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Mardi 06 décembre 2016

Mot-clé - produits chimiques

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CLP : Comprendre le nouvel étiquetage de nos produits ménagers

Dans la jungle des labels

CLP_visuel2.JPGLes consommateurs sont déjà contraints de connaître de nombreux labels et leurs logos, notamment pour les produits ménagers. Certains sont la matérialisation d’une déclaration de cotisations obligatoires pour le tri des emballages comme le logo point vert, d’autres sont des prix décernés par un nombre restreint de consommateurs qui ont eu le privilège de tester le produit : élu produit de l’année , ou saveur de l'année et d’autres sont le reflet d’une loi imposer aux fabricants comme le logo triman.. A partir du 1er juin 2015, neuf nouveaux pictogrammes prévus par la nouvelle norme d’étiquetage imposée par l’Union Européenne, le règlement (CE) n° 1272/2008, dit règlement CLP. vont apparaitre sur nos emballages.

Qu’est ce que le CLP?

clp_logo.gifLe “CLP” est un acronyme pour Classification, Labelling, Packaging; soit la “classification, l’étiquetage et l’emballage” de tous produits contenant des substances ou des mélanges chimiques, en d’autres termes se sont les précautions d’emploi qui se trouvent sur le verso des étiquettes d’emballages de produits ménagers types, lessive liquide, liquide vaisselle, etc.... Pensé pour harmoniser et faciliter la compréhension des emballages, cette nouvelle réglementation européenne va, de prime abord, compliquer la lecture de nos étiquettes. En effet, les 4 pictogrammes que nous connaissions seront remplacés par 9 autres indiquant les dangers. De nouveaux mots et de nouvelles phrases standards vont également être inscrits en toute lettre au niveau des précautions d’emploi, tel que «DANGER» ou «ATTENTION».

Comprendre les pictogrammes affiche_clp.jpg Il y a pour le moment peu d'information destiné au grand public, malgré ce site de l'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), pensé comme un quizz pour mieux sensibiliser aux nouveaux pictogrammes. http://www.9pictos.com/



Ce qui va changer au 1er juin 2015

A partir de juin 2015, les fabricants devront appliquer ce nouveau règlement européen. Certains flacons de produits ménagers vont donc progressivement être remplacés par ceux portant les nouveaux pictogrammes, prévus par le CLP. Et, même les produits écologiques seront touchés par ce nouvel étiquetage.



CLP_visuel_EdL3.JPG'L’apparition des nouveaux logos peut être source de confusion pour les consommateurs qui n’auront pas, ou mal, été informés de la nouvelle réglementation sur les produits ménagers, nous précise Céline Herbaux, chef de produits chez Etamine du Lys . Leurs produits habituels vont porter des logos un peu affolants concernant le risque. Pour les produits ménagers bio, le consommateur attend de la sécurité. Nos formules, quand bien même écologiques et formulées à parti de base végétales, pour être efficaces doivent répondre aux mêmes règles universelles de la chimie : des produits acides pour les anticalcaires, et basiques pour les dégraissants. Par exemple, avec le CLP, tout produit qui n’est pas au pH des yeux (7,4) est considéré comme potentiellement irritant oculaire et se verra étiqueté d’un picto contenant un point d’exclamation encadré de rouge ”.

Si l’on devait faire des parallèles dans d’autres domaines tel que l’alimentaire ou les cosmétiques, où la réglementation n’est pas la même, le Coca-Cola, avec son pH de 2,5 (très acide), serait un puissant corrosif oculaire. Les gels douches, ou même le vinaigre, seraient classés irritants oculaires. En effet, le pH “neutre” d’un gel douche est uniquement neutre pour la peau, puisqu’elle est elle-même acide.

Pour Céline Herbaux “il faut que les consommateurs comprennent que dans la majorité des cas, les formules de leurs produits préférés n’ont pas changées, seuls l’étiquetage est différent . Par ailleurs, la réglementation CPL ne s’intéresse aux produits que sous leur forme pure, or, la plupart des produits pour la maison s’utilisent de manière diluée : que ce soit la lessive ou le liquide vaisselle dans l’eau de lavage, les nettoyants pour les sols, etc. En respectant le mode d’emploi et les précautions d’usage, les produits nouvellement étiquetés ne présentent aucun danger.”

Comprenant que tous les rayons ne pourront être remplacés en un mois, un délai de deux ans (jusqu’au 1er juin 2017) est laissé aux producteurs et aux distributeurs pour écouler leur stock de produits avec l’ancien étiquetage. Il sera possible de voir vos flacons habituels côtoyer les nouveaux, avec des indications de danger alors qu’il s’agit du même produit “à l’intérieur”.

A l'heure où cet article est publié, aucune des enseignes de distributions bio contactées n'a pu, ou souhaité, répondre à nos questions. En effet, nous souhaitions comprendre ce qui serait mis en place dans les magasins bio, en termes d'information ou de sensibilisation, pour accompagner les consommateurs autour du changement impliqué par la nouvelle réglementation.



Cela étant, il n’y a peu d’inquiétude à avoir concernant les produits écologiques certifiés par Ecocert ainsi que les produits qui sont utilisés de manière habituelle, puisque seul l’étiquetage doit changer :ni la formule ou les conditions d’utilisation. Les produits Etamine du Lys vendus sur abonéobio.com sont fabriqués depuis 20 ans à partir de bases lavantes végétales, des matières renouvelables dont la biodégradabilité est avérée et supérieure aux bases utilisées par les marques conventionnelles qui emploie la la pétrochimie. Cependant, n’oublions pas que mêmes les végétaux dans leurs état naturel, comme les pollens, le citron ou les fruits à coque peuvent être irritants ou allergisants… mais en ce qui concerne les allergies, nous en reparlerons dans un prochain article!

Quand les antibiotiques deviennent automatiques

robinet-eau-antibiotiques-2.jpgOn oublie parfois trop souvent que l’eau est une denrée précieuse… C’est certain, à voir s'abattre plusieurs mois de pluie en une soirée dans le sud de la France, on oublierait que l’eau potable sera bientôt rare. En France et en Europe, les normes pour qualifier l’eau potable sont assez sévères. Depuis 2007, un arrêté fixe des normes de qualité à respecter pour un certain nombre de substances dans l’eau potable dont le chlore, le calcaire, le plomb, les nitrates, les pesticides et les bactéries. Les eaux de baignade ou les « zones humides », comme les lacs et les marais, sont également très surveillées. Mais les eaux de ruissellement ne peuvent pas être contrôlées aussi précisément. Or, tout ce que nous utilisons comme produits pour le ménage, l’entretien du jardin, les cosmétiques et les médicaments, ont une répercussion sur la qualité de l’eau et celui des écosystèmes qu’elle irrigue.

Des médicaments dans l’eau de nos rivières

1753_visuel_affiche_generique-animaux_antibiotique.jpgDes études récentes ont en effet montré la présence de médicaments à des concentrations détectables dans certaines eaux souterraines, de surface et même de boisson depuis les années 2000. Une attention particulière est portée aux médicaments antibiotiques dont environ 10 500 tonnes sont utilisées chaque année en Europe (FEDESA, 1999), aussi bien en médecine humaine (52%) qu’en médecine vétérinaire (48%). Dans le cadre du plan Ecoantibio, le Ministère de l’Agriculture a lancé depuis septembre dernier la campagne « les antibiotiques pour nous non plus c’est pas automatique » rappelle la bonne utilisation de ces médicaments. L’objectif du plan Ecoantibio est de réduire de 25% en 5 ans (2012-2017) l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire.

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Ces concentrations résiduelles d’antibiotiques ont un effet sur notre environnement que les scientifiques tentent de démontrer et tirer un signal d’alarme. Les antibiotiques, ou anti-microbiens, sont des molécules souvent naturelles (quoique peu utilisées pour l’homme) ou chimiques dont on connaît assez peu la demi-vie ou la biodégradabilité.

Phénomène de bioaccumulation.

Depuis l’année dernière, nous sommes certains que les poissons les plus gros sont les plus toxiques. Les saumons, aiglefins ou thons rouges de méditerranée sont des prédateurs, souvent en fin de la chaîne alimentaire et stockent dans leurs chairs la somme de tous les polluants (mercure, arsenic, hydrocarbures, PCB, médicaments, etc.) ingérés par les poissons plus petits et le plancton. Le phénomène de bioaccumulation, qui explique ces concentrations impressionnantes, n’est pas nouveau, mais jusqu’ici les scientifiques étudiaient principalement les polluants ayant un impact sur la santé.

En effet, on connaît - malheureusement - l’effet désastreux sur la santé de l’ingestion de produits chimiques comme les métaux lourds. Les scientifiques s’intéressent également depuis une dizaine d’années à l’effet des antibiotiques retrouvés dans l’eau. Quels effet conséquences ceux-ci peuvent avoir sur notre environnement, les écosystèmes et notre santé?

Emergence inquiétante des bactéries résistantes

Notre société est accro aux antibiotiques : la campagne “ les antibiotiques, c’est pas automatique”, visait à limiter l’usage abusif de certains antibiotiques en traitement préventif ou curatif. Mais cela ne visait pas les autres utilisations de ces produits comme complément alimentaire dans l’alimentation animale, notamment dans les piscicultures, ni comme pesticides pour le traitement des végétaux. La première des conclusions est que la surconcentration d’antibiotiques dans l’environnement aquatique modifie invariablement le génome des bactéries et leurs réactions à ces antibiotiques. Les bactéries se reproduisent vite et ont un pouvoir mutagène hypersensible, favorable à leur adaptation à tous les milieux. Selon la théorie de Darwin, la présence d’antibiotique dans l’environnement tue certes un grand nombre de bactéries, mais les bactéries qui “survivent” sont celles qui ont développé une insensibilité à un ou plusieurs antibiotiques : on les appelle des bactéries résistantes (ou bmr, bactéries multi-résistantes, si plusieurs antibiotiques n’ont plus d’effets) la-france-tente-de-diminuer-sa-consommation-d-antibiotiques_1798440.jpgL’OMS tirait en avril dernier la sonnette d’alarme sur ces bactéries devenues résistantes aux anti-microbiens.

Néanmoins, les conclusions de ce rapport pointent du doigt les conséquences, dramatiques, pour les populations qui ne peuvent pas être soignées correctement, et ne démontrent pas vraiment les causes, c’est à dire, les comportements qui ont permis aux antibiotiques de polluer l’eau.

Attention aux cosmétiques !

Plus récemment, ce sont des microbilles ou perles de plastiques, comme celles utilisées en cosmétique conventionnelle pour les soins gommant ou exfoliant par exemple, qui ont été retrouvées dans la chair de poisson. Comme les nano-particules, ces microbilles de plastique sont difficilement détectables, et peuvent se confondre avec du sable.

De la même manière que n’importe quel polluant, ces microbilles sont ingérées par les poissons. L’interdiction faite aux Etats-Unis d’utiliser ces microbilles, pousse l’industrie cosmétique « conventionnelle » à piocher les idées parmi les formules naturelles. En effet, la cosmétique naturelle et bio propose depuis longtemps des formules à base de sucre, de poudre de noyaux d’amandes ou d’abricots, comme le gommage pour le corps ou l’exfoliant visage Coslys vendu sur abonéobio!

La difficulté avec la pollution de l’eau, c’est que nous pouvons être « intoxiqués » même si nous faisons attention à la provenance de notre nourriture. En effet, même les poissons bio présentent des concentrations de mercure très élevées... Mais il n’y a pas que les industriels (pharmaceutique, agroalimentaire) qui rejettent des médicaments ou des produits polluants. Il revient à chacun de faire attention à son mode de consommation.

Tous ce que nous utilisons dans notre vie quotidienne se retrouvent potentiellement dans l’eau, ce qui influence la qualité de celle-ci et de ce que nous mangeons. Nous pouvons faire attention à notre consommation de médicaments, et confier les médicaments périmés en pharmacie. En tant que consommateur, nous pouvons également faire attention aux produits que nous choisissons pour l’entretien : - des produits à base d’ingrédients végétaux et bio; - des produits dont la biodégradabilité est prouvée grâce des normes internationales OCDE comme la lessive liquide Etamine du lys - des produits qui n’auront peu pas de répercussions sur notre environnement et notre santé; - et respecter les doses recommandées.

Pour de la lessive, par exemple, il est inutile de surdoser car elle n’en sera pas plus efficace. Mieux vaut alors utiliser un détachant avant lavage, comme le spray détachant vendu sur aboneobio!

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