Abonéobio : Le blog du bio

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Mardi 07 juillet 2015

Berges Saines : une initiative citoyenne pour nettoyer les rives de Seine

berges-saines-seine05.jpgLa mauvaise qualité de notre eau et de notre environnement n’est pas toujours le fait d’industriels qui contaminent sols et rivières. Preuve en sont les déchets les plus communément retrouvés sur les berges de nos cours d’eau et qui sont le fait de dépôt sauvage ou d’inconscience.

Depuis quelques années de nombreuses opérations de nettoyages, comme les Initiatives Océanes de l’Association SurfRider Europe, ou Nettoyons la Nature du “mouvement Leclerc” (du nom des enseignes de grande distribution). La dernière née de ces initiatives n’est pas la moins remarquable : Berges Saines, pilotée par l’association La Seine en Partage, mobilise près de 300 communes le long des rives de la Seine. C’est alors aux mairies de fédérer leurs habitants pour se ré-approprier leur territoire en le débarrassant des déchets apportés par le fleuve.

Le bilan de l'année 2015

Organisée du 9 au 12 avril dernier, « Berges Saines » est une opération à la fois écocitoyenne, pédagogique et festive. Il s’agit toujours de volontaires, mobilisés le temps d’une demi-journée à oeuvrer ensemble, et souvent ravis d’agir pour la protection de la nature, la sauvegarde de tout l’écosystème et la mise en valeur de leurs paysages. Les enfants sont souvent de la partie, et peuvent comprendre la signification de geste quotidien (pourquoi on jette dans une poubelle) en découvrant la nature. En effet, les berges de Seine, comme tout milieu humide est un trésor de biodiversité. Selon les organisateurs « un enfant qui a participé à « Berges Saines » deviendra un adulte plus responsable ». berges-saines-seine02.jpg

Entretien avec Pascale Dugat, déléguée générale et porte-parole de l’association La Seine en Partage.

Abonéobio :Qui est à l’origine de l’opération Berges Saines ?

berges-saines-seine04.jpgNotre association, « La Seine en Partage », regroupe depuis 2001 un grand nombre de communes riveraines de la Seine avec comme vocation de valoriser tous les atouts que notre fleuve peut apporter à nos régions. Nous travaillons donc pour le développement du transport fluvial et du tourisme fluvial, l’aménagement des berges, la lutte contre les inondations, la protection de l’écosystème, une meilleure qualité de l’eau, etc. Ce sont des maires adhérents de notre association qui nous ont dit un jour qu’il fallait absolument faire quelque chose pour refaire des berges les lieux de promenade et de convivialité qu’elles avaient toujours été et donc qu’il fallait les nettoyer de tous les déchets que des inconscients y déposaient. Les riverains en avaient assez que certains considèrent la Seine comme un égout à ciel ouvert et ses berges comme des décharges publiques. Et comme nous savions que ni l’Etat, ni les Régions, ni les Départements n’avaient les moyens de faire ce nettoyage, nous avons eu l’idée de lancer un appel à la mobilisation des riverains eux-mêmes pour qu’ils prennent leur courage à deux mains, relèvent leurs manches et fassent eux-mêmes un grand nettoyage de printemps une fois par an. C’était en 2012 et c’était la première opération « Berges Saines »

A :Quel a été l’accueil des mairies à l’exposition de ce projet ? Certaines ont-elles été plus difficiles à convaincre ou au contraire emballées par l’idée ?

Tous les maires ont été emballés. C’était pour eux une merveilleuse occasion d’organiser une manifestation sympathique, chaleureuse, à un moment où tous les riverains prennent conscience des dangers de toutes les pollutions, comprennent que l’eau est un bien plus précieux que tout et veulent se réapproprier leurs berges avec, en plus, un désir de faire quelque chose par eux-mêmes.

A :Les initiatives Océanes investissent désormais les terres avec des opérations sur les berges des rivières, voire des canaux comme à Paris le nettoyage du Canal St Martin. Estimez-vous qu’ils sont des concurrents pour une manifestation comme Berges Saines ?

Au contraire! Plus il y aura d’initiatives pour lutter contre toutes les formes de pollution et mieux cela sera pour tout le monde. La sauvegarde de l’environnement, de l’écosystème est « le » combat que nous devrions tous mener. Il s’agit, je vous le rappelle, de la sauvegarde de notre planète.

A :Sur ces 4 ans, quels ont été les déchets les plus improbables retrouvés par nos concitoyens ?

A part les voitures, les motos, les réfrigérateurs et les vieux matelas retrouvés en masse, le plus improbable a été un coffret à bijoux retrouvé à St Pierre-du-Vauvray, dans l’Eure. Certes, il ne s’agissait pas de joyaux de très grande valeur mais nous nous sommes tous demandés pourquoi et comment ces bagues, bracelets et colliers dans ce joli petit coffret avaient été jetés dans la Seine. Il devait y avoir une histoire d’amour là-dessous. La gendarmerie à laquelle, bien sûr, nous avons remis le coffret devait faire une enquête. Nous n’en avons pas encore les résultats…

A : Quel est votre constat sur ces dernières années ? Plus ou moins de déchets à périmètre constant ?

-L’opération couvre plus de 300 kilomètres de berges et notre « récolte » annuelle oscille entre 50 et 200 tonnes de déchets. Mais ce qui est intéressant c’est que les maires qui participent depuis l’origine à l’opération ont tous remarqué qu’il y avait, au fil des ans, de moins en moins de déchets sur leurs berges, comme si « Berges Saines » donnait mauvaise conscience aux… inconscients. « Berges Saines » est évidemment la meilleure opération de sensibilisation qu’on puisse imaginer pour la protection de l’environnement car c’est une opération pleinement « participative » et qui, en plus, permet souvent à des riverains de la même communes de se rencontrer et de faire connaissance.

A : Ne pensez-vous pas qu’il devrait y avoir plus de poubelles, cendriers, lieux pour les déchets des animaux dans nos villes ?

Bien sûr. Mais beaucoup de communes ont déjà fait beaucoup d’efforts avec des déchetteries, du tri sélectif, des distributeurs de sacs pour les déjections canines, etc. On se demande pourquoi des gens vont jeter un vieux matelas ou une bicyclette rouillée dans la Seine pou sur les berges alors qu’il y a souvent, plus près de chez eux, une déchetterie. C’est une question d’information, de formation, d’éducation. Mais il faudrait, peut-être aussi, en venir à sanctionner ces gens-là comme la loi le prévoit.

A : Que pensez-vous de l’initiative de San Francisco qui interdit notamment les bouteilles plastiques et les remplace par des fontaines à eau ?

C’est une excellente idée. Nous récoltons, chaque année, au cours de la journée « Berges Saines », nous ramassons 30 tonnes de bouteilles plastiques abandonnées sur les berges. Et je vous rappelle qu’il faut… 1.000 ans pour qu’une bouteille plastique disparaisse dans la nature. Les sacs plastiques vont déjà être interdits chez nous. C’est bien.

Pour le moment, pas encore de date pour l'édition 2016, mais n'hésitez pas à vous renseigner auprès de votre mairie, si vous habitez le long de la Seine... Ou de participer aux opérations de nettoyage des plages cet été!

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On a participé à Berges Saines 2015!

Prôner le bio sans en être soi-même convaincu ne serait pas vraiment honnête, alors abonéobio participe dès que l'occasion nous est donnée.

Ainsi, j’ai rejoint les équipes de volontaires de ma ville : 40 pour 12.000 habitants, le chiffre ne fait pas vraiment rêver.

Cependant, j’ai été agréablement surprise de voir que l’opération était plébiscité par toutes les tranches d’âge. De nombreux couples ou parents avaient fait l’impasse sur un dimanche de farniente au soleil pour venir avec leurs enfants participer à cette manifestation citoyenne. L’ambiance était joyeuse malgré les tonnes de déchets disparates retrouvés! La perspective d’avoir fait une bonne et belle action pour la planète et pour sa ville prime sur tout le reste.

Au vu des nombreux baton de coton-tige, je me rappelle alors ce spot de l’ADEME “Déchets, l’important c’est de ne pas participé”, et je suis effarée de penser qu’en 2015 des gens jettent toujours ceux-ci n’importe comment!

Au terme de notre après-midi, tous autant que nous sommes avons ramassé pas moins de 750 kilos de déchets, selon le coordinateur. Je tiens a adresser une pensée aux services techniques de la ville, mobilisés un dimanche pour collecter les nombreux sacs remplis des déchets ramassés le jour même aux 4 coins de la ville.

Une belle action collective qui doit se poursuivre au fil des ans pour profiter d’une Seine propre et de berges agréables pour les promenades.

http://www.yvelines1.com/le-journal/journal-lundi-14-avril-2015/

Quand les antibiotiques deviennent automatiques

robinet-eau-antibiotiques-2.jpgOn oublie parfois trop souvent que l’eau est une denrée précieuse… C’est certain, à voir s'abattre plusieurs mois de pluie en une soirée dans le sud de la France, on oublierait que l’eau potable sera bientôt rare. En France et en Europe, les normes pour qualifier l’eau potable sont assez sévères. Depuis 2007, un arrêté fixe des normes de qualité à respecter pour un certain nombre de substances dans l’eau potable dont le chlore, le calcaire, le plomb, les nitrates, les pesticides et les bactéries. Les eaux de baignade ou les « zones humides », comme les lacs et les marais, sont également très surveillées. Mais les eaux de ruissellement ne peuvent pas être contrôlées aussi précisément. Or, tout ce que nous utilisons comme produits pour le ménage, l’entretien du jardin, les cosmétiques et les médicaments, ont une répercussion sur la qualité de l’eau et celui des écosystèmes qu’elle irrigue.

Des médicaments dans l’eau de nos rivières

1753_visuel_affiche_generique-animaux_antibiotique.jpgDes études récentes ont en effet montré la présence de médicaments à des concentrations détectables dans certaines eaux souterraines, de surface et même de boisson depuis les années 2000. Une attention particulière est portée aux médicaments antibiotiques dont environ 10 500 tonnes sont utilisées chaque année en Europe (FEDESA, 1999), aussi bien en médecine humaine (52%) qu’en médecine vétérinaire (48%). Dans le cadre du plan Ecoantibio, le Ministère de l’Agriculture a lancé depuis septembre dernier la campagne « les antibiotiques pour nous non plus c’est pas automatique » rappelle la bonne utilisation de ces médicaments. L’objectif du plan Ecoantibio est de réduire de 25% en 5 ans (2012-2017) l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire.

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Ces concentrations résiduelles d’antibiotiques ont un effet sur notre environnement que les scientifiques tentent de démontrer et tirer un signal d’alarme. Les antibiotiques, ou anti-microbiens, sont des molécules souvent naturelles (quoique peu utilisées pour l’homme) ou chimiques dont on connaît assez peu la demi-vie ou la biodégradabilité.

Phénomène de bioaccumulation.

Depuis l’année dernière, nous sommes certains que les poissons les plus gros sont les plus toxiques. Les saumons, aiglefins ou thons rouges de méditerranée sont des prédateurs, souvent en fin de la chaîne alimentaire et stockent dans leurs chairs la somme de tous les polluants (mercure, arsenic, hydrocarbures, PCB, médicaments, etc.) ingérés par les poissons plus petits et le plancton. Le phénomène de bioaccumulation, qui explique ces concentrations impressionnantes, n’est pas nouveau, mais jusqu’ici les scientifiques étudiaient principalement les polluants ayant un impact sur la santé.

En effet, on connaît - malheureusement - l’effet désastreux sur la santé de l’ingestion de produits chimiques comme les métaux lourds. Les scientifiques s’intéressent également depuis une dizaine d’années à l’effet des antibiotiques retrouvés dans l’eau. Quels effet conséquences ceux-ci peuvent avoir sur notre environnement, les écosystèmes et notre santé?

Emergence inquiétante des bactéries résistantes

Notre société est accro aux antibiotiques : la campagne “ les antibiotiques, c’est pas automatique”, visait à limiter l’usage abusif de certains antibiotiques en traitement préventif ou curatif. Mais cela ne visait pas les autres utilisations de ces produits comme complément alimentaire dans l’alimentation animale, notamment dans les piscicultures, ni comme pesticides pour le traitement des végétaux. La première des conclusions est que la surconcentration d’antibiotiques dans l’environnement aquatique modifie invariablement le génome des bactéries et leurs réactions à ces antibiotiques. Les bactéries se reproduisent vite et ont un pouvoir mutagène hypersensible, favorable à leur adaptation à tous les milieux. Selon la théorie de Darwin, la présence d’antibiotique dans l’environnement tue certes un grand nombre de bactéries, mais les bactéries qui “survivent” sont celles qui ont développé une insensibilité à un ou plusieurs antibiotiques : on les appelle des bactéries résistantes (ou bmr, bactéries multi-résistantes, si plusieurs antibiotiques n’ont plus d’effets) la-france-tente-de-diminuer-sa-consommation-d-antibiotiques_1798440.jpgL’OMS tirait en avril dernier la sonnette d’alarme sur ces bactéries devenues résistantes aux anti-microbiens.

Néanmoins, les conclusions de ce rapport pointent du doigt les conséquences, dramatiques, pour les populations qui ne peuvent pas être soignées correctement, et ne démontrent pas vraiment les causes, c’est à dire, les comportements qui ont permis aux antibiotiques de polluer l’eau.

Attention aux cosmétiques !

Plus récemment, ce sont des microbilles ou perles de plastiques, comme celles utilisées en cosmétique conventionnelle pour les soins gommant ou exfoliant par exemple, qui ont été retrouvées dans la chair de poisson. Comme les nano-particules, ces microbilles de plastique sont difficilement détectables, et peuvent se confondre avec du sable.

De la même manière que n’importe quel polluant, ces microbilles sont ingérées par les poissons. L’interdiction faite aux Etats-Unis d’utiliser ces microbilles, pousse l’industrie cosmétique « conventionnelle » à piocher les idées parmi les formules naturelles. En effet, la cosmétique naturelle et bio propose depuis longtemps des formules à base de sucre, de poudre de noyaux d’amandes ou d’abricots, comme le gommage pour le corps ou l’exfoliant visage Coslys vendu sur abonéobio!

La difficulté avec la pollution de l’eau, c’est que nous pouvons être « intoxiqués » même si nous faisons attention à la provenance de notre nourriture. En effet, même les poissons bio présentent des concentrations de mercure très élevées... Mais il n’y a pas que les industriels (pharmaceutique, agroalimentaire) qui rejettent des médicaments ou des produits polluants. Il revient à chacun de faire attention à son mode de consommation.

Tous ce que nous utilisons dans notre vie quotidienne se retrouvent potentiellement dans l’eau, ce qui influence la qualité de celle-ci et de ce que nous mangeons. Nous pouvons faire attention à notre consommation de médicaments, et confier les médicaments périmés en pharmacie. En tant que consommateur, nous pouvons également faire attention aux produits que nous choisissons pour l’entretien : - des produits à base d’ingrédients végétaux et bio; - des produits dont la biodégradabilité est prouvée grâce des normes internationales OCDE comme la lessive liquide Etamine du lys - des produits qui n’auront peu pas de répercussions sur notre environnement et notre santé; - et respecter les doses recommandées.

Pour de la lessive, par exemple, il est inutile de surdoser car elle n’en sera pas plus efficace. Mieux vaut alors utiliser un détachant avant lavage, comme le spray détachant vendu sur aboneobio!

L'eau potable de ma commune est elle polluée ?

La préservation de la ressource en eau potable est une préoccupation grandissante. Denrée rare et précieux dans certains pays, elle est en France disponible et parfois négligée. Dans certaines communes les pollutions se répètent. Concerné à plusieurs reprises et passionné par le sujet, un citoyen a compilé une centaine de coupures de presse traitant du sujet pour en partager le constat et dresser la carte de la pollution de l'eau potable en France, accessible à tous depuis une simple adresse google maps. Chacun peut ainsi se faire rapporteur d'une pollution proche de son lieu d'habitation pour compléter la cartographie. Parce que l'eau et la soif du monde nous concerne tous, aboneobio souhaite encourager cette initiative en lui donnant un écho sur notre blog. Nous avons rencontré l'auteur de cette démarche informative, Pascal D, pour en savoir un peu plus sur les enjeux.

l'eau de ma commune est polluée

Pourquoi est ce important de préserver la ressource en eau ?

Tout d'abord, on ne manque pas d'eau en France. Si certains prédisent une pénurie au cours de ce siècle, on en est encore loin et cela dépendra surtout du rythme du réchauffement climatique. Mais en France, la ressource en eau est aujourd'hui menacée sur plusieurs fronts : l'agriculture qui rejette des produits phytosanitaires et pesticides, l'industrie lourde qui génère des pollutions chimiques, le secteur pharmaceutique qui génère des rejets de résidus médicamenteux et le secteur du forage des sous-sols, du type de celui nécessaire à l'exploitation du gaz de schiste, qui souhaite utiliser et polluer des quantités invraisemblables d'eau pour percer la roche. Il faut comprendre que toutes les pollutions rejetées dans la nature finissent un jour par se trouver dans notre eau. Si la France a la chance - comparée à de nombreux pays du Tiers Monde - d'avoir un système de traitement qui nous protège des risques sanitaires immédiats, nous sommes tout de même exposés à une variété de pollutions présentes à très faible dose dans notre eau, qui à long terme, ne sont à mon avis pas neutre sur le plan sanitaire.

Quel est l'état de pollution actuelle de la France ?

La France est la première puissance agricole d'Europe et le premier utilisateur de pesticides et nitrates du continent. C'est le point noir de la carte : ces pollutions sont loin d'être contrôlées et des dépassements de normes persistent dans le temps, surtout dans la moitié ouest de la France. Paradoxalement les pollutions bactériologiques, celle qui font le plus de bruit médiatiquement, sont plutôt bien maîtrisées : l'eau est coupée pour prévenir tout risque d'épidémie. Ces problèmes sont ponctuels et ne devraient pas inquiéter outre mesure. Plus préoccupantes sont les pollutions liées à des déchets industriels car elles sont souvent détectées tardivement. Il vaut mieux dans ce cas là chercher à évaluer notre durée d'exposition à ces polluants. Je pense particulièrement aux pollutions aux perchlorures d'ammonium qui ont été détectées presque par hasard à Bordeaux et dans le Pas de Calais. Pas très rassurant ! Pour moi, ce type de pollution devraient tout de suite déclencher une étude d'impact sanitaire.

Comment chaque citoyen peut agir ?

Pour moi, les cartes participatives peuvent devenir un puissant outil de mobilisation. Elles permettent à chacun de poster une information et de rendre compte en temps réels des risques de pollutions. On pourrait faire la même carte sur la pollution atmosphérique d'ailleurs. Mais ce qui serait passionnant, ce serait de croiser la carte des pollutions avec la carte des maladies (par exemple des cancers) dont on soupçonne qu'ils peuvent être liés à des expositions de longue durée à des polluants, même à faibles doses. On pourrait aussi croiser cette carte avec les entreprises industrielles et agricoles dont on sait qu'elle contribue à polluer notre eau...

Quels sont les enjeux économiques derrière ce constat ?

Au delà de la question public privé, on parle en ce moment d'économiser en mettant en place une tarification progressive. Pour moi, l'idée d'économiser l'eau n'est pas le plus urgent : ce qu'il faut c'est désigner clairement les responsables des pollutions et les dissuader de recommencer.

Pascal, qui êtes-vous ?

J'ai 37 ans et je suis originaire de Bretagne. Je vis à Rambouillet depuis 7 ans, dans les Yvelines. Je suis marié et j'ai deux enfants. Je suis agent de maîtrise dans le secteur industriel, actuellement en recherche d'emploi.

Pourquoi s'intéresser à ce sujet ?

Pendant une longue période de ma vie bretonne, j'ai régulièrement été confronté à des pollutions de l'eau potable.J'ai connu aussi pas mal de personnes qui ont eu des pépins de santé. Face à cette situation insupportable, j'ai souhaité savoir si ce genre d’évènement était spécifique à ma région ou si d'autres communes connaissaient le même problème. Au départ, il s'agissait de recherches personnelles pour essayer de comprendre les origines et les raisons des pollutions de l'eau. Puis j'ai créé mon blog d'information et j'ai eu l'idée de faire une carte sur la pollution de l'eau potable en France.

Quelle est la prochaine étape ?

Au sujet de la pollution de l'eau, je continue à compiler les alertes en espérant que d'autres internautes vont m'aider à mettre la carte à jour. Je songe aussi de plus en plus à faire une carte des plans sociaux en France, dès que je pourrais me libérer du temps.

L'eau et la Soif du Monde

Une famille européenne de quatre personnes consomme chaque semaine 140000 litres d'eau. Les chiffres liées à cette eau virtuelle dont parle Yann Arthus Bertrand dans son dernier documentaire "La soif du Monde" sont juste effarants. Nos besoins en eau ne cessent de croitre. Nos modes de vie, de consommation, de transports ou de loisirs amènent des besoins qui dépassent largement ce que la nature peut nous offrir. Aujourd'hui 1 milliard d'humains n'ont pas accès à l'eau potable. L'eau manque encore pour se nourrir. L'eau polluée est rejetée à 90 % sans traitement dans la nature. L'eau contaminée tuent chaque jour plus de 4000 enfants. L'eau est aussi à l'origine de conflits dans de nombreux pays (une guerre de 30 ans au Soudan du Sud). Et selon l'OCDE 40 % de la population mondiale est appelée à vivre dans des "bassins hydrographiques soumis à un stress hydrique élevé". Nos eaux souterraines sont aussi polluées et la France est particulièrement touchée. Nous devons regarder les choses en face, il existe des solutions !

la soif du monde film yann arthus bertrand eau

Quelques indicateurs de calcul de la consommation de l'eau virtuelle d'une famille européenne de 4 personnes (140 000 litres d'eau par semaine ) ! :

  • 3 litres d'eau nécessaires pour obtenir 1litre et demi d'eau minérale
  • 40 litres pour faire pousser une salade
  • 140 litres pour boire une seule tasse de café
  • 185 litres pour 1 kilo de tomates
  • 330 litres pour 1 baguette de pain
  • 960 litres pour 1 bouteille de vin
  • 1000 litres pour 1 kilo de pommes
  • 1100 litres pour 1 litre de lait
  • 1900 litres pour 1 kilo de pâtes
  • 3400 litres pour 1 kilo de riz
  • 11000 litres pour 1 jean
  • 15000 litres pour 1 kilo de boeuf



A méditer : "on est deux milliards sur terre à vivre comme nous (avec l’eau potable et à l’assainissement). Et les quatre autres milliards veulent vivre comme nous" (Yann Arthus Bertrand)
La soif du Monde, diffusé sur France 2 le mardi 20 mars à 20h35. Accessible gratuitement sur internet après sa diffusion. Durée 130 minutes. A partager sans modération !
Réalisé sur un budget de 800 000 euros grâce au soutien de France Télévision, l’Agence Française de Développement et le Forum mondial de l’eau. Hope Productions, de Yann Arthus-Bertrand

Pour aller plus loin : http://www.slate.fr/story/51315/eau-pluie-potable

Désormais on tolère plus de pesticides dans l'eau du robinet

Dans l'eau de notre robinet se cachent des substances peu désirables : mal éliminées par les stations d'épuration, hormones, polluants, pesticides se retrouvent dans nos verres. La pollution se propage ensuite dans notre corps, avec un effet d'accumulation. Nous sommes 67 % à boire l'eau du robinet au moins une fois par semaine en France. La qualité de cette eau est donc essentielle à la population, d'autant que le recours aux bouteilles d'eau n'est pas une solution écologique. Dernièrement le "Ministère de la Santé a rendu plus facile la distribution d’eau polluée par des pesticides au-delà de la limite de qualité", selon le Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures.

eau du robinet

Avant on interdisait de boire ou d'utiliser l'eau du robinet pour la préparation des repas, si la pollution au pesticide représentait plus de 20 % de la valeur repère (V Max définie par l'OMS) ou "si la teneur en pesticides dépassait ne serait qu’un jour cette V Max…toujours largement supérieure au 0.1 μg/L de la limité dite ‘de qualité" (Avis du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France 7 juillet 1998). Aujourd'hui la tolérance a été augmentée (cf publication au BO février 2011 d'une instruction de la direction Générale de la santé du 09.12.10, passée inaperçue : http://www.sante.gouv.fr/fichiers/bo/2011/11-01/ste_20110001_0100_0131.pdf) : désormais il faudra attendre d'avoir 100% V Max pour que la restriction d'eau s'impose, sans tenir compte de la durée de l'exposition. Concrètement ça change quoi ? On va tolérer dans de nombreuses communes des taux 5 fois plus importants de pesticides avant de réagir par une restriction d'eau ! Le folpet, classé cancérigène probable aux USA, est toléré désormais en France jusqu'à 300 ug/L d'eau pendant un mois, depuis décembre 2010 alors qu'avant il était interdit de dépasser60 ug/L ! Du coup, avec les seuils qui augmentent forcément les statistiques se trouveront mieux lotis : moins de personnes concernées par la présence excessive de pesticides,( vu qu'on tolère plus de pollution !)



Quels sont les impacts des pesticides dans l'eau ? Les pesticides peuvent provoquer entre autres des cancers de la prostate chez l’homme, des leucémies chez les enfants et atteindre leur cerveau (cf mon article : pesticides danger pour le cerveau des enfants), entre autres.

Pour en savoir plus sur l'impact sur la santé, voir mon article : Eau et cancer, quelle eau boire ?

Les boissons bio se vendent mal en grandes surfaces

Dans les linéaires des hypermarchés les boissons bio se font de plus en plus présentes, sauf que les ventes ne suivent pas : seulement 1.9 % du chiffre d'affaires des produits de grande consommation ( source SymphoyIRI), pour un marché estimé à 120 millions d'euros. Derrière cette moyenne se cachent des écarts importants : si le lait bio séduit (10 % du marché), les cidres et jus de fruits connaisse une légère(4%) et à la traine les sirops, eaux gazeuses et bières (0.1 %). L'arrivée de l'eau de bouteille bio (Bio kristall) va t'elle représenter un nouveau souffle dans ce rayon liquide bio ? A moins que les rayons se remplissent de produits locaux utilisant de bons ingrédients bio tels que la bionade, le Breizh cola stévia, des cocktails un peu particulier à base d'eau florale (floradrink's) et pourquoi pas aussi des distributeurs de lait cru bio ? .



Source : numéro de mai Rayons Boissons

Bio kristall eau minérale en bouteille qui se dit bio

Depuis février 2010 en rayon des eaux minérales des hypermarchés de Bavière on trouve une bouteille d'eau en verre qui se dit bio. La Bio Kristall est produite par le petit brasseur Lammsbräu qui ose défier les géants de l'embouteillage, tels que Danone ( marques Evian et Volvic) ou Nestlé (marques Vittel, San Pellegrino, Perrier ...). Il faut dire que le marché Allemand est juteux : chaque Allemand a consommé l'an passé 131 litres d'eau minérale (selon la Fédération des sources minérales allemandes). La mention bio peut elle s'apposer sur une bouteille d'eau minérale ? Non répond le tribunal interpelé par la centrale allemande des consommateurs. Mais l'affaire est en appel et d'ici là les bouteilles d'eau minérale bio continuent de se vendre ! Il faut dire aussi qu'avec les évènements au Japon (catastrophe nucléaire) qui rendent l'eau potable impropre, la connaissance que nous avons de la pollution par pesticides qui s'infiltrent dans les nappes souterraines, et le scandale du bisphénol A récemment dénoncé, la question de la pureté de l'eau interroge le consommateur. Le débat est relancé entre l'eau du robinet et l'eau en bouteille, cf mon article précédent : Eau et cancer, quelle eau boire ?

bio kristall eau minérale bio

http://www.biokristall.de

Il nage 900 kms en solo dans la loire pour sensibiliser à l'eau

L'eau est un bien précieux à préserver durablement. Pour le rappeler un angevin, Fabien Docet, se lance dans un défi sportif. Il va parcourir 900 kms à la nage dans la Loire, en solo (de Langeac dans l’Allier début mai à St Nazaire mi juin). La loire est le dernier fleuve sauvage d'Europe, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Ses écosystèmes et sa biodiversité sont sans cesse menacés. Par son geste, l'homme aux saumons va attirer l'attention du public et notamment des enfants pour que ce patrimoine rare, exceptionnel soit préservé. Un film sera d'ailleurs réalisé par la société Jeudi 15 production. Il racontera l'aventure au quotidien mais surtout mettra l'accent sur les enjeux et la fragilité de ce milieu.


Crédit photo : blog de Fabien Doucet

A la base, Fabien Docet est architecte d'intérieur. Cet aventurier a déjà à son actif une escapade dans le grand nord où il a cheminé un an sans assistance par des températures extrêmes (-60 °C).

http://www.aventure-allierloireocean.com/accueil.html

Journée de l'eau : la mer est une poubelle !

À l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau, Ocean Conservancy publie les résultats de la récolte de déchets en mer : près de 4 000 tonnes de déchets ont été ramassées sur les océans, les côtes et les voies navigables (3 999 590 kgs pour être exact…), par 615 407 personnes dans 114 pays et régions en une seule journée. La mer est une poubelle !

la mer est une poubelle déchets en mer

Voir l'infographie sur éclairage public

Quelques chiffres de cette "récolte" qui nous laissent sans voix :

  • 1 893 526 mégots de cigarettes
  • 1 094 921 bouteilles plastique
  • 980 067 sacs plastique
  • 882 936 capsules et couvercles
  • 853 633 emballages alimentaires
  • 524 853 bols assiettes couverts
  • 440 756 bouteilles en verre
  • 433 376 pailles et touillettes
  • 429 167 canettes
  • 300 031 sacs papier
  • 241 896 cordages
  • 140 856 fume-cigares
  • 136 956 paquets et papiers cigarettes
  • 108 322 matériaux de construction
  • 101 830 jouets
  • 92 412 fils à pêches
  • 77 434 opercules canettes
  • 65 872 bouteilles de javel
  • 56 477 briquets
  • 55 350 couches
  • 49 970 bouées flotteurs
  • 48 541 bidons huile

mais aussi des rubans adhésifs, des filets, des portes canettes, des cartouches de fusils, des préservatifs, des tampons hygiéniques, des ampoules, des batteries, des pneus, des seringues, de l'électroménager, ...

Arrêtons de polluer la mer ! Sinon gare aux retours !! Nous n'avons qu'une planète, il nous faut en prendre soin

Levis sort son jean waterless

On savait que le Jean nécessitait beaucoup d'eau en amont pour la culture du coton (de 7000 à 29000 litres d’eau pour 1 kilo de coton, dans des pays déjà en pénurie d'eau) mais on évoquait peu les traitements d'ennoblissement pour déteindre les tissus, qui consomment également des litres d'eau. Chez Levis, l'engagement a été de réduire cette consommation d'eau pour le processus de finition. Ce n'est plus 42 litres désormais nécessaires, mais 28 % de moins, voir même 96 % sur certains produits. Les designers ont trouvé la solution en ajoutant des pierres dans la machine à laver sans eau lors des cycles de lavages et en réduisant aussi le nombre de ces cycles de lavage (3 à 10 cycles en moyenne sur un modèle classique).

jean levis water less

La nouvelle collection de Jeans Levis produits avec moins d'eau sera disponible en janvier 2011 en boutique, sur la base d'une douzaine de modèles (Levi's 50, 511, 514 et la veste Levi's camionneur, soit plus de 1.5 millions d'unités de Jeans pour 2011, pour une économie d'eau totale de 16 millions de litres d'eau

Il restera à travailler en amont sur la culture de la matière première pour qu'elle soit moins gourmandes en eau et en pesticides, sur les traitements d'ennoblissement pour éviter les rejets dans les cours d'eau, et en aval sur le consommateur pour qu'il lave son jean avec une lessive écologique biodégradable. Le conseil irait même selon Levis à demander à l'utilisateur d'espacer les lavages, pour passer à une machine de jean tous les 15 jours, et ainsi la société pourrait expliquer un gain de 80 millions de litres d'eau économisée.

Mais si avant de culpabiliser le consommateur on se posait la question de l'approvisionnement, de la culture de la matière première, des pollutions de l'environnement dans ces zones et aussi des conditions de travail des salariés (cf mon article précédent sur Jean Le salaire de la mort en Turquie)

empreinte écologique d'un jean
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