PE02.jpgC’est dans un contexte tendu concernant les pesticides et, globalement, leur rejet (loi biodiversité, glyphosate et 4 autres pesticides reconnus cancérogènes, etc) que se déroule la 10ème Semaine pour les alternatives aux pesticides (SPAP). Cependant rien ne laissait présager qu’une manifestation pacifique et, surtout, familiale, organisée dans la commune d’Allassac (Corrèze) serait annulée à cause de menaces graves émanant de certains individus issus du monde agricole et de risques majeurs pour l’ordre public.

Du fait de menaces précises pour cet événement du 29 mars prochain et des alertes faites par les autorités sur des risques de débordements, les organisateurs ont décidé d’annuler cette journée, sur les conseils des autorités préfectorales averties. A la demande des organisateurs, une réunion pour sortir de cette crise se tiendra dans les prochains jours avec les pouvoirs publics. Actuellement, la situation est telle que le simple fait de parler du danger des pesticides représente un véritable risque pour les lanceurs d’alerte et toutes personnes qui souhaiteraient découvrir les alternatives à une agriculture conventionnelle qui nous empoisonne.

spap_logo.jpgDepuis le 20 mars dernier, début de la Semaine pour les alternatives aux pesticides, c’est la seconde fois que des organisateurs sont l’objet de pression de certaines personnes du monde agricole. Le cas s’est produit en zone viticole, dans le Bordelais, où certains viticulteurs comptaient « venir en force » à l’un des événements. Les organisateurs ont immédiatement prévenus les gendarmes et ont reçu le soutien d’agriculteurs, et tout particulièrement de viticulteurs bios, qui se sont alors déplacés pour l’occasion. L’événement a été maintenu et s’est déroulé dans d’excellentes conditions. « Ces pressions et menaces, d’une fraction du monde agricole, sur les organisateurs d’un évènement citoyen écologique et festif, dans le cadre de la 10° Semaine pour les Alternatives aux Pesticides, sont inacceptables. » soutient Paul François, agriculteur, Président de Phyto-Victimes .

« Il n’est pas acceptable, dans une démocratie, que certains se pensent en droit de menacer d’honnêtes citoyens du fait de leurs engagements pacifiques contre un modèle agricole qui, selon eux, les expose à des polluants toxiques et qui met en péril leur santé et celle de leurs enfants. Ces inquiétudes exprimées pacifiquement sont légitimes et doivent pouvoir se faire savoir sans crainte de représailles. Nos associations appellent les citoyens à renoncer à venir sur place le 29 mars pour montrer qu’ils ne peuvent cautionner toute forme de violence. » conclut Fabrice Micouraud, porte-parole d’Allassac ONGF et administrateur de Générations Futures