore emballés, des petites portions non consommées, ... 20 % des Européens confondent "à consommer de préférence avant le" (le produit peut être consommé au delà, c'est juste que la saveur peu être de moindre qualité) et "à consommer jusqu'au" (au delà de la date il existe un souci de toxicité potentielle ). En réunissant nos poubelles nous pourrions donner 179 kg de nourriture à chaque européen. Et pourtant beaucoup vivent aujourd'hui avec des moyens limités : 1 européen sur 6 sous le seuil de pauvreté. Le parlement européen vient de voter une résolution pour lutter contre ce gaspillage, qui n'est pas une fatalité ! Selon Marc Tarabella, eurodéputé en charge de l'agriculture et de la protection des consommateurs, des solutions existent pour une consommation durable :

90-millions-tonnes-nourriture-jetee-dans-les-poubelles

  • Optimiser la chaine d'approvisionnement pour éviter la surproduction ou mieux gérer les stocks, anticiper l'offre et la demande et travailler en amont sur l'emballage pour éviter les pertes pour détérioration
  • Encourager les chaines courtes d'approvisionnement, du producteur au consommateur
  • Autoriser à écouler les stocks des denrées fraiches qui approchent de la date limite (aujourd'hui interdit dans plusieurs pays)
  • Donner ce qui peut encore être consommé au lieu de jeter, permettre de donner aux associations caritatives
  • Dans le cadre des marchés publics de la restauration introduire une clause pour favoriser les entreprises qui s'engagent à réduire le gaspillage et à redistribuer au lieu de jeter
  • Sensibiliser les citoyens et fixer des objectifs aux Etats membres.

Actuellement 925 millions de personnes dans le monde sont menacées par la sous-alimentation. En 2050 nous serons 9 milliards sur cette planète et selon la FAO il sera nécessaire d'accroître d'au moins 70 % les disponibilités alimentaires; Pour éviter la famine, à nous de prendre les mesures nécessaires pour que chacun ait accès à une nourriture saine (alimentation bio !), dans le respect de sa santé et de l'environnement, et sans gaspillage. Consommons moins mais mieux !

Merci à tsr.ch pour l'emprunt de la photo de leur documentaire. A lire le rapport du parlement européen : http://www.europarl.europa.eu/

Après les Locavores, les Ekovores !

En ville, les habitants qui veulent consommer des produits locaux ont souvent des difficultés d'approvisionnement. Les terres agricoles sont grignotées par la spéculation, les jardins potager se font rares, les déplacements compliqués...Venus des Etats Unis, les locavores sont des consommateurs qui s'engagent à ne consommer que des produits issus d'un périmètre réduit. A Nantes, on fait plus fort encore : l'agence Faltazi a créé le nouveau concept des Ekovores ! Des habitants curieux et débrouillards, structurés en communauté, construisent des dispositifs à greffer dans la ville pour faciliter les partenariats entre les agriculteurs et les consommateurs de produits bio, locaux et de saison. En tant qu'Ekovore, on produit du frais dans la ceinture verte grâce à des équipements adaptés (des modules en préfabriqués). On optimise les friches par la création de fermes d'urgence et autonomes, en louant des terres à des maraichers qui produisent directement pour les quartiers voisins. On jardine au coeur des villes en installant des jardins familiers flottants (le long des rives). On préserve les abeilles des pesticides en plaçant des ruches de ville sur pilotis au milieu des ronds points.

les ekovores encourage une économie circulaire dans les villes

On organise une distribution des produits bio frais en circuit court sur le modèle de l' Amap, avec un système de livraison hebdomadaire sur la base d'un abonnement. Grâce à des barges marchés, les Ekovores peuvent distribuer au fil de l'eau la production des maraichers, sans avoir à ranger le stand, le client déambule sur la barge.

les ekovores faltazi nantes

Dans les espaces délaissés des villes, on installe des conserveries de quartiers, elles récupèrent en fin de marché les fruits et légumes délaissés pour en faire des soupes, des confitures, des bocaux à consommer hors saison. On équipe les écoles de légumeries pour livrer le jour même de la cueillette des produits bio frais aux restaurants. On valorise les déchets biodégradables en compost en encourageant les habitants de quartier à apporter leurs déchets dans le composteur installé à proximité des habitations, la valorisation permettant d'obtenir crédit compost. On utilise les toilettes sèches publiques. Quand on a un jardin, on apprécie la dotation de 2 poules pour grignoter nos épluchures de fond d'assiettes, avec des garderies poulailler pour assurer le départ en vacances des habitants !. On place des stockeurs d'eau pluviales sur les façades à la place des gouttières descente d'eau pour offrir de l'eau gratuite. On reste interconnecté entre Ekovores via la plateforme communautaire numérique, et on échange ses bonnes pratiques de la culture de jardin potager entre mangeurs, agriculteurs, jardiniers, institutions. Bref on invente une économie locale circulaire adaptée à la vie en ville !

Vous en pensez quoi de ce ce concept des Ekovores ? Utopie ou innovant ?

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