berges-saines-seine05.jpgLa mauvaise qualité de notre eau et de notre environnement n’est pas toujours le fait d’industriels qui contaminent sols et rivières. Preuve en sont les déchets les plus communément retrouvés sur les berges de nos cours d’eau et qui sont le fait de dépôt sauvage ou d’inconscience.

Depuis quelques années de nombreuses opérations de nettoyages, comme les Initiatives Océanes de l’Association SurfRider Europe, ou Nettoyons la Nature du “mouvement Leclerc” (du nom des enseignes de grande distribution). La dernière née de ces initiatives n’est pas la moins remarquable : Berges Saines, pilotée par l’association La Seine en Partage, mobilise près de 300 communes le long des rives de la Seine. C’est alors aux mairies de fédérer leurs habitants pour se ré-approprier leur territoire en le débarrassant des déchets apportés par le fleuve.

Le bilan de l'année 2015

Organisée du 9 au 12 avril dernier, « Berges Saines » est une opération à la fois écocitoyenne, pédagogique et festive. Il s’agit toujours de volontaires, mobilisés le temps d’une demi-journée à oeuvrer ensemble, et souvent ravis d’agir pour la protection de la nature, la sauvegarde de tout l’écosystème et la mise en valeur de leurs paysages. Les enfants sont souvent de la partie, et peuvent comprendre la signification de geste quotidien (pourquoi on jette dans une poubelle) en découvrant la nature. En effet, les berges de Seine, comme tout milieu humide est un trésor de biodiversité. Selon les organisateurs « un enfant qui a participé à « Berges Saines » deviendra un adulte plus responsable ». berges-saines-seine02.jpg

Entretien avec Pascale Dugat, déléguée générale et porte-parole de l’association La Seine en Partage.

Abonéobio :Qui est à l’origine de l’opération Berges Saines ?

berges-saines-seine04.jpgNotre association, « La Seine en Partage », regroupe depuis 2001 un grand nombre de communes riveraines de la Seine avec comme vocation de valoriser tous les atouts que notre fleuve peut apporter à nos régions. Nous travaillons donc pour le développement du transport fluvial et du tourisme fluvial, l’aménagement des berges, la lutte contre les inondations, la protection de l’écosystème, une meilleure qualité de l’eau, etc. Ce sont des maires adhérents de notre association qui nous ont dit un jour qu’il fallait absolument faire quelque chose pour refaire des berges les lieux de promenade et de convivialité qu’elles avaient toujours été et donc qu’il fallait les nettoyer de tous les déchets que des inconscients y déposaient. Les riverains en avaient assez que certains considèrent la Seine comme un égout à ciel ouvert et ses berges comme des décharges publiques. Et comme nous savions que ni l’Etat, ni les Régions, ni les Départements n’avaient les moyens de faire ce nettoyage, nous avons eu l’idée de lancer un appel à la mobilisation des riverains eux-mêmes pour qu’ils prennent leur courage à deux mains, relèvent leurs manches et fassent eux-mêmes un grand nettoyage de printemps une fois par an. C’était en 2012 et c’était la première opération « Berges Saines »

A :Quel a été l’accueil des mairies à l’exposition de ce projet ? Certaines ont-elles été plus difficiles à convaincre ou au contraire emballées par l’idée ?

Tous les maires ont été emballés. C’était pour eux une merveilleuse occasion d’organiser une manifestation sympathique, chaleureuse, à un moment où tous les riverains prennent conscience des dangers de toutes les pollutions, comprennent que l’eau est un bien plus précieux que tout et veulent se réapproprier leurs berges avec, en plus, un désir de faire quelque chose par eux-mêmes.

A :Les initiatives Océanes investissent désormais les terres avec des opérations sur les berges des rivières, voire des canaux comme à Paris le nettoyage du Canal St Martin. Estimez-vous qu’ils sont des concurrents pour une manifestation comme Berges Saines ?

Au contraire! Plus il y aura d’initiatives pour lutter contre toutes les formes de pollution et mieux cela sera pour tout le monde. La sauvegarde de l’environnement, de l’écosystème est « le » combat que nous devrions tous mener. Il s’agit, je vous le rappelle, de la sauvegarde de notre planète.

A :Sur ces 4 ans, quels ont été les déchets les plus improbables retrouvés par nos concitoyens ?

A part les voitures, les motos, les réfrigérateurs et les vieux matelas retrouvés en masse, le plus improbable a été un coffret à bijoux retrouvé à St Pierre-du-Vauvray, dans l’Eure. Certes, il ne s’agissait pas de joyaux de très grande valeur mais nous nous sommes tous demandés pourquoi et comment ces bagues, bracelets et colliers dans ce joli petit coffret avaient été jetés dans la Seine. Il devait y avoir une histoire d’amour là-dessous. La gendarmerie à laquelle, bien sûr, nous avons remis le coffret devait faire une enquête. Nous n’en avons pas encore les résultats…

A : Quel est votre constat sur ces dernières années ? Plus ou moins de déchets à périmètre constant ?

-L’opération couvre plus de 300 kilomètres de berges et notre « récolte » annuelle oscille entre 50 et 200 tonnes de déchets. Mais ce qui est intéressant c’est que les maires qui participent depuis l’origine à l’opération ont tous remarqué qu’il y avait, au fil des ans, de moins en moins de déchets sur leurs berges, comme si « Berges Saines » donnait mauvaise conscience aux… inconscients. « Berges Saines » est évidemment la meilleure opération de sensibilisation qu’on puisse imaginer pour la protection de l’environnement car c’est une opération pleinement « participative » et qui, en plus, permet souvent à des riverains de la même communes de se rencontrer et de faire connaissance.

A : Ne pensez-vous pas qu’il devrait y avoir plus de poubelles, cendriers, lieux pour les déchets des animaux dans nos villes ?

Bien sûr. Mais beaucoup de communes ont déjà fait beaucoup d’efforts avec des déchetteries, du tri sélectif, des distributeurs de sacs pour les déjections canines, etc. On se demande pourquoi des gens vont jeter un vieux matelas ou une bicyclette rouillée dans la Seine pou sur les berges alors qu’il y a souvent, plus près de chez eux, une déchetterie. C’est une question d’information, de formation, d’éducation. Mais il faudrait, peut-être aussi, en venir à sanctionner ces gens-là comme la loi le prévoit.

A : Que pensez-vous de l’initiative de San Francisco qui interdit notamment les bouteilles plastiques et les remplace par des fontaines à eau ?

C’est une excellente idée. Nous récoltons, chaque année, au cours de la journée « Berges Saines », nous ramassons 30 tonnes de bouteilles plastiques abandonnées sur les berges. Et je vous rappelle qu’il faut… 1.000 ans pour qu’une bouteille plastique disparaisse dans la nature. Les sacs plastiques vont déjà être interdits chez nous. C’est bien.

Pour le moment, pas encore de date pour l'édition 2016, mais n'hésitez pas à vous renseigner auprès de votre mairie, si vous habitez le long de la Seine... Ou de participer aux opérations de nettoyage des plages cet été!

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On a participé à Berges Saines 2015!

Prôner le bio sans en être soi-même convaincu ne serait pas vraiment honnête, alors abonéobio participe dès que l'occasion nous est donnée.

Ainsi, j’ai rejoint les équipes de volontaires de ma ville : 40 pour 12.000 habitants, le chiffre ne fait pas vraiment rêver.

Cependant, j’ai été agréablement surprise de voir que l’opération était plébiscité par toutes les tranches d’âge. De nombreux couples ou parents avaient fait l’impasse sur un dimanche de farniente au soleil pour venir avec leurs enfants participer à cette manifestation citoyenne. L’ambiance était joyeuse malgré les tonnes de déchets disparates retrouvés! La perspective d’avoir fait une bonne et belle action pour la planète et pour sa ville prime sur tout le reste.

Au vu des nombreux baton de coton-tige, je me rappelle alors ce spot de l’ADEME “Déchets, l’important c’est de ne pas participé”, et je suis effarée de penser qu’en 2015 des gens jettent toujours ceux-ci n’importe comment!

Au terme de notre après-midi, tous autant que nous sommes avons ramassé pas moins de 750 kilos de déchets, selon le coordinateur. Je tiens a adresser une pensée aux services techniques de la ville, mobilisés un dimanche pour collecter les nombreux sacs remplis des déchets ramassés le jour même aux 4 coins de la ville.

Une belle action collective qui doit se poursuivre au fil des ans pour profiter d’une Seine propre et de berges agréables pour les promenades.

http://www.yvelines1.com/le-journal/journal-lundi-14-avril-2015/