Abonéobio : Le blog du bio

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Mardi 03 mai 2016

Mot-clé - consommer bio

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C’est quoi la “mode éthique”

Le terme de mode éthique véhicule surtout la notion d'équité des salaires, de développement économique social, de coopération Nord-Sud, alors que c'est beaucoup plus que cela! En effet la mode éthique c'est aussi préserver la planète et notre santé! Au niveau environnemental, comme pour l'agriculture bio et l'alimentaire, les cultures permettant de fabriquer les matières premières bio n'utilisent pas de pesticides ou ne nécessitent pas autant d'eau. Parfois, il s'agit également de trouver un usage pour ce qui était considéré comme un "déchet" après la récolte. Mais le plus effrayant est l'impact sur la santé des composés chimiques qui se trouvent sur nos vêtements.

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La bio pousse en France : +10% de surface agricole en 2015!

L’Agence Bio nous offre une synthèse encourageante du marché du bio pour cette année. 2015 est en effet annoncée comme une bonne année pour le bio : avec + 10 % de surfaces agricoles en conversion ou déjà bio et des ventes en magasins allant de 7,4 à 15% de progression selon que l’on soit en grande surface alimentaire ou en magasin spécialisés, les français sont plus que jamais engagés dans le respect de la terre. Avec 1,25 millions d’hectare de terres agricoles bio en fin d’année, la France devient le 3ème pays européen à cultiver du bio, derrière l’Espagne et l’Italie.

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Biocoop surpasse le consomacteur en créant la communauté des Biotonomes!

iocoop organise le samedi 10 octobre 2015, une première journée d’action militante, dédiée à la nouvelle communauté des « Biotonomes ». Ce néologisme inventé par Biocoop reprend les principes de vie du consom’acteur et notamment de son souci croissant d’autonomie. Les magasins Biocoop, 1er réseau de magasins bio et équitables en France veulent ainsi insuffler une nouvelle dynamique au mouvement des consommateurs bio.

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Les perturbateurs endocriniens coûtent entre 150 et 206 milliards d'euros par an

perturbateur-endocrinien-things.jpgUne nouvelle série d’études scientifiques publiées ce jour dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism de l’Endocrine society montre que l’exposition des populations européennes à des perturbateurs endocriniens est la cause de nombreuses pathologies dont le coût vient d’être estimé entre 150 et 260 milliards d’Euros par an par les chercheurs. __ Perturbateurs Endocriniens, une menace invisible mais bien réelle pour la santé__

Les Perturbateurs Endocriniens, plus couramment dénommés PE par les connaisseurs, sont des substances chimiques qui interfèrent, comme leur nom l’indique, avec l'action des hormones. Malheureusement, les perturbateurs endocriniens sont désormais présents, cachés dans tout notre quotidien et ne provoque pas de réactions “allergiques” visibles immédiatement. C’est cet effet pervers, et sur le long terme, que les chercheurs et les associations souhaitent dénoncer pour alerter des risques pour notre santé

En effet, les perturbateurs endocriniens se retrouvent aussi bien dans les aliments (résidus de pesticides ou aspartame comme sucre de substitution), mais aussi dans les contenants alimentaires en en plastique ou aluminium (avec le très connu Bisphénol A ou BpA), les meubles, les jouets, les tapis (phtalates), des matériaux de construction et des produits cosmétiques (comme l’aluminium ou les parabènes). Les PE entrent dans le corps des humains et de la faune par la poussière ou à travers la chaîne alimentaire, par effet de bioaccumulation, cet effet pervers qui concentre les polluants et les molécules chimiques au sommet de la chaîne alimentaire.

Evaluer pour faire réagir

perturbateurEndocrinien.jpgLes problèmes de santé sont bien souvent pris en compte ou remarqués dès que leur coût est estimé. Ainsi, des chercheurs ont récemment étudié le coût de l’action des perturbateurs endocriniens. Les chercheurs ont utilisé des études épidémiologiques et toxicologiques pour évaluer le coût économique des pathologies qu’ils jugent liées à l'exposition aux PE (infertilité masculine, anomalies congénitales, obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, troubles neurocomportementaux et de l'apprentissage, ou le cancer…). Ce coût pour la société est estimé entre 150 et 260 milliards d’Euros par an, soit entre 1.2% et 2% du PIB de l’Union Européenne !

Les auteurs de l’étude sont parmi les spécialistes les plus compétents au monde de cette question des perturbateurs endocriniens : Leonardo Trasande, R. Thomas Zoeller, Ulla Hass, Andreas Kortenkamp, Philippe Grandjean, John Peterson Myers, Joseph DiGangi, Martine Bellanger, Russ Hauser, Juliette Legler, Niels E. Skakkebaek, Jerrold J Heindel.

« Alors que de nombreuses enquêtes démontrent l’exposition des populations aux PE, cette étude apporte une preuve supplémentaire de la nécessité d’une action préventive forte pour se prémunir des risques des perturbateurs endocriniens en Europe. » Déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures et co-auteur du livre Perturbateurs endocriniens, la menace invisible. «Il faut donc que l’Union européenne adopte des critères protecteurs pour définir les perturbateurs endocriniens qui devront être exclus dans le cadre du Règlement 1107/2009 sur les pesticides (définition de l’OMS et création de 3 catégories : PE confirmé, suspecté ou potentiel). Ces critères s’étendront également aux autres législations concernées (REACH, biocides…). Par ailleurs aucune modification des dispositions existantes dans les législations européennes sur les biocides et les pesticides ne doit intervenir si l’on veut vraiment protéger la population européenne des risques liés au PE. »

Pour le moment, le meilleur moyen de se prémunir contre les perturbateurs endocriniens reste un mode de vie “bio”, comme on le prône sur abonéobio.com, qui a toujours alerté sur ces sujets de santé publique : - manger des produits cultivés sans pesticides, - utiliser des cosmétiques bio , - faire un ménage écologique et notamment la pâte verte multi-usage de Brunort (qui est par ailleurs en promo en ce moment), -rester informé sur la provenance et de la composition de ce que l’on achète. Pour proposer des produits les plus respectueux des hommes et de la planète la société Comptoir des Lys (Coslys, Etamine du Lys) a demandé à tous ses fournisseurs d'emballages plastiques, des certificats attestant de la non-présence de perturbateurs endocriniens dans leurs flacons. Banniere_Coslys.jpg

A vos agendas ! Du 20 au 30 mars 2015, la 10ème semaine pour les alternatives aux pesticides

10semaine-alt-pesticides.jpgLa Semaine pour les Alternatives aux Pesticides (SPAP) est une opération nationale et internationale annuelle ouverte à toutes et tous visant à promouvoir les alternatives aux pesticides. Pendant les 10 premiers jours du printemps, période de reprise des épandages de pesticides, le public est invité à mieux s’informer sur les enjeux tant sanitaires qu’environnementaux des pesticides et sur leurs alternatives au travers de centaines de manifestations partout en France et dans une vingtaine d’autres pays.

La prochaine Semaine pour les Alternatives aux Pesticides fêtera ses 10 ans, du 20 au 30 mars prochain, dans toute la France. Il reste donc un mois pour boucler les derniers préparatifs, préparer le Tour de France des initiatives et diffuser les nombreux événements et des petites surprises qui jalonneront les festivités

Plus que quelques jours pour participez au concours de graphisme

Plus que quelques jours pour participer à notre concours de graphisme lancé en partenariat avec le collectif citoyen les Engraineurs et Générations Cobayes! Vous avez jusqu'au 27 février prochain pour présenter un visuel qui illustre la problématique des pesticides soit par leur impact sanitaire et environnemental, soit par les alternatives qui existent. N'hésitez pas non plus à participer en votant pour votre/vos visuel(s) préféré(s) !

10semaine-alt-pesticides02.jpg Des événements et de nombreux partenaires

En 2014, la 9ème édition de la Semaine pour les Alternatives aux Pesticides avait réussi à proposer plus de 600 évènements partout en France, avec des conférences, des projections de film, des ateliers et des journées de formations pour des alternatives aux pesticides, des visites et des balades de sites remarquables (communes 0 sans pesticides, ferme de coccinelle, etc.) Cette semaine a mobilisé près 54 partenaires nationaux et internationaux, et environ 300 acteurs locaux pour faire vivre l’événement.

Les partenaires de la 10ème Semaine

Pour la deuxième année consécutive, l'association Noé conservation, sera partenaire de la Semaine pour les alternatives aux pesticides, rejoint par Alain Baraton, jardinier en chef du domaine de Versailles et parrain du programme de conservation de la biodiversité des Jardins de Noé. Chaque jour pendant la Semaine pour les alternatives aux pesticides, le jardinier chroniqueur sur France Inter, amoureux de la nature présentera un des points de la charte des Jardins de Noé via une petite vidéo et distillera ses conseils pour jardiner au naturel tout en préservant la biodiversité.

Inscrivez vos événements sur le site Internet!

100_5445.JPGPour les professionnels et les associations, il est encore tant d’inscrire vos événements afin d’être référencé et présenter lors des prochaines actions de communications. Tous les événements prévus pendant la Semaine pour les alternatives aux pesticides seront relayés sur la carte interactive du site Internet, Que vous soyez l'organisateur d'un événement local, régional ou national, n'hésitez pas à le recenser sur la carte interactive mise à disposition des internautes, cela permet aux participants de savoir ce qui est organisé près de chez eux. Pour cela, il vous suffit de vous rendre sur le site Internet puis de cliquer sur espace organisateur afin de créer un compte et inscrire votre événement. Vous pouvez également télécharger un petit guide des inscriptions en ligne ici

10 raisons de consommer bio sans dépenser plus.

C’est la marotte des réfractaires au bio : selon eux, consommer bio est plus cher. Les fruits et légumes sont plus chers, les œufs et les laitages aussi, et la viande n’en parlons pas !! Pourtant, le bio séduit. L’avènement du e-commerce, qui favorise la mise en relation et la mutualisation, permet le développement de nouveaux réflexes de consommation : AMAP, Ruche qui dit oui, vente en ligne en produits bio … tout est désormais disponible et accessible.

Au delà de l’aspect militant c’est aussi l’approche “santé” ou “anti-gaspillage” qui draine les consommateurs vers l’achat écologique. Karine Viel de Monoprix, questionnée lors d’une conférence organisée par le site Mescoursespourlaplanète.com le 4 février dernier, remarque que “'la consommation responsable n’est plus une niche pour 10 à 15 % de la population concernée par les questions d’environnement”. Pour abonéobio, c’est bien évidemment une bonne nouvelle et une tendance que l’on souhaite encourager! Voici 10 points pour démontrer que l’on ne paye pas plus cher en préférant le bio au conventionnel.



Consommer bio c’est aussi consommer différemment.



➢ 1- Une Philosophie

fruit_nut_muesli-bio.jpgLe bio est aussi un état d’esprit : on choisit moins de produits transformés qui sont beaucoup plus chers que les ingrédients achetés individuellement. Cela peut être de la cuisine au sens littéral avec des soupes maison plutôt que des briquettes ou bien réapprendre à se concocter ses propres céréales du matin en profitant des vracs proposés dans les magasins bio. Point de fond de paquet jeté car les céréales sont devenues molles, et pas de suremballage. D’une part, ce sont des céréales de meilleure qualité (non raffinées, sans sucre ou graisse, donc un indice glycémique bas; cf point 2), et c’est un mélange personnel qui correspond autant à vos besoins en termes de quantité que de goût.



➢ 2- La Qualité

Une étude récente démontre que le bio propose des aliments plus nutritifs, qui promettent une sensation de satiété plus rapide, et plus de goût. Sans oublier moins de pesticides et autres cocktails de produits chimiques dont les répercussions sur la santé sont régulièrement dénoncées.

➢ 3- Un équilibre nutritionnel

Les papesses de la cuisine bio, comme Valérie Cupillard , flirtent déjà du côté vegan : on redécouvre les protéines végétales cachées dans les fruits secs et les lentilles (idéal en hiver), sans abuser du tofu (qui contient une quantité importante d’œstrogènes) et on choisit de la viande de qualité si on ne peut pas s’en passer. Faut-il rappeler que la consommation de viande a explosé après la seconde guerre mondiale, grâce à l’agriculture intensive importée des États-Unis ? Jusqu’alors, la viande était consommée de manière raisonnable, quelque fois par semaine seulement, en alternance avec du poisson, le vendredi.



➢ 4- C'est éthique et équitable

On consomme des aliments “de saison”, locaux, avec des circuits courts en terme d’approvisionnement. Les AMAP proposent des produits bio, qui coûtent un prix plus juste pour rémunérer les producteurs, alors que les fruits et légumes “conventionnels” coûtent pour moitié le prix du transport et du stockage en chambres froides.



➢ 5- Moins de gaspillage



Vous avez remarqué ces pommes et ces poires conventionnelles ? Achetées à peine mûres, elle deviennent blettes avant d’avoir mûries. On les jette, ou au mieux, elles finissent dans le compost.



➢ 6- Plus d'économie

Yves_Rocher_Publicite.pngNous avons parlé plus haut (point 1 et 5) de l’avantage économique d’une consommation responsable en choisissant moins de produits transformés et plus de “vrac”. Cependant, les cosmétiques bio sont également souvent moins chères que les marques de cosmétiques conventionnelles, qui ne sont ni bio, ni éthiques. Il y a quelques années, Yves Rocher (marque qui se veut naturelle mais pas encore 100% bio) avait axé une campagne de pub pour une prise de conscience : le luxe ne vend pas forcément des produits qui sont meilleurs, mais dont il faut rentabiliser les coûteuses campagne de marketing. Pour les testeuses de Que Choisir, le verdict tombe comme un couperet : les meilleures crèmes anti-ride sont de la marque Lidl et Yves Rocher!



➢ 7- Plus écologiques

etamine-du-lys_savon-marseille-1l.jpgLes produits d’entretiens écologiques proposent des produits très souvent naturels qui sont multi-usages. Fabriqués à partir de bases lavantes végétales, ils sont beaucoup plus respectueux de l’environnement. Concernant les lessives, en s’imposant un petit calcul lors de nos achats, on constate rapidement que le prix au lavage est souvent bien plus cher pour les grandes marques conventionnelles que pour des marques écologiques comme Etamine du lys : - 0.29€ par lessive liquide pour Etamine du lys 3L soit 60 lavages (prix relevé sur abonéobio.com) - 0.31€ par lessive liquide Ariel 2.7L soit 40 lavages seulement (prix relevé chez Auchan drive St Quentin (02) le 05/02/2015.)

➢ 8 - Moins de déchets

tendance-demma_carres-coton-bio.jpgLes lingettes démaquillantes ou les carrés pour bébé en coton bio permettent à la fois de faire une économie de 230 à 300€ par an et représentent l’équivalent de 6000 carrés de coton. De la même manière, les microfibres Capt’hygiène lavables jusqu’à 300 fois et recyclables permettent une économie substantielle, tout en réduisant le volume de nos déchets d’une manière non négligeable.



➢ 9- Plus Durables

On achète des vêtements de meilleure qualité qui durent plus longtemps: jeans en toile Denim brute, coton non blanchi par des procédés chimiques abrasifs et potentiellement toxiques pour la peau. Les vêtements écologiques sont un choix idéal pour les basiques que l’on aime et que l’on aimera porter longtemps. Les marques pionnières comme IDEO, Machja, NU (pour les jeans) n'existent plus (quoique toujours dans mon placard depuis bientôt 10 ans) mais Ekyog ou Ethos proposent de nouvelles collection chaque année, et de nouveaux acteurs se lancent avec des produits éthiques, bio et souvent made in France, comme 1083, une marque qui assure que vos achats sont fabriqués moins de 1083km de chez vous!

➢ 10-Plus pratique

Le système d’abonnement d’Abonéobio permet une économie jusqu’à 30% sur le total de votre commande. Ainsi, en prévoyant votre consommation et vos achats en produits d’hygiène de la maison et corporelle sur 1 an, vous planifiez votre budget annuel et vous évitez les déchets en prenant de plus gros conditionnements. En terme d’économie, c’est moins de transport et plus de remises en fonction du montant global de l’abonnement !

Questions à Samuel Gabory, président de Nature & Stratégie



Abonéobio : Les chiffres de l’INSEE, parus en janvier 2015 annoncent que la guerre des prix dans les enseignes de la grande et moyenne distribution, est désormais à leur détriment. Est-ce que cette stratégie de vente « au prix le plus bas » qui devait capter la clientèle n’est pas en train de se retourner contre la grande distribution ?

Samuel Gabory La grande distribution n’a jamais fait de commerce en tant que tel , c’est-à-dire mener une action commerciale dans le bon sens du terme. Présenter un produit , le conseiller à un client, présenter les avantages et les limites du produits… Chaque client étant différent il faut adapter l’offre au client. Pour moi le commerce c’est créer de la plus-values et de la satisfaction client. Aujourd’hui, la crise se traduit par un manque de confiance du consommateur. A baisser la qualité, et communiquer uniquement sur le prix, la GMS a décrédibilisé son statut de distributeur.



Abonéobio : Avec la crise, les modes de consommation changent. L’économie collaborative fait changer “durablement” le paysage économique mondial, et français. En 2014, la conso’collab’ a contribué à près de 20milliards d’€uros dans l’économie globale, donc 3 milliards uniquement entre particuliers. Est-ce que les grandes entreprises doivent s’adapter et diversifier leurs offres pour ne pas louper le virage “collaboratif et digital”?

Samuel Gabory Effectivement, il y a de gros changements dans les modes de distribution, mais je ne pense pas que ce sont les grandes enseignes, les gros mammouths qui profiterons de ces évolutions.



Abonéobio Nature et Stratégie a toujours choisi de ne pas vendre ses marques via ses enseignes de grande distribution, par éthique ? ou refus d’un modèle économique?

Samuel GaboryRefuser un système de distribution n’a rien à voir avec de l’éthique. A mon sens, c’est un discours démagogique lancé par quelques marques alternatives. Nature et Stratégie fabrique et distribue des produits pour des utilisateurs / consomm’acteurs, avec la volonté de minimiser l’impact environnemental de son activité, de créer de la valeur et de l’emploi en proposant de réels salaires. La grande distribution n’a jamais été dans cette politique, pour 3 raisons: 1 - le consommateur n’est pas respecté dans son droit d’information et de conseil 2 – l’environnement n’est pas une priorité 3 – la politique salariale et l’emploi est réduit à sa plus simple expression.

Abonéobio: Récemment, de grandes enseignes sont régulièrement épinglées par des associations écologistes ou de défense du consommateur pour leurs produits non conformes (toxicités, non-respect de l’environnement comme l’association Bloom dénonce les pratiques de chalutage profond pour les marques Intermarché / hormone dans les viandes Super U). Est-ce que ces rappels sont efficaces pour faire prendre conscience du mépris affiché pour le consommateur et le vivant ?

Samuel Gabory Non. La puissance économique qui a été laissée à la grande distribution par nos politiques depuis plus de 40 ans , fait qu’en terme de communication le combat est perdu. Le budget de communication des distributeurs et des multi-nationales associées font que la réglementation générale a perdu son combat.

Abonéobio: A votre avis, donc, le bio est-il vraiment encore plus cher que le conventionnel ?

Samuel Gabory Oui : si il est peu qualitatif, produit loin des lieux de consommation, vendu avec aucun conseil. Non : Si il est concentré , formulé pour être efficace, vendu par vendeur formé au conseil.

__Abonéobio : A Paris, le projet de magasin associatif, La Louve, selon un concept nord-américain, peine encore à trouver des fonds pour lancer la plus grande surface de vente directe du producteur au consommateur. Pourquoi de tel frein, quand on voit que le crowdfunding (financement par la foule) fait partie des nouveaux moyens – à succès – pour lever des fonds ?__

Samuel Gabory Je suis partisan de tester de nombreuses solutions car je pense que c’est en bougeant qu’on avance, même si parfois il y a de fausse bonnes idées. Deuxièmement, je pense que c’est par la biodiversité commerciale qu’on satisfera le consommateur de demain.



Abonéobio Après une forte médiatisation d’un mode de vie bio et écolo, dans la première partie des années 2000, quels sont les prochains leviers pour capter les prochains consomm’acteurs?

Samuel Gabory Premièrement, le consommateur attend de la transparence dans les filières d’approvisionnement : où a poussé mon produit bio, dans quel champs, qui la transformé , qui le vend…? Deuxièmement, l’implication du consommateur se fera d’abord dans la filière et moins dans le produit. C’est-à-dire que le futur consommateur voudra être actionnaire financiers du producteur, s’impliquer physiquement dans la distribution, abonné à un système commerciale etc…

La restauration scolaire : le bon élève de la Bio

Cantine_bio__c__agence_bio_4.pngUne étude de l’Agence bio rapportait en juillet dernier que 59% des restaurants collectifs (cantines scolaires, restaurants d’entreprises…) servent des produits bio. Mais cette proportion s’élève à 79 % selon les auto-déclarations des établissements scolaires. L’introduction des produits biologiques dans la restauration collective constitue l’un des axes d’actions du plan "Ambition Bio 2017" visant à favoriser le développement de l’agriculture biologique. Ce sont les cantines du secteur public qui plébiscitent en majorité la bio (70%) devant le privé (44%), et l’étude montre que les produits bio sont davantage introduits au sein des grosses et moyennes structures (72 % de celles de plus de 500 repas par jour en proposent), et, fait notable, dans celles ayant les budgets alimentaires les moins élevés (66 %).

Fraicheur, qualité et origine : le trio gagnant de la bio

En moyenne, chaque établissement introduit environ 5 familles de produits bio différentes, mais ce sont les produits frais qui tirent leur épingle du jeu, notamment : les fruits frais (85%) , dont les pommes à 81 %, les produits laitiers (78 %) et les légumes frais (75 %) avec une forte part de carottes (68 %), crudités (47 %), tomates (46 %) et salades (41 %).

Cantine_bio__c__agence_bio_5.png

La saisonnalité demeure le premier critère de choix d’un fournisseur de produits bio pour 86 % des établissements; par ailleurs, les établissements déclarent à 83 % acheter des produits bio d’origine française, et ils sont 79 % à privilégier les produits régionaux. En effet, le choix du bio de proximité permet à la fois de réduire les coûts liés aux transports, d'assurer aux producteurs un revenu régulier et souvent de recréer du lien entre les enfants et le monde agricole. La France reste un pays attaché à ses valeurs « terriennes ». Combien de fois avons-nous entendu nos parents vanter le bonheur des vacances à la campagne dans une ferme familiale, et la nostalgie de voir nos enfants être élevé dans un environnement de béton sans connaître la provenance de ce que nous mangeons? Par ailleurs, le choix du bio dans les cantines peut également inciter les producteurs à commencer leur conversion vers des produits bio, avec des garanties de volumes d’achat notamment. Au-delà de l’aspect environnemental, introduire du bio en cantine peut lutter contre la « fracture sociale » , notamment en offrant à des familles un accès à des produits et des goûts qu’ils ne connaissaient pas.

Ces collectivités qui font le choix du bio

Cantine_bio__c__agence_bio_1.pngDe plus en plus de communes, départements et de régions ont décidé d’introduire des produits bio dans la restauration scolaire ou d’élargir la gamme proposée aux élèves. Ces initiatives témoignent d’une volonté de s’engager dans la voie du développement durable, en donnant une place croissante aux aliments produits ou transformés dans le respect de l’environnement. Les méthodes varient d’une cantine à l’autre, selon le mode gestion, le cuisinier ou l’implication des services. Certains choisissent d’organiser des repas 100% bio, d’autres d’introduire progressivement un ingrédient bio puis d’en augmenter le nombre et la fréquence. La démarche est très souvent accompagnée d’actions pédagogiques pour sensibiliser les enfants aux questions d’environnement, de bien‐être animal et de biodiversité ainsi qu’à l’importance d’une alimentation équilibrée comprenant en particulier des produits frais, de saison et de proximité dans la mesure du possible. Souvent l’introduction des produits bio dans la restauration collective amène une réflexion globale sur la manière d’assurer les approvisionnements, de préparer et de structurer les repas, sur l’environnement et le développement durable de l’établissement.

La bio en restauration collective, à chacun sa formule !

Cantine_bio__c__agence_bio_2.png Dans chaque région de France, en moyenne une cinquantaine de lycées et collèges ont introduit des produits biologiques dans la restauration collective de leurs établissements. Pour les lycées, des initiatives fortes ont vu le jour. Elles ont été formalisées par des chartes dans quelques régions, en particulier : en Alsace où les démarches sont engagées depuis longtemps, cette impulsion a été donnée dès 2008 et la part des composantes bio du repas s’élève de 20 à 44% ; en Bretagne depuis 2009, des lycées sont accompagnés en partenariat avec la Fédération régionale des agriculteurs biologiques dans le cadre de la Charte « Au menu demain ». Il en est de même en Ile de France

Deux départements sont en pointe pour la bio en restauration collective : - dans le Gard, la démarche a été engagée dès 1994 : 17 collèges proposent jusqu’à 28,5%de bio dans leur restauration ; - dans la Drôme : l’Opération « Manger mieux, manger bio » a démarré en 2005. Au final, les 36 collèges (18 500 élèves, 1,7 million de repas par an) ont introduit des produits biologiques : les composantes des repas sont bio à plus de 25%.

100% bio à la cantine, c’est possible :

Pour preuve que le bio en restauration collective à le vent en poupe, Ecocert a lancé un label « En cuisine ». Ce label aide les professionnels à développer une restauration plus « bio, saine, locale et durable », grâce à un questionnaire d'auto-évaluation, des fiches pratiques et un annuaire de professionnels pour les guider dans leur démarche.

Néanmoins, dans certaines communes, de taille moyenne ou vraiment petite, il a été fait le choix de repas 100% bio : - A Mouans‐Sartoux – 10 300 habitants – ainsi qu’au Rouret – 3 900 habitants – dans les Alpes‐Maritimes (Provence‐Alpes‐Côte d’Azur), la bio est introduite respectivement depuis 1999 et 2000. Elle y représente 100% de la valeur des achats pour la restauration collective. - Au 1er janvier 2014, l’objectif 100% bio a été atteint pour les écoles de Saint‐Etienne (3 500 repas par jour). 41% des approvisionnements sont assurés en circuit court. Les personnes âgées inscrites au portage des repas à domicile et les enfants des 24 crèches communales bénéficient de repas à 70% bio (cf. une Minute Bio).

Et pour les communes de plus grande envergure, la bio s’est installée dans des proportions significatives, avec l’objectif d’aller toujours plus loin : • 30% ou plus à Marseille (69 000 repas parjour) calculé en nombre de composantes bio des repas, Toulouse (29 000 repas par jour), Lyon (21 000 repas par jour), Brest (6 000 repas par jour) et Lorient (4 200 repas par jour) • de l’ordre de 20% de produits bio sont introduits à Paris (22% dans les écoles, 37% dans les crèches).

Un surcoût de plus en plus maîtrisé Pour 80% des établissements, les produits bio génèrent un surcoût de 19 % en moyenne (une baisse significative depuis 2011 où il était de 26 %!), celui étant “lissé” pour 67% d’entre eux sur l’ensemble des repas. Pour continuer de proposer des produits bio sans grever le budget des ces structures collectives, 7 établissements sur 10 ont cherché à réduire les frais liés au bio notamment : • en limitant le gaspillage (88 %), • en travaillant sur l’éducation alimentaire (66 %), • en mettant en concurrence les fournisseurs (66 %), • en remplaçant certains produits par d’autres moins coûteux (65 %), • en passant des partenariats au niveau local (63 %), • en groupant les achats (62 %).

Des actions de sensibilisations ludiques pour accompagner le développement de la bio L’introduction des produits bio dans les restaurants scolaires et la sensibilisation des enfants sur l’agriculture biologique s’amplifie à mesure que des exemples démontrent de la réussite des processus. De nombreuses démarches sont engagées par un ensemble de partenaires, et les initiatives proposées par l’Agence BIO visent à compléter les actions existantes.

Cantine_bio__c__agence_bio__petits_reporters.png> Le projet “Les Petits Reporters de la Bio”, 3ème édition

Face au succès des deux précédentes éditions, l’Agence BIO envisage de lancer une troisième édition de ce concours. Ouvert aux classes du CE1 au CM2 et aux groupes d’élèves constitués dans lecadre des activités périscolaires, il consiste à créer un journal de 4 pages sur le thème de l’agriculture biologique. Cette initiative est une occasion de rassembler les enfants autour d’un projet pédagogique motivant centré sur l’agriculture, l’élevage et l’alimentation.

Par ailleurs, l'Agence BIO propose ses supports pédagogiques aux professeurs des écoles, conçus en lien avec les programmes de Sciences et d’Éducation au Développement Durable : ‐ Un kit pédagogique de sensibilisation pour les enseignants ‐ Des dépliants ludo‐pédagogiques pour les enfants.

Les établissements qui font le choix du bio à la cantine essayent également de l'inscrire dans une démarche globale de sélection de produits plus sains. Le programme Eco-Ecole, dont l'alimentation est une des composantes e permet d'élargir à tous les thèmes du développement durable : les solidarités, la biodiversité, l'eau, l'énergie et les déchets. Le programme Eco-Ecole permet également d'impliquer partenaire et prestataire de la vie à l'école, en choisissant par exemple des produits plus respectueux de l'environnement... Les sociétés de ménages (professionnels et à domicile) proposent désormais des alternatives bio, et les crèches sont de plus en plus sensibles à la qualité et la non toxicité des produits utilisés. Il existe plusieurs sites web marchand destinés aux professionnels de la petite enfance qui proposent des produits dont: http://macape.org/  . Bientôt dans toutes les écoles ?

Réinventer l'abondance de la consommation

Dans une société en crise, où l'argent manque, où la consommation devient compliquée pour beaucoup, la frustration grandit. Comment consommer bio quand on a un petit budget ? Comment prendre soin de nous et comment agir pour préserver la planète de nos enfants dans le contexte actuel ? Terra Nova apporte des solutions très intéressantes, exactement 85 propositions, pour donner plus de sens à la consommation, plus de poids au vouloir d'achat des consommateurs. Préserver, protéger, défendre, ...en passant par une forme d'abondance à réinventer. Voilà le défi à relever selon Dalibor Frioux et Guillaume Cantillon. Quelques propositions sélectionnées par aboneobio, qui promeut depuis la création, le raisonnement global à l'échelle d'une famille et sur an, les achats de produits bio pour le corps et la maison, pour acheter moins mais mieux

consommation responsable

  • Permettre aux adolescents d'apprendre à gérer un foyer (gestion du budget, entretien, gestion des repas, alimentation équilibrée ...) avec des cours adaptés, aux collèges et lycées.
  • Créer une mission jeunes (18 à 25 ans) de 6 à 12 mois, rémunéré permettant d'effectuer un service citoyen.
  • Diffuser des données associées à des profils types de consommation (famille, en couples, jeunes étudiants, célibataire, ...) pour tous les postes de dépenses du ménage, et fluctuant selon les grands évènements de la vie (mariage, naissance, rentrée scolaire, ...)
  • Ajouter sur les factures des bonnes pratiques permettant de réduire les consommations d'énergie
  • Informer sur les coûts des maladies induites par une consommation de produits non durables (cancers, obésité, ....) et encourager la pratique des coaching de santé (prévention, bilan santé, hygiène de vie et sports...) via la sécu.
  • Rendre accessible des éco-chèques aux entreprises, collectivités et administration ! (chez aboneobio on parle même du chèque d'abonnement bio)
  • Dès 0.1 % d'OGM, le produit devra mentionner sa présence. De même que l'ionisation des aliments qui serait interdit
  • Lutter contre l'obsolescence programmé en imposant une garantie longue durée sur les articles ( 5 ou 10 ans) et renseigner le consommateur sur les lieux de réparation et les coûts engendrés. Encourager les filières de réparations (tous biens de consommation courante : cordonnerie, ...), les ateliers collectifs de réparation (ex vélos), .... Encourager les recycleries, ressourceries, la location plutôt que l'achat, et adapter une TVA réduite pour les produits de 2 ème vie.
  • Développer des lieux partagés dans les habitats communs (laverie, local vélos, salle jeux, ...)
  • Réduire la perte en autorisant à vendre des produits arrivant à péremption dans 72 heures, et supprimer pour certains produits la DLUO (date limite optimale).
  • Encourager les circuits courts : produit bio local, produit transformé à proximité, produit artisanal et permettre aux producteurs de vendre en direct 40 % de sa production si il le souhaite.
  • Développer les étiquettes éco responsable sur tous les produits de consommation
  • Réduire le nombre, la taille et la densité des panneaux de pub, et les écrans plasma en ville et dans les transports en commun, interdire les pub lumineuses et éteindre toutes les enseignes entre minuit et l'aube.

Voir le rapport de Terra Nova, « Réinventer l’abondance, pour une politique des consommation »

Consommer moins mais mieux c'est possible ! Chaque jour de nouvelles initiatives germent, accessibles à tous les budgets, venant soutenir la notion de sobriété heureuse, chère à Pierre Rahbi. A découvrir par exemple cet article : alternatives.blog.lemonde.fr/2012/06/22/etudiants-manger-bien-et-pas-cher-cest-possible/ et les opérations disco soupes ou disco salades qui permettent de recycler les invendus de Rungis, en venant ensemble éplucher et préparer les fruits et légumes, en musique pour repartir avec de quoi se nourrir sainement pas cher.

DISCO SALADE #2 from DISCO SOUPE on Vimeo.



DISCO SOUPE #1 from DISCO SOUPE on Vimeo.

Un coach pour faire ses courses bio

Pas facile de faire ses courses parfois, de jongler entre les étiquettes, les fausses allégations, les recommandations pour la santé, ...On se sent un peu perdu aussi entre tous les bons conseils qu'on peut lire dans les magazines ou dans les ouvrages spécialisés. Pour nous aider, Benjamin Dariouch s'est lancé dans le coaching. Cet expert de la nutrition saine et gourmande accompagne les consommateurs à rester mince, en bonne santé, à préserver son capital énergie, ...en s'adaptant à chacun. Abonéobio a rencontré ce Naturacoach pour une interview exclusive :

coach pour faire ses courses

Les consommateurs sont de mieux en mieux informés, l’espérance de vie augmente chaque année, le bio se développe… On a l’impression qu’il y a une vraie prise de conscience et que les gens mangent de mieux en mieux, non ?

Oui et non. Plutôt que de rester dans des discours évasifs, regardons quelques chiffres très éloquents : en France, +50% des décès chaque année sont liés à un degré ou à un autre à une mauvaise alimentation (maladies cardio-vasculaires, cancers, maladies de l’appareil digestif). Le nombre de cas de cancer de la prostate par exemple, où une trop grande consommation de viande rouge, de charcuterie et de produits laitiers est un facteur de risque avéré, a été multiplié par 8 en 30 ans. Encore plus parlant : en 10 ans, le nombre d’obèses en France a doublé et aujourd’hui, 1 adulte français sur 2 est soit obèse, soit en surpoids. Je finirais par un mot sur l’argumentaire que les industriels sortent à chaque fois : l’espérance de vie augmente, donc on mange mieux. C’est un raccourci complètement faux. L’espérance de vie a progressé d’abord grâce à la lutte contre les maladies infectieuses et à la baisse de la mortalité infantile. Effectivement, on soigne de mieux en mieux certains cancers, mais le nombre de cas augmente pour certains. Et surtout, on voit qu’aux Etats-Unis, où le taux d’obésité est de +30%, l’espérance de vie commence même à diminuer !. En regardant ce constat un peu alarmant, je me dis qu’il y a encore beaucoup de progrès à faire…

Mais les scandales sanitaires par exemple n’amènent-ils pas plus de consommateurs vers une alimentation de qualité et une consommation responsable ?

Malheureusement, je pense que cela n’a qu’une influence à la marge. Le scandale de la vache folle par exemple a débouché sur le développement du label « Viande Française », mais ce dernier n’a aucun autre critère que l’origine. Ce que me remontent souvent mes clients, c’est qu’à force d’entendre ces informations, ils s’alarment mais ne savent pas pour autant quoi manger… Cela dépend de chaque pays aussi : en Allemagne, l’affaire du poulet à la dioxine a fait progresser la part de marché du bio.

L’information publique est-elle insuffisante alors ? Les campagnes sont pourtant nombreuses ?

La première source d’information en France, qui est aussi celle sur laquelle s’appuient la plupart des nutritionnistes et diététiciens, est le fameux PNNS (Programme National Nutrition Santé). Il y a de bons messages, qui sont bien retenu par la population comme les 5 fruits et légumes par jour. Il y a des messages moins intéressants, comme une part de céréales à chaque repas, sans faire de distinction raffiné vs. complet. Et il y a les recommandations clairement influencées par le lobby agroalimentaire, comme les 3 produits laitiers par jour (qu’il faudrait mieux limiter à un par jour). Rien d’étonnant quand on sait que les conflits d’intérêt sont nombreux, comme le président du PNNS qui était conseiller de Candia jusqu’en 2007 et fait toujours parti de l’Institut Danone. Ensuite, malheureusement, 90% des gens qui s’intéressent à leur assiette le font par l’angle de la minceur, à l’occasion d’un régime. D’une part, ils vont suivre une méthode qui en générale n’est pas un idéal de santé (comme les régimes hyperprotéinés), et d’autre part, à la fin de leur régime, ils reprendront leurs mauvaises habitudes, sans avoir fait une véritable rééducation alimentaire. Et pour finir, les industriels ne sont pas en reste pour semer le doute dans la tête des consommateurs. Il n’y a qu’à voir le nombre d’études qu’ils financent chaque année pour pouvoir affirmer que leurs produits sont les meilleurs ou ne posent aucun problème. Par exemple, il y a régulièrement des études qui sortent pour montrer que les fruits et légumes bio n’ont aucune valeur nutritionnelle supérieure au conventionnel… En 2010, les lobbies de l’agro-alimentaire ont dépensé plus d’1 milliard d’euros pour empêcher le vote par le parlement européen d’un étiquetage nutritionnel plus restrictif. Pour terminer sur une note plus positive, heureusement que de nombreuses associations, des passionnés au travers de leur blog ou des professionnels de la santé se battent pour délivrer une information claire et objective, mais cela reste un combat de tous les jours.


Benjamin Dariouch naturacoach

Et dans ce contexte, quel a été votre parcours ?

D’un point de vue professionnel, j’ai travaillé pendant plusieurs années en tant que consultant en stratégie auprès des directions générales des principaux groupes de la grande distribution et de l’agroalimentaire. J’ai donc pu comprendre de l’intérieur la logique de ces entreprises, basée essentiellement sur une notion de réduction de coûts et de gains à court terme, et évidemment au bout d’un moment, cela ne correspondait plus du tout à mes valeurs, et j’ai donc voulu changer de voie. D’un point de vue plus personnel, j’ai toujours été passionné par la santé et l’alimentation, mais j’avais beaucoup de mal à trouver les réponses à mes questions auprès des sources d’information standards, comme celles évoquées auparavant. A la fois pour investir mon énergie dans une activité qui ait du sens et pour créer le service que j’aurais voulu trouver pour moi-même, j’ai créé Naturacoach.


Benjamin Dariouch natura coach regime

Justement, quel est le concept de Naturacoach ? Quelle offre proposez-vous ?

Le principe de base est simple : apprendre à chacun la meilleure façon de manger pour la vie, en-dehors de toute mode, de toute notion de régime, et en faisant rimer plaisir, santé et minceur. J’ai donc développé mon concept autour de cette idée en me basant sur 3 piliers : * Expliquer les grands équilibres du corps, pour savoir y mettre le bon carburant, pour que chacun puisse ensuite se débrouiller seul, plutôt que d’imposer un menu pendant 3 semaines à suivre bêtement * Apprendre comment lire une étiquette, choisir les meilleurs produits, la signification des labels, etc. Car dire qu’il faut manger tel ou tel aliment ne suffit pas, encore faut-il savoir bien l’acheter * Donner des astuces de cuisine et des recettes pour montrer en toute simplicité qu’une alimentation saine est aussi une alimentation gourmande Je propose des ateliers en région parisienne de 4 séances, avec une partie théorique et une partie pratique où j’emmène mes clients en supermarché et magasin bio, ainsi que des programmes de coaching en ligne, où je propose le même contenu mais sous forme d’abonnement avec des vidéos et des livrets. Je donne également des cours de cuisine bio à domicile.


Quel type de clientèle vient vous voir ?

J’ai développé des programmes pour répondre à tous les profils, mais majoritairement j’ai 2 types de clients : * Des femmes entre 25 et 45 ans, qui veulent perdre un peu de poids, mais en changeant durablement son alimentation, plutôt que de suivre la dernière méthode à la mode * Des hommes qui ont surtout un problème d’énergie et de vitalité, et qui se doutent bien que cela vient de leur assiette. Et ils comprennent rapidement que manger bien et bio ne signifient pas manger que des graines ;-) * J’ai aussi dans un moindre mesure des mères de famille qui veulent donner le meilleur à leurs enfants, ou des seniors qui cherchent à bien vieillir.

Pour terminer, pourriez-vous nous donner les 10 produits à toujours avoir dans son placard ?

Effectivement il y a des aliments, qui sont un peu la base de la cuisine bio et que vos lecteurs connaissent sûrement, qu’il faudrait toujours avoir dans ses placards :

  • Lentilles corail : les légumineuses sont des aliments que je cherche à tout prix à réintroduire dans l’alimentation de mes clients. Riches en protéines, en fibres et en minéraux, elles ont beaucoup d’atout. Les lentilles corail ont l’avantage de ne pas demander de temps de trempage et de cuire en 15 min.
  • Pois cassés : autre légumineuse qui n’a pas besoin de tremper et qui cuit en 30 min
  • Purée d’amande : les oléagineux contiennent de bonnes graisses (mono et polyinsaturées) et peuvent donc donner une purée une fois écrasés. La purée d’amande est idéal aussi bien comme matière grasse en pâtisserie (pour remplacer le beurre), diluée dans une soupe ou même mélangée avec de l’huile dans une vinaigrette
  • Sucre de canne complet : Rapadura, muscovado, … Il porte différents noms suivant son origine, mais il s’agit toujours du jus de canne simplement séché et non raffiné. Il est donc nutritionnellement bien plus intéressant que le sucre de betterave raffiné (le sucre blanc de base), et possède un arôme de réglisse particulier.
  • Riz basmati complet : comme toutes les céréales, le riz est à choisir complet de préférence, pour bénéficier des fibres et des minéraux de l’enveloppe. De plus, entre les différents types de riz, le basmati est celui qui possède l’index glycémique le plus bas.
  • Curcuma : les épices sont une base importante d’une cuisine saine et gourmande. Cela permet de donner du goût sans ajouter de sel. Le curcuma a une action anti-inflammatoire bien connue en médecine ayurvédique, ce qui a un effet bénéfique sur toute la santé.
  • Cannelle : autre épice, elle est idéale pour remplacer le sucre dans des desserts. Des études commencent même à montrer qu’elle agit directement sur le cerveau pour couper l’envie de sucre. Sans parler du fait qu’elle est pleine d’antioxydants.
  • Quinoa : petite graine qui commence à être bien connue, elle est riche, comme le soja, en protéines complètes. Parfait pour les végétariens.
  • Farine complète de petit épeautre : « blé ancien » cultivé en Provence et remis au goût du jour depuis 20 ans, il est moins riche que le blé moderne en gluten et donc plus digeste, et il contient également un peu de bêta-carotène, ce qui lui donne une couleur légèrement orangée.
  • Huile d’olive : je finirais par un produit qui n’a rien d’original mais sur lequel j’aimerais insister. Avec l’huile de colza, cela doit être l’huile de base de votre cuisine de tous les jours. Alors s’il y a un produit sur lequel vous ne devez pas faire de compromis sur la qualité, c’est bien celui-là ! Comme le vin, les terroirs sont nombreux et une grande huile d’olive peut enchanter un plat à elle-seule. A choisir bien entendu extra-vierge et 1re pression à froid (obtenue par des procédés mécaniques)

Le Guide du Bio Hors Série 60 Millions de Consommateurs

Le marché du bio est en plein essor. De plus en plus soucieux de leur santé et du respect de l'environnement, les consommateurs sont avides de transparence, de qualité de produit, et d'engagement. Le magazine 60 Millions de Consommateurs nous propose un Hors Série "le Guide du Bio" pour mieux cerner les garanties du bio et pour mieux comprendre les différences entre les différents labels bio et certifications. Savoir quelles substances bannir, comprendre le marché et ses failles, reconnaitre le nouveau standard Cosmos européen (dont le logo sera apposé sur les produits), ...Au delà de l'alimentation bio, j'ai particulièrement apprécié le dossier spécial sur la cosmétique bio  : en 2005 les cosmétiques bio ne représentaient que 3 % du marché global des cosmétiques, en 2010 c'est 10 %. Selon Greenpeace demande mondiale devrait tripler d'ici à 2050. Aujourd'hui le marché des cosmétiques bio pèse 287 millions d'euros en France et 6.7 milliards d'euros dans le monde. Plus de 250 marques sont apparues en moins de 5 ans ! La consommation de crèmes bio et de parfums a connu un taux de croissance de 30 à 40 % entre 2005 et 2009, ralentit désormais autour de 17 %. Organic Monitor prédit que la croissance des cosmétiques naturels ou bio profitera seulement aux marques qui parviendront à se différencier : selon Samuel Gabory, président de Cosmebio (et aussi président de Nature et Stratégie (marque coslys notamment distribuée par Abonéobio)" le bio est un prérequis technique. Mais si l'on consomme bio, c'est pour les valeurs intrisèques du produit, certes, mais aussi pour les bienfaits que celui-ci apporte à la société : le développement durable et la responsabilité sociale." Une démarche qui correspond parfaitement à la philosophie d'aboneobio.

guide Bio hors série 60 millions consommateurs

En revanche la partie sur les produits d'entretien m'a déçue. En effet ici comme ailleurs on vante l'écolabel qui pourtant reste largement insuffisant. Il existe la mention Nature et Progrès et la certification Ecocert Détergence écologique qui vont bien au delà de l'Ecolabel et pourtant on n'en dit pas suffisamment pour aider le consommateur à s'y retrouver. Je vous invite à relire mon article " De la lessive plus concentrée mais pas plus écologique !" pour mieux comprendre les différences notables. Mettre dans le même panier Ecover (sans label et certification), L'Arbre Vert (écolabel) et Etamine du Lys (Ecocert détergence écologique) me gêne en évoquant des marques ancrées depuis toujours dans la protection de l'environnement (page 99). Attention aux allégations parfois trompeuses nous rappelle le magazine : "les allégations vertes ont fleuri sur les produits ménagers, trop souvent sans justification !" Je vous renvoie au Guide Durable, responsable, bio, naturel, comment s’y retrouver ?, déjà sortie ( contrairement à ce qui est dit page 100 de ce Hors série). Enfin, la critique sur l'efficacité me semble injuste. Je parle notamment des produits ménagers écologiques que je connais bien. Le magazine dit "Si les tests de performances des produits verts se révèlent assez concluants dans leur fonction première, nettoyer, ils pêchent toujours au niveau des effets additionnels". Faux, certains produits écologiques pour la maison sont aussi efficaces que le conventionnel, mais là encore on ne peut pas comparer les produits MDD (marques distributeurs) de grandes surfaces avec ceux de marques qui investissent dans la recherche et développement depuis plus de 20 ans ! Pas du tout d'accord avec le slogan (p101) "Propreté plus que parfaite ou préservation de l'environnement ? Avant d'acheter ses produits d'entretien, le consommateur doit trancher" : il n'y a pas de dilemme, il suffit d'opter pour de bons produits d'entretien écologiques et les 2 missions seront parfaitement assurées ! Chez aboneobio nous testons tous les produits avant de les référencer.

cosmétique bio 60 millions consommateurs

Au sommaire de ce Hors Série spécial Bio chez 60 Millions de Consommateurs, numéro de Juin / Juillet 5.90 € :

ALIMENTATION

  • Le boom de l’agriculture bio
  • Un vrai plus pour l’environnement ?
  • Le bio,meilleur pour la santé ?
  • Des aliments sous contrôle
  • Les labels et les marques privées
  • Lire les étiquettes
  • Le prix élevé, un frein à l’achat
  • Du bio à la cantine
  • Plats préparés : quelles différences ?
  • Un autre goût ?
  • Dix produits passés à la loupe


TEXTILES

  • Vous avez dit «textile bio» ?
  • Le grand bazar des labels
  • Des tissus venus du monde entier
  • Un marché en forte expansion
  • L’équitable n’est pas toujours bio
  • Les fibres du futur seront naturelles et innovantes

COSMÉTIQUES

  • Le bio, c’est devenu tout naturel
  • Un marché qui attire du monde
  • «Plus de naturel que de bio»,
  • interview de Florence Soyer, de l’Ifop
  • Dans la jungle des labels
  • Gestion durable et solidaire
  • La recherche de nouvelles cibles
  • «Une question d’expertise»,
  • interview de Jean-Louis Pierrisnard de L’Occitane en Provence
  • Des cosmétiques faits maison
  • Nouveau code pour la pub

MAISON

  • Nettoyer, oui ; polluer, non !
  • Les labels : un vrai casse-tête
  • Des ingrédients naturels aux vertus nettoyantes
  • Fabriquer ses produits verts

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