Abonéobio : Le blog du bio

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Lundi 26 septembre 2016

Mot-clé - initiative

Fil des billets - Fil des commentaires

Adieu veau, vache, cochon… Perrette est vegan et consulte VegoResto.fr !

jevousregale.pngC’est un véritable sujet de société dans un pays qui revendique internationalement sa gastronomie faite de viandes, de charcuteries et de fromages. Même si cela fait encore peur dans certains foyers à en croire cet article du monde du 5 mai dernier, le végétarisme n’est pourtant plus un tabou en France. Grâce au développement des réseaux sociaux et des forums, les jeunes (principalement) n’hésitent plus à s’informer et exclure de leur alimentation les produits issus des animaux. Les raisons sont multiples :selon un sondage réalisé pour Terra Eco, 75% des végétariens interrogés le sont pour ne pas faire souffrir les animaux, 67% veulent aussi consommer de façon responsable et protéger l’environnement, et 53% pensent à des questions de santé.

Le casse-tête du choix d’un restaurant

Pourtant la vie sociale des vegan n’est pas un long fleuve tranquille, entre ceux qui remettent en cause leurs choix alimentaires, pas toujours de manière subtile, et la difficulté de trouver des restaurants qui proposent une alternative aux protéines d’origine animale. Virginie, commerciale chez Comptoir des Lys, très impliquée contre la souffrance animale, nous confiait “quand on n’a pas la chance d’être dans une grande ville avec des restaurants végan, il faut parfois se rabattre sur la fameuse assiette salade-frite-salade de fruit, que l’on trouve à peu près partout... mais qui n’est pas très équilibrée. On peut aussi trouver des restaurateurs, ouverts et curieux, qui feront des efforts pour adapter leur carte si on leur demande simplement, avec un sourire.” vegetalien_0005.jpg Selon la même étude, 56% des végétariens affirment qu’ils ont du mal à se nourrir selon leur choix en France, notamment dans les restaurants et les snacks. “Heureusement, lors de sorties, mes amis se renseignent souvent avant, pour savoir si je pourrais manger dans un restaurant. Et quand ce n’est pas le cas, il y a moyen de s’adapter : une pizza végétarienne ou quatre-saison sans fromage, par exemple. Mais c’est dur dans un restaurant traditionnel, de trouver un plat sans adaptation.

La charte VegOresto : pour sensibiliser les restaurateurs

vegoresto_logo.png Depuis janvier dernier, l’association de protection animale L214 est à l’origine de l'initiative vegoResto.fr qui répertorie les restaurants proposant une offre végétale, en allant au devant des restaurants pour les sensibiliser à la cuisine végan. Nous avons pu échanger avec Christian Lavert, porte-parole et référent VegOresto en région Est, pour en savoir plus.

Aboneobio : Combien de restaurateurs ont été touchés par la démarche et signé la charte VegOresto?

L'association L214 a lancé cette initiative VegOresto il y a moins de 6 mois et nous avons déjà 86 restaurants qui ont signé la charte et se sont engagés à proposer une formule végétalienne dans leur carte. Parmi eux, une cinquantaine sont végétaliens ou végétariens, mais l'action de VegOresto est surtout dirigée vers les restaurants "traditionnels”, afin de les inciter à mettre au moins un menu végétalien à la carte. Nous en avons déjà 36 qui ont signé la charte et nous continuons d’en répertorier de nouveaux régulièrement.

Aboneobio :Quelle est la plus grande difficulté pour convaincre les restaurateurs de signer la charte VegOresto?

Si certains n'ont pas vraiment conscience du potentiel que représente la clientèle intéressée par des menus végétaliens, c'est quand même le changement d'habitudes culinaires qui peut faire peur à d'autres. Notre rôle est de les rassurer en leur montrant la richesse de la cuisine végétale et le fait que celle-ci est disponible pour tout le monde, que l'on soit omnivore, végétarien ou végétalien. Certains restaurateurs l'ont compris d'eux-mêmes et nous contactent spontanément, attirés par la démarche ou pour satisfaire une demande de leur clientèle. Paradoxalement, c'est dans une grande ville comme Paris, où l’offre végétarienne ou végétalienne existe, qu'il est plus difficile de “convertir” des restaurateurs, qui n’auront pas de mal à remplir leur salle avec leur offre actuelle.

Aboneobio :Entre les scandales sur le fait-maison et les ferme-usines, les consommateurs sont de plus en plus informés et de plus en plus exigeants. Est-ce que les restaurants s'intéressent à VegOresto pour répondre à une demande, par "exotisme", ou par éthique personnelle et intérêt pour une nouvelle façon de cuisiner (plus saine, plus variée, plus inventive)?

Il y a un peu de tout ça, et pour certains, c’est les trois. Comme je le disais précédemment, certains restaurateurs nous contactent pour être référencés, car ils savent que la cuisine vegan répond à une demande de la part des clients végétaliens. Certains proposent déjà un menu végétarien, ce qui ne convient pas aux végétaliens, et souhaite se faciliter le travail en cuisine en proposant directement un menu végétalien. Il y a aussi le coté éthique : certains restaurateurs veulent proposer des plats à la fois de qualité et sans cruauté, car ils sont aussi, comme nombre de français, sensibles à la souffrance animale. La communication croissante autour du veganisme, que ce soit les émissions télé, les articles de presse ou le travail des associations de défense des animaux, ont permis de mieux faire connaître l’éthique animale et c’est désormais plus facile d’aborder la question de la cuisine végétale avec les restaurateurs.

Aboneobio :De manière caricaturale, est-ce que les restaurateurs considèrent que la salade-tomate-concombre c'est vegan, et peuvent prétendre à être référencés sur VegOresto.fr?

vegoresto-acoustic-gisselman.jpeg Oui, mais c'est quand même très rare ! Mais, finalement, comme le but est de sensibiliser, on ne va pas refuser de répertorier un restaurant qui adopte la démarche… Nous insistons surtout sur le fait que l'engagement du restaurateur est de proposer au minimum une offre végétale sur un repas complet : entrée-plat-dessert, et nous pouvons le conseiller pour faire évoluer le basique en un plat plus élaboré. A vrai dire, entrée et plat principal ne posent pas trop de problèmes. Les restaurateurs rencontrent plus de difficultés pour proposer des desserts vegan; VegOresto est aussi là pour les aider, leurs donner des conseils.

Aboneobio :On a beaucoup parlé du label “fait maison” pour dénoncer les arnaques de certains restaurateurs, est-ce que vous pensez que les industriels peuvent, et vont, aussi proposer une offre vegan pour les restaurateurs?

Pour le moment ce n’est pas le cas, mais effectivement cela pourrait le devenir. Actuellement,VegOresto est dans une démarche positive, de sensibilisation; on ne se focalise pas sur le sujet fait-maison ou pas. Si les industriels développaient une offre vegan, cela serait un signal très fort pour montrer que le veganisme se généralise. Cela peut être une bonne chose mais ce sera alors au surtout au client de faire attention, comme ça l’est actuellement, à la qualité de ce qui est proposé par le restaurateur. Sur le site VegOresto les clients peuvent aussi émettre des avis et noter chacun des restaurants qu'ils visitent.

Aboneobio : Une astuce pour nos lecteurs qui voudraient proposer une alternative vegan à leurs convives?

Comme je vous le disais, le salé ne pose pas trop de problèmes, pour débuter il suffit d’enlever le fromage sur une pizza ou remplacer la viande par du tofu fumé par exemple. Par contre, les desserts peuvent être un peu plus compliqués à cuisiner. On conseille souvent de commencer par une recette simple, par exemple une mousse au chocolat où les œufs sont remplacés par du tofu soyeux ou du jus de pois chiches.

Aboneobio : A titre personnel, pouvez vous nous donnez l’adresse d’un restaurant que vous appréciez particulièrement ?

l-acoustic.jpgC’est difficile, car l’association fonctionne avec des référents dans plusieurs régions, mais pour ma région actuelle, l'Alsace, je peux vous conseiller le restaurant l’Acoustic à Sélestat. C’est un restaurant végétarien et végétalien, mais aussi certifié 100% bio, un engagement très fort. A la fin 2014, on ne comptait qu'une soixantaine de restaurants dans toute la France qui soient certifiés bio. André Gisselmann, le restaurateur, a débuté avec une cuisine bio et végétarienne par souci de respect de l'environnement et de la santé. Il a évolué vers le végétalisme grâce à sa rencontre avec L214 et après avoir accueilli un repas VegOresto !

Pour convaincre à la fois les consommateurs, mais aussi les restaurateurs de l’intérêt de la cuisine végan, les référents régionaux de VegoResto organisent régulièrement des repas de groupe sur le thème “100% végétal”. L’idée est de “privatiser” un restaurant, qui n’a pas forcément signé la charte VegoResto pour une soirée avec pour contrepartie que le restaurateur propose un menu tout vegan. Le temps d’un dîner, les convives mais aussi le restaurateur et ses collaborateurs peuvent découvrir la cuisine végan. VegoResto s’occupe de mobiliser les consommateurs, de communiquer autour de l’événement, d’en faire un succès pour tout le monde, puis de dresser le bilan. Le happy-end, c’est que les restaurateurs acceptent dans la majorité des cas de signer la charte VegoResto pas la suite, convaincus par les possibilités gastronomiques et commerciales, à défaut de devenir vegan eux-même!

Le site VegoResto est régulièrement mis à jour, vous pouvez trouver les informations concernant les prochaines soirées, partout en France à cette adresse http://vegoresto.fr/repas/ ou sur la page facebook de l’association https://www.facebook.com/vegoresto

Pour Virginie, l’initiative VegOresto est un vrai gage de confiance, “je sais que les restaurants répertoriés répondront à ma demande sans avoir à faire une réservation plusieurs jours à l’avance ou motiver le changement de plat auprès du cuisinier.” Et comme 59% des végétariens jugent que leur vie sociale pâtit de leur régime alimentaire, à cause de réflexions désobligeantes ou de la difficulté à sortir entre amis, VegOresto.fr est finalement une solution qui devrait satisfaire beaucoup de monde!

Berges Saines : une initiative citoyenne pour nettoyer les rives de Seine

berges-saines-seine05.jpgLa mauvaise qualité de notre eau et de notre environnement n’est pas toujours le fait d’industriels qui contaminent sols et rivières. Preuve en sont les déchets les plus communément retrouvés sur les berges de nos cours d’eau et qui sont le fait de dépôt sauvage ou d’inconscience.

Depuis quelques années de nombreuses opérations de nettoyages, comme les Initiatives Océanes de l’Association SurfRider Europe, ou Nettoyons la Nature du “mouvement Leclerc” (du nom des enseignes de grande distribution). La dernière née de ces initiatives n’est pas la moins remarquable : Berges Saines, pilotée par l’association La Seine en Partage, mobilise près de 300 communes le long des rives de la Seine. C’est alors aux mairies de fédérer leurs habitants pour se ré-approprier leur territoire en le débarrassant des déchets apportés par le fleuve.

Le bilan de l'année 2015

Organisée du 9 au 12 avril dernier, « Berges Saines » est une opération à la fois écocitoyenne, pédagogique et festive. Il s’agit toujours de volontaires, mobilisés le temps d’une demi-journée à oeuvrer ensemble, et souvent ravis d’agir pour la protection de la nature, la sauvegarde de tout l’écosystème et la mise en valeur de leurs paysages. Les enfants sont souvent de la partie, et peuvent comprendre la signification de geste quotidien (pourquoi on jette dans une poubelle) en découvrant la nature. En effet, les berges de Seine, comme tout milieu humide est un trésor de biodiversité. Selon les organisateurs « un enfant qui a participé à « Berges Saines » deviendra un adulte plus responsable ». berges-saines-seine02.jpg

Entretien avec Pascale Dugat, déléguée générale et porte-parole de l’association La Seine en Partage.

Abonéobio :Qui est à l’origine de l’opération Berges Saines ?

berges-saines-seine04.jpgNotre association, « La Seine en Partage », regroupe depuis 2001 un grand nombre de communes riveraines de la Seine avec comme vocation de valoriser tous les atouts que notre fleuve peut apporter à nos régions. Nous travaillons donc pour le développement du transport fluvial et du tourisme fluvial, l’aménagement des berges, la lutte contre les inondations, la protection de l’écosystème, une meilleure qualité de l’eau, etc. Ce sont des maires adhérents de notre association qui nous ont dit un jour qu’il fallait absolument faire quelque chose pour refaire des berges les lieux de promenade et de convivialité qu’elles avaient toujours été et donc qu’il fallait les nettoyer de tous les déchets que des inconscients y déposaient. Les riverains en avaient assez que certains considèrent la Seine comme un égout à ciel ouvert et ses berges comme des décharges publiques. Et comme nous savions que ni l’Etat, ni les Régions, ni les Départements n’avaient les moyens de faire ce nettoyage, nous avons eu l’idée de lancer un appel à la mobilisation des riverains eux-mêmes pour qu’ils prennent leur courage à deux mains, relèvent leurs manches et fassent eux-mêmes un grand nettoyage de printemps une fois par an. C’était en 2012 et c’était la première opération « Berges Saines »

A :Quel a été l’accueil des mairies à l’exposition de ce projet ? Certaines ont-elles été plus difficiles à convaincre ou au contraire emballées par l’idée ?

Tous les maires ont été emballés. C’était pour eux une merveilleuse occasion d’organiser une manifestation sympathique, chaleureuse, à un moment où tous les riverains prennent conscience des dangers de toutes les pollutions, comprennent que l’eau est un bien plus précieux que tout et veulent se réapproprier leurs berges avec, en plus, un désir de faire quelque chose par eux-mêmes.

A :Les initiatives Océanes investissent désormais les terres avec des opérations sur les berges des rivières, voire des canaux comme à Paris le nettoyage du Canal St Martin. Estimez-vous qu’ils sont des concurrents pour une manifestation comme Berges Saines ?

Au contraire! Plus il y aura d’initiatives pour lutter contre toutes les formes de pollution et mieux cela sera pour tout le monde. La sauvegarde de l’environnement, de l’écosystème est « le » combat que nous devrions tous mener. Il s’agit, je vous le rappelle, de la sauvegarde de notre planète.

A :Sur ces 4 ans, quels ont été les déchets les plus improbables retrouvés par nos concitoyens ?

A part les voitures, les motos, les réfrigérateurs et les vieux matelas retrouvés en masse, le plus improbable a été un coffret à bijoux retrouvé à St Pierre-du-Vauvray, dans l’Eure. Certes, il ne s’agissait pas de joyaux de très grande valeur mais nous nous sommes tous demandés pourquoi et comment ces bagues, bracelets et colliers dans ce joli petit coffret avaient été jetés dans la Seine. Il devait y avoir une histoire d’amour là-dessous. La gendarmerie à laquelle, bien sûr, nous avons remis le coffret devait faire une enquête. Nous n’en avons pas encore les résultats…

A : Quel est votre constat sur ces dernières années ? Plus ou moins de déchets à périmètre constant ?

-L’opération couvre plus de 300 kilomètres de berges et notre « récolte » annuelle oscille entre 50 et 200 tonnes de déchets. Mais ce qui est intéressant c’est que les maires qui participent depuis l’origine à l’opération ont tous remarqué qu’il y avait, au fil des ans, de moins en moins de déchets sur leurs berges, comme si « Berges Saines » donnait mauvaise conscience aux… inconscients. « Berges Saines » est évidemment la meilleure opération de sensibilisation qu’on puisse imaginer pour la protection de l’environnement car c’est une opération pleinement « participative » et qui, en plus, permet souvent à des riverains de la même communes de se rencontrer et de faire connaissance.

A : Ne pensez-vous pas qu’il devrait y avoir plus de poubelles, cendriers, lieux pour les déchets des animaux dans nos villes ?

Bien sûr. Mais beaucoup de communes ont déjà fait beaucoup d’efforts avec des déchetteries, du tri sélectif, des distributeurs de sacs pour les déjections canines, etc. On se demande pourquoi des gens vont jeter un vieux matelas ou une bicyclette rouillée dans la Seine pou sur les berges alors qu’il y a souvent, plus près de chez eux, une déchetterie. C’est une question d’information, de formation, d’éducation. Mais il faudrait, peut-être aussi, en venir à sanctionner ces gens-là comme la loi le prévoit.

A : Que pensez-vous de l’initiative de San Francisco qui interdit notamment les bouteilles plastiques et les remplace par des fontaines à eau ?

C’est une excellente idée. Nous récoltons, chaque année, au cours de la journée « Berges Saines », nous ramassons 30 tonnes de bouteilles plastiques abandonnées sur les berges. Et je vous rappelle qu’il faut… 1.000 ans pour qu’une bouteille plastique disparaisse dans la nature. Les sacs plastiques vont déjà être interdits chez nous. C’est bien.

Pour le moment, pas encore de date pour l'édition 2016, mais n'hésitez pas à vous renseigner auprès de votre mairie, si vous habitez le long de la Seine... Ou de participer aux opérations de nettoyage des plages cet été!

berges-saines-seine03.jpg

On a participé à Berges Saines 2015!

Prôner le bio sans en être soi-même convaincu ne serait pas vraiment honnête, alors abonéobio participe dès que l'occasion nous est donnée.

Ainsi, j’ai rejoint les équipes de volontaires de ma ville : 40 pour 12.000 habitants, le chiffre ne fait pas vraiment rêver.

Cependant, j’ai été agréablement surprise de voir que l’opération était plébiscité par toutes les tranches d’âge. De nombreux couples ou parents avaient fait l’impasse sur un dimanche de farniente au soleil pour venir avec leurs enfants participer à cette manifestation citoyenne. L’ambiance était joyeuse malgré les tonnes de déchets disparates retrouvés! La perspective d’avoir fait une bonne et belle action pour la planète et pour sa ville prime sur tout le reste.

Au vu des nombreux baton de coton-tige, je me rappelle alors ce spot de l’ADEME “Déchets, l’important c’est de ne pas participé”, et je suis effarée de penser qu’en 2015 des gens jettent toujours ceux-ci n’importe comment!

Au terme de notre après-midi, tous autant que nous sommes avons ramassé pas moins de 750 kilos de déchets, selon le coordinateur. Je tiens a adresser une pensée aux services techniques de la ville, mobilisés un dimanche pour collecter les nombreux sacs remplis des déchets ramassés le jour même aux 4 coins de la ville.

Une belle action collective qui doit se poursuivre au fil des ans pour profiter d’une Seine propre et de berges agréables pour les promenades.

http://www.yvelines1.com/le-journal/journal-lundi-14-avril-2015/

Annonces Abonéobio


Retrouvez Abonéobio
sur Google+