Abonéobio : Le blog du bio

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Dimanche 23 novembre 2014

Quand les antibiotiques deviennent automatiques

robinet-eau-antibiotiques-2.jpgOn oublie parfois trop souvent que l’eau est une denrée précieuse… C’est certain, à voir s'abattre plusieurs mois de pluie en une soirée dans le sud de la France, on oublierait que l’eau potable sera bientôt rare. En France et en Europe, les normes pour qualifier l’eau potable sont assez sévères. Depuis 2007, un arrêté fixe des normes de qualité à respecter pour un certain nombre de substances dans l’eau potable dont le chlore, le calcaire, le plomb, les nitrates, les pesticides et les bactéries. Les eaux de baignade ou les « zones humides », comme les lacs et les marais, sont également très surveillées. Mais les eaux de ruissellement ne peuvent pas être contrôlées aussi précisément. Or, tout ce que nous utilisons comme produits pour le ménage, l’entretien du jardin, les cosmétiques et les médicaments, ont une répercussion sur la qualité de l’eau et celui des écosystèmes qu’elle irrigue.

Des médicaments dans l’eau de nos rivières

1753_visuel_affiche_generique-animaux_antibiotique.jpgDes études récentes ont en effet montré la présence de médicaments à des concentrations détectables dans certaines eaux souterraines, de surface et même de boisson depuis les années 2000. Une attention particulière est portée aux médicaments antibiotiques dont environ 10 500 tonnes sont utilisées chaque année en Europe (FEDESA, 1999), aussi bien en médecine humaine (52%) qu’en médecine vétérinaire (48%). Dans le cadre du plan Ecoantibio, le Ministère de l’Agriculture a lancé depuis septembre dernier la campagne « les antibiotiques pour nous non plus c’est pas automatique » rappelle la bonne utilisation de ces médicaments. L’objectif du plan Ecoantibio est de réduire de 25% en 5 ans (2012-2017) l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire.

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Ces concentrations résiduelles d’antibiotiques ont un effet sur notre environnement que les scientifiques tentent de démontrer et tirer un signal d’alarme. Les antibiotiques, ou anti-microbiens, sont des molécules souvent naturelles (quoique peu utilisées pour l’homme) ou chimiques dont on connaît assez peu la demi-vie ou la biodégradabilité.

Phénomène de bioaccumulation.

Depuis l’année dernière, nous sommes certains que les poissons les plus gros sont les plus toxiques. Les saumons, aiglefins ou thons rouges de méditerranée sont des prédateurs, souvent en fin de la chaîne alimentaire et stockent dans leurs chairs la somme de tous les polluants (mercure, arsenic, hydrocarbures, PCB, médicaments, etc.) ingérés par les poissons plus petits et le plancton. Le phénomène de bioaccumulation, qui explique ces concentrations impressionnantes, n’est pas nouveau, mais jusqu’ici les scientifiques étudiaient principalement les polluants ayant un impact sur la santé.

En effet, on connaît - malheureusement - l’effet désastreux sur la santé de l’ingestion de produits chimiques comme les métaux lourds. Les scientifiques s’intéressent également depuis une dizaine d’années à l’effet des antibiotiques retrouvés dans l’eau. Quels effet conséquences ceux-ci peuvent avoir sur notre environnement, les écosystèmes et notre santé?

Emergence inquiétante des bactéries résistantes

Notre société est accro aux antibiotiques : la campagne “ les antibiotiques, c’est pas automatique”, visait à limiter l’usage abusif de certains antibiotiques en traitement préventif ou curatif. Mais cela ne visait pas les autres utilisations de ces produits comme complément alimentaire dans l’alimentation animale, notamment dans les piscicultures, ni comme pesticides pour le traitement des végétaux. La première des conclusions est que la surconcentration d’antibiotiques dans l’environnement aquatique modifie invariablement le génome des bactéries et leurs réactions à ces antibiotiques. Les bactéries se reproduisent vite et ont un pouvoir mutagène hypersensible, favorable à leur adaptation à tous les milieux. Selon la théorie de Darwin, la présence d’antibiotique dans l’environnement tue certes un grand nombre de bactéries, mais les bactéries qui “survivent” sont celles qui ont développé une insensibilité à un ou plusieurs antibiotiques : on les appelle des bactéries résistantes (ou bmr, bactéries multi-résistantes, si plusieurs antibiotiques n’ont plus d’effets) la-france-tente-de-diminuer-sa-consommation-d-antibiotiques_1798440.jpgL’OMS tirait en avril dernier la sonnette d’alarme sur ces bactéries devenues résistantes aux anti-microbiens.

Néanmoins, les conclusions de ce rapport pointent du doigt les conséquences, dramatiques, pour les populations qui ne peuvent pas être soignées correctement, et ne démontrent pas vraiment les causes, c’est à dire, les comportements qui ont permis aux antibiotiques de polluer l’eau.

Attention aux cosmétiques !

Plus récemment, ce sont des microbilles ou perles de plastiques, comme celles utilisées en cosmétique conventionnelle pour les soins gommant ou exfoliant par exemple, qui ont été retrouvées dans la chair de poisson. Comme les nano-particules, ces microbilles de plastique sont difficilement détectables, et peuvent se confondre avec du sable.

De la même manière que n’importe quel polluant, ces microbilles sont ingérées par les poissons. L’interdiction faite aux Etats-Unis d’utiliser ces microbilles, pousse l’industrie cosmétique « conventionnelle » à piocher les idées parmi les formules naturelles. En effet, la cosmétique naturelle et bio propose depuis longtemps des formules à base de sucre, de poudre de noyaux d’amandes ou d’abricots, comme le gommage pour le corps ou l’exfoliant visage Coslys vendu sur abonéobio!

La difficulté avec la pollution de l’eau, c’est que nous pouvons être « intoxiqués » même si nous faisons attention à la provenance de notre nourriture. En effet, même les poissons bio présentent des concentrations de mercure très élevées... Mais il n’y a pas que les industriels (pharmaceutique, agroalimentaire) qui rejettent des médicaments ou des produits polluants. Il revient à chacun de faire attention à son mode de consommation.

Tous ce que nous utilisons dans notre vie quotidienne se retrouvent potentiellement dans l’eau, ce qui influence la qualité de celle-ci et de ce que nous mangeons. Nous pouvons faire attention à notre consommation de médicaments, et confier les médicaments périmés en pharmacie. En tant que consommateur, nous pouvons également faire attention aux produits que nous choisissons pour l’entretien : - des produits à base d’ingrédients végétaux et bio; - des produits dont la biodégradabilité est prouvée grâce des normes internationales OCDE comme la lessive liquide Etamine du lys - des produits qui n’auront peu pas de répercussions sur notre environnement et notre santé; - et respecter les doses recommandées.

Pour de la lessive, par exemple, il est inutile de surdoser car elle n’en sera pas plus efficace. Mieux vaut alors utiliser un détachant avant lavage, comme le spray détachant vendu sur aboneobio!

L'eau potable de ma commune est elle polluée ?

La préservation de la ressource en eau potable est une préoccupation grandissante. Denrée rare et précieux dans certains pays, elle est en France disponible et parfois négligée. Dans certaines communes les pollutions se répètent. Concerné à plusieurs reprises et passionné par le sujet, un citoyen a compilé une centaine de coupures de presse traitant du sujet pour en partager le constat et dresser la carte de la pollution de l'eau potable en France, accessible à tous depuis une simple adresse google maps. Chacun peut ainsi se faire rapporteur d'une pollution proche de son lieu d'habitation pour compléter la cartographie. Parce que l'eau et la soif du monde nous concerne tous, aboneobio souhaite encourager cette initiative en lui donnant un écho sur notre blog. Nous avons rencontré l'auteur de cette démarche informative, Pascal D, pour en savoir un peu plus sur les enjeux.

l'eau de ma commune est polluée

Pourquoi est ce important de préserver la ressource en eau ?

Tout d'abord, on ne manque pas d'eau en France. Si certains prédisent une pénurie au cours de ce siècle, on en est encore loin et cela dépendra surtout du rythme du réchauffement climatique. Mais en France, la ressource en eau est aujourd'hui menacée sur plusieurs fronts : l'agriculture qui rejette des produits phytosanitaires et pesticides, l'industrie lourde qui génère des pollutions chimiques, le secteur pharmaceutique qui génère des rejets de résidus médicamenteux et le secteur du forage des sous-sols, du type de celui nécessaire à l'exploitation du gaz de schiste, qui souhaite utiliser et polluer des quantités invraisemblables d'eau pour percer la roche. Il faut comprendre que toutes les pollutions rejetées dans la nature finissent un jour par se trouver dans notre eau. Si la France a la chance - comparée à de nombreux pays du Tiers Monde - d'avoir un système de traitement qui nous protège des risques sanitaires immédiats, nous sommes tout de même exposés à une variété de pollutions présentes à très faible dose dans notre eau, qui à long terme, ne sont à mon avis pas neutre sur le plan sanitaire.

Quel est l'état de pollution actuelle de la France ?

La France est la première puissance agricole d'Europe et le premier utilisateur de pesticides et nitrates du continent. C'est le point noir de la carte : ces pollutions sont loin d'être contrôlées et des dépassements de normes persistent dans le temps, surtout dans la moitié ouest de la France. Paradoxalement les pollutions bactériologiques, celle qui font le plus de bruit médiatiquement, sont plutôt bien maîtrisées : l'eau est coupée pour prévenir tout risque d'épidémie. Ces problèmes sont ponctuels et ne devraient pas inquiéter outre mesure. Plus préoccupantes sont les pollutions liées à des déchets industriels car elles sont souvent détectées tardivement. Il vaut mieux dans ce cas là chercher à évaluer notre durée d'exposition à ces polluants. Je pense particulièrement aux pollutions aux perchlorures d'ammonium qui ont été détectées presque par hasard à Bordeaux et dans le Pas de Calais. Pas très rassurant ! Pour moi, ce type de pollution devraient tout de suite déclencher une étude d'impact sanitaire.

Comment chaque citoyen peut agir ?

Pour moi, les cartes participatives peuvent devenir un puissant outil de mobilisation. Elles permettent à chacun de poster une information et de rendre compte en temps réels des risques de pollutions. On pourrait faire la même carte sur la pollution atmosphérique d'ailleurs. Mais ce qui serait passionnant, ce serait de croiser la carte des pollutions avec la carte des maladies (par exemple des cancers) dont on soupçonne qu'ils peuvent être liés à des expositions de longue durée à des polluants, même à faibles doses. On pourrait aussi croiser cette carte avec les entreprises industrielles et agricoles dont on sait qu'elle contribue à polluer notre eau...

Quels sont les enjeux économiques derrière ce constat ?

Au delà de la question public privé, on parle en ce moment d'économiser en mettant en place une tarification progressive. Pour moi, l'idée d'économiser l'eau n'est pas le plus urgent : ce qu'il faut c'est désigner clairement les responsables des pollutions et les dissuader de recommencer.

Pascal, qui êtes-vous ?

J'ai 37 ans et je suis originaire de Bretagne. Je vis à Rambouillet depuis 7 ans, dans les Yvelines. Je suis marié et j'ai deux enfants. Je suis agent de maîtrise dans le secteur industriel, actuellement en recherche d'emploi.

Pourquoi s'intéresser à ce sujet ?

Pendant une longue période de ma vie bretonne, j'ai régulièrement été confronté à des pollutions de l'eau potable.J'ai connu aussi pas mal de personnes qui ont eu des pépins de santé. Face à cette situation insupportable, j'ai souhaité savoir si ce genre d’évènement était spécifique à ma région ou si d'autres communes connaissaient le même problème. Au départ, il s'agissait de recherches personnelles pour essayer de comprendre les origines et les raisons des pollutions de l'eau. Puis j'ai créé mon blog d'information et j'ai eu l'idée de faire une carte sur la pollution de l'eau potable en France.

Quelle est la prochaine étape ?

Au sujet de la pollution de l'eau, je continue à compiler les alertes en espérant que d'autres internautes vont m'aider à mettre la carte à jour. Je songe aussi de plus en plus à faire une carte des plans sociaux en France, dès que je pourrais me libérer du temps.

L'eau et la Soif du Monde

Une famille européenne de quatre personnes consomme chaque semaine 140000 litres d'eau. Les chiffres liées à cette eau virtuelle dont parle Yann Arthus Bertrand dans son dernier documentaire "La soif du Monde" sont juste effarants. Nos besoins en eau ne cessent de croitre. Nos modes de vie, de consommation, de transports ou de loisirs amènent des besoins qui dépassent largement ce que la nature peut nous offrir. Aujourd'hui 1 milliard d'humains n'ont pas accès à l'eau potable. L'eau manque encore pour se nourrir. L'eau polluée est rejetée à 90 % sans traitement dans la nature. L'eau contaminée tuent chaque jour plus de 4000 enfants. L'eau est aussi à l'origine de conflits dans de nombreux pays (une guerre de 30 ans au Soudan du Sud). Et selon l'OCDE 40 % de la population mondiale est appelée à vivre dans des "bassins hydrographiques soumis à un stress hydrique élevé". Nos eaux souterraines sont aussi polluées et la France est particulièrement touchée. Nous devons regarder les choses en face, il existe des solutions !

la soif du monde film yann arthus bertrand eau

Quelques indicateurs de calcul de la consommation de l'eau virtuelle d'une famille européenne de 4 personnes (140 000 litres d'eau par semaine ) ! :

  • 3 litres d'eau nécessaires pour obtenir 1litre et demi d'eau minérale
  • 40 litres pour faire pousser une salade
  • 140 litres pour boire une seule tasse de café
  • 185 litres pour 1 kilo de tomates
  • 330 litres pour 1 baguette de pain
  • 960 litres pour 1 bouteille de vin
  • 1000 litres pour 1 kilo de pommes
  • 1100 litres pour 1 litre de lait
  • 1900 litres pour 1 kilo de pâtes
  • 3400 litres pour 1 kilo de riz
  • 11000 litres pour 1 jean
  • 15000 litres pour 1 kilo de boeuf



A méditer : "on est deux milliards sur terre à vivre comme nous (avec l’eau potable et à l’assainissement). Et les quatre autres milliards veulent vivre comme nous" (Yann Arthus Bertrand)
La soif du Monde, diffusé sur France 2 le mardi 20 mars à 20h35. Accessible gratuitement sur internet après sa diffusion. Durée 130 minutes. A partager sans modération !
Réalisé sur un budget de 800 000 euros grâce au soutien de France Télévision, l’Agence Française de Développement et le Forum mondial de l’eau. Hope Productions, de Yann Arthus-Bertrand

Pour aller plus loin : http://www.slate.fr/story/51315/eau-pluie-potable

Désormais on tolère plus de pesticides dans l'eau du robinet

Dans l'eau de notre robinet se cachent des substances peu désirables : mal éliminées par les stations d'épuration, hormones, polluants, pesticides se retrouvent dans nos verres. La pollution se propage ensuite dans notre corps, avec un effet d'accumulation. Nous sommes 67 % à boire l'eau du robinet au moins une fois par semaine en France. La qualité de cette eau est donc essentielle à la population, d'autant que le recours aux bouteilles d'eau n'est pas une solution écologique. Dernièrement le "Ministère de la Santé a rendu plus facile la distribution d’eau polluée par des pesticides au-delà de la limite de qualité", selon le Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures.

eau du robinet

Avant on interdisait de boire ou d'utiliser l'eau du robinet pour la préparation des repas, si la pollution au pesticide représentait plus de 20 % de la valeur repère (V Max définie par l'OMS) ou "si la teneur en pesticides dépassait ne serait qu’un jour cette V Max…toujours largement supérieure au 0.1 μg/L de la limité dite ‘de qualité" (Avis du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France 7 juillet 1998). Aujourd'hui la tolérance a été augmentée (cf publication au BO février 2011 d'une instruction de la direction Générale de la santé du 09.12.10, passée inaperçue : http://www.sante.gouv.fr/fichiers/bo/2011/11-01/ste_20110001_0100_0131.pdf) : désormais il faudra attendre d'avoir 100% V Max pour que la restriction d'eau s'impose, sans tenir compte de la durée de l'exposition. Concrètement ça change quoi ? On va tolérer dans de nombreuses communes des taux 5 fois plus importants de pesticides avant de réagir par une restriction d'eau ! Le folpet, classé cancérigène probable aux USA, est toléré désormais en France jusqu'à 300 ug/L d'eau pendant un mois, depuis décembre 2010 alors qu'avant il était interdit de dépasser60 ug/L ! Du coup, avec les seuils qui augmentent forcément les statistiques se trouveront mieux lotis : moins de personnes concernées par la présence excessive de pesticides,( vu qu'on tolère plus de pollution !)



Quels sont les impacts des pesticides dans l'eau ? Les pesticides peuvent provoquer entre autres des cancers de la prostate chez l’homme, des leucémies chez les enfants et atteindre leur cerveau (cf mon article : pesticides danger pour le cerveau des enfants), entre autres.

Pour en savoir plus sur l'impact sur la santé, voir mon article : Eau et cancer, quelle eau boire ?

Les boissons bio se vendent mal en grandes surfaces

Dans les linéaires des hypermarchés les boissons bio se font de plus en plus présentes, sauf que les ventes ne suivent pas : seulement 1.9 % du chiffre d'affaires des produits de grande consommation ( source SymphoyIRI), pour un marché estimé à 120 millions d'euros. Derrière cette moyenne se cachent des écarts importants : si le lait bio séduit (10 % du marché), les cidres et jus de fruits connaisse une légère(4%) et à la traine les sirops, eaux gazeuses et bières (0.1 %). L'arrivée de l'eau de bouteille bio (Bio kristall) va t'elle représenter un nouveau souffle dans ce rayon liquide bio ? A moins que les rayons se remplissent de produits locaux utilisant de bons ingrédients bio tels que la bionade, le Breizh cola stévia, des cocktails un peu particulier à base d'eau florale (floradrink's) et pourquoi pas aussi des distributeurs de lait cru bio ? .



Source : numéro de mai Rayons Boissons

Bio kristall eau minérale en bouteille qui se dit bio

Depuis février 2010 en rayon des eaux minérales des hypermarchés de Bavière on trouve une bouteille d'eau en verre qui se dit bio. La Bio Kristall est produite par le petit brasseur Lammsbräu qui ose défier les géants de l'embouteillage, tels que Danone ( marques Evian et Volvic) ou Nestlé (marques Vittel, San Pellegrino, Perrier ...). Il faut dire que le marché Allemand est juteux : chaque Allemand a consommé l'an passé 131 litres d'eau minérale (selon la Fédération des sources minérales allemandes). La mention bio peut elle s'apposer sur une bouteille d'eau minérale ? Non répond le tribunal interpelé par la centrale allemande des consommateurs. Mais l'affaire est en appel et d'ici là les bouteilles d'eau minérale bio continuent de se vendre ! Il faut dire aussi qu'avec les évènements au Japon (catastrophe nucléaire) qui rendent l'eau potable impropre, la connaissance que nous avons de la pollution par pesticides qui s'infiltrent dans les nappes souterraines, et le scandale du bisphénol A récemment dénoncé, la question de la pureté de l'eau interroge le consommateur. Le débat est relancé entre l'eau du robinet et l'eau en bouteille, cf mon article précédent : Eau et cancer, quelle eau boire ?

bio kristall eau minérale bio

http://www.biokristall.de

Il nage 900 kms en solo dans la loire pour sensibiliser à l'eau

L'eau est un bien précieux à préserver durablement. Pour le rappeler un angevin, Fabien Docet, se lance dans un défi sportif. Il va parcourir 900 kms à la nage dans la Loire, en solo (de Langeac dans l’Allier début mai à St Nazaire mi juin). La loire est le dernier fleuve sauvage d'Europe, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Ses écosystèmes et sa biodiversité sont sans cesse menacés. Par son geste, l'homme aux saumons va attirer l'attention du public et notamment des enfants pour que ce patrimoine rare, exceptionnel soit préservé. Un film sera d'ailleurs réalisé par la société Jeudi 15 production. Il racontera l'aventure au quotidien mais surtout mettra l'accent sur les enjeux et la fragilité de ce milieu.


Crédit photo : blog de Fabien Doucet

A la base, Fabien Docet est architecte d'intérieur. Cet aventurier a déjà à son actif une escapade dans le grand nord où il a cheminé un an sans assistance par des températures extrêmes (-60 °C).

http://www.aventure-allierloireocean.com/accueil.html

Journée de l'eau : la mer est une poubelle !

À l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau, Ocean Conservancy publie les résultats de la récolte de déchets en mer : près de 4 000 tonnes de déchets ont été ramassées sur les océans, les côtes et les voies navigables (3 999 590 kgs pour être exact…), par 615 407 personnes dans 114 pays et régions en une seule journée. La mer est une poubelle !

la mer est une poubelle déchets en mer

Voir l'infographie sur éclairage public

Quelques chiffres de cette "récolte" qui nous laissent sans voix :

  • 1 893 526 mégots de cigarettes
  • 1 094 921 bouteilles plastique
  • 980 067 sacs plastique
  • 882 936 capsules et couvercles
  • 853 633 emballages alimentaires
  • 524 853 bols assiettes couverts
  • 440 756 bouteilles en verre
  • 433 376 pailles et touillettes
  • 429 167 canettes
  • 300 031 sacs papier
  • 241 896 cordages
  • 140 856 fume-cigares
  • 136 956 paquets et papiers cigarettes
  • 108 322 matériaux de construction
  • 101 830 jouets
  • 92 412 fils à pêches
  • 77 434 opercules canettes
  • 65 872 bouteilles de javel
  • 56 477 briquets
  • 55 350 couches
  • 49 970 bouées flotteurs
  • 48 541 bidons huile

mais aussi des rubans adhésifs, des filets, des portes canettes, des cartouches de fusils, des préservatifs, des tampons hygiéniques, des ampoules, des batteries, des pneus, des seringues, de l'électroménager, ...

Arrêtons de polluer la mer ! Sinon gare aux retours !! Nous n'avons qu'une planète, il nous faut en prendre soin

Levis sort son jean waterless

On savait que le Jean nécessitait beaucoup d'eau en amont pour la culture du coton (de 7000 à 29000 litres d’eau pour 1 kilo de coton, dans des pays déjà en pénurie d'eau) mais on évoquait peu les traitements d'ennoblissement pour déteindre les tissus, qui consomment également des litres d'eau. Chez Levis, l'engagement a été de réduire cette consommation d'eau pour le processus de finition. Ce n'est plus 42 litres désormais nécessaires, mais 28 % de moins, voir même 96 % sur certains produits. Les designers ont trouvé la solution en ajoutant des pierres dans la machine à laver sans eau lors des cycles de lavages et en réduisant aussi le nombre de ces cycles de lavage (3 à 10 cycles en moyenne sur un modèle classique).

jean levis water less

La nouvelle collection de Jeans Levis produits avec moins d'eau sera disponible en janvier 2011 en boutique, sur la base d'une douzaine de modèles (Levi's 50, 511, 514 et la veste Levi's camionneur, soit plus de 1.5 millions d'unités de Jeans pour 2011, pour une économie d'eau totale de 16 millions de litres d'eau

Il restera à travailler en amont sur la culture de la matière première pour qu'elle soit moins gourmandes en eau et en pesticides, sur les traitements d'ennoblissement pour éviter les rejets dans les cours d'eau, et en aval sur le consommateur pour qu'il lave son jean avec une lessive écologique biodégradable. Le conseil irait même selon Levis à demander à l'utilisateur d'espacer les lavages, pour passer à une machine de jean tous les 15 jours, et ainsi la société pourrait expliquer un gain de 80 millions de litres d'eau économisée.

Mais si avant de culpabiliser le consommateur on se posait la question de l'approvisionnement, de la culture de la matière première, des pollutions de l'environnement dans ces zones et aussi des conditions de travail des salariés (cf mon article précédent sur Jean Le salaire de la mort en Turquie)

empreinte écologique d'un jean
Lire d'autres articles sur aboneobio sur la fabrication du jean, sur le cycle de vie d'un jean, sur le recyclage du jean, sur la consommation de matières premières pour fabriquer un jean, sur l'arrivée des jeans bio chez les fabricants, sur le parcours de nos vêtements fabriqués à l'étranger, sur la réduction de la consommation d'eau ...:

++ Jean le salaire de la mort en Turquie ++ Jean, l'incontournable se met au bio
++ Enceinte, faites recycler votre jean par un atelier de confection
++ Les dessous de la lingerie, pas très écolo !
++ Le parcours d'un pull en cachemire, vous avez dit développement durable ?
++ Jean propre ?
++ Les étudiants américains reçoivent leur diplome avec des toges écolos ++ La fashionista devient récessionista
++ Pourquoi choisir du coton biologique ?
++ Réduire sa consommation d'eau sous la douche
++ Green Touch au salon Tissu Premier à Lille en septembre
++ Textile en bambou : fausse idée écologique ?
++ Traces de résidus chimiques dans les tee-shirts pour enfants
++ Mulliez, la fibre écologique et citoyenne pour les vêtements professionnels
++ Choisir un pressing écologique pour ses vêtements ?
++ Bio Tissus pour acheter du tissu bio et équitable sur internet
++ Ethical fashion 2009 la mode éthique à Paris
++ Résolutions écolos en 2010
++ S'habiller slow wear : des vêtements sobres, bio et pour durer
++ Le budget textile est en baisse : deux fois moins que dans les années 60 !

Une bouteille d'eau écolo fabriquée à base de plantes

Les bouteilles en plastique sont pratiques mais pas écolos. En France nous en rejetons plus 10 milliards par an, soit 1.140 millions de bouteilles d'eau par heure dont la moitié n'est pas recyclée mais enfouie. Sous terre la bouteille de plastique mettra 600 ans à se désagréger. Un inventeur a trouvé la solution avec une bouteille d'eau bio source, fabriquée avec du végétal non OGM. Pascal Bastien de Végétal et Mineral Water a collaboré avec le laboratoire GRESPI de l'ESIEC (Ecole supérieur des ingénieurs spécialistes en emballage) pour sortir des prototypes de bouteilles d'eau créées à partir de granules polylactide issus du maïs (non consommable) et de pomme de terre pour le bouchon. Sa bouteille est solide, transparente, légère et souple et présente l'avantage de disparaitre dans la nature en 12 mois sans polluer la planète.

bouteille d'eau en plastique bio PLA
A voir la présentation de la démarche dans le reportage de Sophie Accarias pour l'émission Naturbis


bouteille d'eau en plastique bio

Il existe d'autres bouteilles en bio plastique dans le monde, (comme Belu au Royaume Uni), essentiellement fabriquées Cargill mais à base de maïs OGM. Une collaboration est en place en France avec la ville thermale de Bourbonne-les-Bains (en Haute-Marne) pour la création d'une unité de fabrication de ces bouteilles avec 5 millions d'exemplaires en 2012.

Cette bouteille en plastique bio est elle la solution ?
The Guardian avait publié un article au sujet des sacs en bio plastique à base de PLA (acide polyactic qui ressemble au PET polyéthylène téréphtalate , équivalent du plastique) indiquant que les bio plastiques polluent. Selon l'étude citée les sacs à base de base de maïs, de blé ou de canne à sucre, augmenteraient les émissions de GES (Gaz à effet de serre), car ils nécessitent des températures plus élevées pour se décomposer et libèrent au passage du méthane, un gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. En est il de même avec ces bouteilles d'eau en bio plastique ?

Lire d'autres articles sur aboneobio, le blog du bio sur la consommation durable, sur les bouteilles d'eau en plastique, la fabrication du plastique bio PLA, sur l'impact du plastique sur notre environnement, sur le choix du consommateur à boire de l'eau en bouteille ou de l'eau du robinet, ....

++ eau et cancer : quelle eau faut il boire ?
++ A Bundanoon, plus de bouteilles d'eau
++ Bouteilles ou cups et gobelets écolos made in USA
++ La malédiction du plastique
++ Les bio plastiques polluent ! ++ Coca cola pompe l'eau aux paysans indiens
++ Une machine à dessaler l'eau de mer se prépare à Cholet
++ Récupérer l'eau de pluie
++ Nos eaux usées n'arrivent pas à éliminer les micropolluants
++ L'eau c'est la vie !
++ Réduire sa consommation d'eau sous la douche
++ Cradle to cradle : déchets = nourriture
++ Recycler les emballages en PET c'est gagnant !
++ L'eau est essentielle : bien s'hydrater avec 1 litre et demi d'eau par jour
++ Sigg : la gourde tendance écologique

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