Abonéobio : Le blog du bio

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Jeudi 24 juillet 2014

Le bois : matière première, énergie biomasse ou écrin à protéger ?

 

Alors qu’en Europe, chaque candidature pour des événements sportifs inclue un volet Développement Durable, la coupe du Monde de football au Brésil semble avoir oublié cet aspect qui nous semble pourtant essentiel.

Le Brésil avait pourtant mis en avant certains projets comme l’installation de panneaux solaires qui permettrait d’alimenter en électricité la population après les festivités. La modernisation des transports en commun pour la population a même été délaissée au profit de l’aspect énergétique des nouveaux grands ensembles…qui risque d’être abandonnés faute de fréquentation. De plus, on déplore de nouvelles travées bétonnées au milieu de la forêt Amazonienne. Notamment, deux autoroutes qui relient désormais Barra da Tijuca et Deodoro (26km) et l’est et l’ouest de Rio (56km). Je me souviens encore d’une époque où l’on surnommait la forêt Amazonienne ‘le poumon de la planète’, et je me désole de constater qu’elle est la première sacrifiée devant le développement économique, et même le sport.

La France et la belle au bois dormant…. A l’inverse des pays nordiques qui ont fait le choix depuis longtemps de gérer durablement le bois, la France a voulu développer une forêt « primaire » ou subnaturelle, qui permettrait plus de biodiversité.

Image_2.png© Anne-Marie Granet / ONF

Car en France aussi nous disposons de ressources forestières abondantes. À l’occasion du colloque national de la biomasse, Virginie Schwartz, directrice générale déléguée de l’ADEME, a rappelé que la France dispose en effet de grande réserve de bois : « la forêt française produit 85 millions de mètres cube de bois par an et seule la moitié est récoltée ». Une forêt gérée de manière durable, c’est à dire en coupant régulièrement et en replantant systématiquement permet de limiter les risques d’incendie, l’étouffement des arbres (effet climax) par leur développement de leur propre végétation. De plus, le bois ainsi coupé « piège » le dioxyde de carbone qui avait été absorbé lors de la photosynthèse, alors que parallèlement, les nouvelles pousses continuent de transformer le dioxyde de carbone en dioxygène.

Le bois, mais pour quoi faire ? Il y a tout d’abord, le bois comme énergie de chauffage. Ségolène Royal, Ministre de l'Écologie, du Développement Durable et de l'Énergie a d’ailleurs proposé cette alternative : « Il ne s'agit pas d'opposer les énergies les unes aux autres. Mais, dans le nouveau modèle énergétique en France, j'entends faire en sorte que la biomasse occupe une place très importante » Cependant, cette proposition ne sera pas possible si vous habitez Paris et la proche banlieue (zone sensible). En effet, le plan de protection de l'atmosphère révisé pour l'Île-de-France précise qu’au 1er janvier 2015, il ne sera plus possible de faire une flambée même d’agrément, à cause notamment des particules fines, dont les seuils réglementaires sont souvent dépassés. Selon la  Direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie d'Ile-de-France (DRIEE IF), ces particules réduisent de 6 mois l'espérance de vie dans l'agglomération parisienne. Or, le chauffage au bois représente 23 % des émissions de ces particules en Ile-de-France, soit autant que l'échappement des véhicules routiers. Le bois comme biomasse n’est donc pas la panacée pour améliorer le rendement de la ressource forestière. Image_9.png© Nathalie Petrel / ONF

Le bois comme matière première pour le mobilier et même la construction propose de nombreux avantages : isolation phonique et thermique, esthétisme, disponibilité des matériaux, mais les maisons de type « ossature bois » reste minoritaire pour les constructeurs. Parmi les usages le plus glamour du bois, nous pouvons citer les montures des lunettes tendances (Shelter, Wave of Wood, OriginEyes…), et les sous-vêtements de la marque française Do You Green, qui réalise une fibre douce et confortable à partir de copeaux de bois recyclés ( à partir de l’élagage du pin blanc), assez proche de la microfibre de coton ou de soie. Et comme le papier est omniprésent en cuisine, If You Care a développé une large gamme de produits, du papier cuisson au sac en papier réutilisable en passant par les moules à cupcake en papier labellisés FSC (Forest Stewardship Council). if-you-care1.jpg

Du bois au papier Le papier, ramette et journaux, se recycle désormais au moins 5 fois s’il est trié et récupéré par les organismes, tels que Ecofolio ou la Paprec. ecofolio-papier-vies.jpg Alors que seulement 47% du papier est recyclé en France, les entreprises écologiquement responsables ont depuis longtemps intégré le souci du recyclage ou de la réutilisation des cartons et des papiers. Par exemple, Chez Nature & Stratégie le prix du ramassage et le coût carbone ont été longuement analysés avant qu’une solution satisfaisante ait été trouvée. La société s’est équipée d’une presse à balle qui compacte le carton, afin d’optimiser son stockage et de gagner de la place. Ainsi Nature & Stratégie a eu la possibilité de diminuer par 6 le nombre de transport par an.

La seconde vie du bois Au volet réutilisation, nous avions été bluffés par les créations de M. Bruère aussi fabriquant de la fameuse Pate Verte multi-usage. Il détourne des palettes en bois afin de leur donner une seconde vie en tant que meubles. Sur le réseau social pinterest et divers blogs, la mode du DIY (do it yourself) se démocratise et les internautes rivalisent d’inventivité pour créer de nouveaux usages : transformer un lit de bébé en banc ou des palettes en mur végétalisé miniature... Ecologie et créativité sont toujours aussi proches. 4774387_P4250094.jpg

Que pensez-vous du bois et de la forêt : matière première, énergie biomasse ou écrin à protéger ?

Les fausses bonnes idées environnementales

 

Agir en respectant l'environnement, voilà une devise que nombre de citoyens, consommateurs, entreprises et collectivités s'efforcent de respecter. Et pourtant, dans la pratique, nos actions sont aussi empreintes de paradoxes. De l'innovation technologique, au besoin de préserver sa santé, notre société est bercée de messages nous invitant à revoir notre manière de consommer, et parfois au détriment de l'essentiel. Retour sur trois exemples qui sont de fausses bonnes idées environnementales : le poisson c'est bon pour la santé ? oui mais à condition qu'il soit sain, et aujourd'hui ce n'est malheureusement plus le cas pour bon nombre de poissons commercialisés sur les étals. L'éthanol et le biodiesel dans le moteur de ma voiture pour ne plus consommer de pétrole ? Sauf que les cultures dédiées entrainent une catastrophe agricole. L'imprimante 3 D, chacun pouvant créer son objet en plastique ? Et une fois réalisée, si tant est qu'il ait pu servir à minima, on le jette, un déchet de plus, non recyclable. Regardons dans le détail ces 3 exemples pour mieux comprendre où l'incohérence nous guette.

consommer en respectant l'environnement

Le poisson c'est bon pour la santé ?

Manger du poisson 2 fois par semaine nous disait on. Aujourd'hui les médecins revoient la copie. Nos océans sont pollués et les résidus finissent dans les estomacs des poissons, puis dans les nôtres. Particulièrement en ingérant les gros poissons gras qui accumulent les toxiques (cf Envoyé Spécial "Poissons, élevage en eaux troubles" ). La surpêche entraine la rareté de certaines espèces. Déjà 90 % de la biomasse des grands prédateurs a disparu, en 50 ans. Thons, baleines, requins, ...sont en grand danger. Alors peut on se retourner vers les poissons d'élevage ? Aujourd'hui 43 % de tout le poisson consommé par les humains est issu de l'élevage. En France, 95% du saumon et de 80% des bars et daurades royales proviennent d’élevages. Nourris à coup de pesticides et autres substances chimiques, les poissons difformes sont découpés en filets, gorgés d'eau et infiltrés de sels pour augmenter leur poids. Dans les piscines d'élevages des fameux saumons de Norvège, un parasite sème le trouble. Pour éviter de perdre la marchandise, on ajoute un pesticide, le diflubenzuron, très nocif pour l'environnement, toxique pour les poissons, et dont on n'évalue pas l'impact sur la santé de l'homme !. Coté déjections, pas très rassurant non plus : une ferme de saumons qui compte 200 000 poissons libère une quantité de matière fécale aussi importante que les nutriments rejetés dans les eaux usées d’une localité de 65 000 personnes !. Les crevettes ? Très appréciées depuis quelques années, chaque année, les français en consomment 25000 tonnes. Sauf que pour construire ces fermes d'élevages, les éleveurs industriels ont condamné la mangrove en bordure de pacifique, et c'est tout l'éco système si riche, qui en pâtit. Au Sri Lanka, 74 % des communautés côtières dans des régions d’élevage de crevettes n’ont plus d’accès direct à l’eau potable, en raison des baisses de niveau et de salinité de l’eau potable. Au Chili, les conditions de travail dans l’industrie du saumon sont terribles : décès, bas salaires malgré des heures de travail, harcèlement sexuel,... Alors oui aux crevettes mais pas à n'importe quel prix ! Et n'oublions pas que pour nourrir ces poissons d'élevage, il est nécessaire de racler les fonds pour fabriquer la farine (15 kilos de poissons sauvages (réduit en farine) permettent de nourrir 1 kg de thon rouge). Reste la possibilité d'avoir son élevage de poissons dans le salon. Une pratique expérimentée aux USA, qui permet de faire grandir, en 9 mois, dans 35 litres d'eau, des tilapias, prêts à la consommation. Ou bien de continuer à acheter du poisson frais, mais en ne sélectionnant que le poisson bio via des labels tels que la certification ASC (Aquaculture Stewardship Council) qui existe depuis 2011 mais dont le consommateur ne voit aucun logo en rayon, qui garantit des conditions d'élevage respectueuses de l’homme et de la nature, MSC Pêche Durable (pêche durable de poissons sauvages), Food4Good, la première marque française Bio, (on en parle là http://www.femininbio.com/cuisine-recettes/actualites-nouveautes/trouver-poisson-non-toxique-73687), ou encore en allant dans des restaurants qui s'engagent pour une pêche durable (voir la liste des établissements http://www.fish2fork.com/ ), en soutenant l'association BLOOM qui agit pour la préservation de nos milieux marins...

Le bioéthanol ou biodiesel ? Une catastrophe agricole avec les cultures intensives

Ne plus dépendre du pétrole, et chercher une solution dans le végétal. Et voilà le biodiesel qui arrive dans nos pompes. En 2020, 10 % de bioéthanol (version essence) ou biodiesel (version gazole), voilà l'objectif. Et l'argument avancé étant de limiter les rejets de Co2. Sauf que le carburant se consomme chez nous, et la production de ce biocarburant se joue en Afrique, là où les surfaces agricoles dédiées sont colossales. La terre achetée pour une bouchée de pain, désormais dans les mains des asiatiques, européens, n'est plus allouée aux cultures vivrières, pour nourrir les populations. Moins de cultures et les prix flambent, rendant la nourriture trop chère pour ses habitants déjà en souffrance. L'eau nécessaire à la culture du Jatropha prive les Africains d'une source précieuse. Et les traitements chimiques sont en train de polluer les sols. L'or vert a bien mauvais goût !

L’imprimante 3D ? Créer n'importe quel objet à la maison : économie ou gâchis ?

Depuis son canapé, chacun pourra créer son objet, sans recourir à la fabrication industriel. Une révolution ? Un simple PC équipé d'un logiciel PAO et c'est parti. Fini les séries, les pièces standardisées, place à la personnalisation. Sauf que, ... dans l'artisanat il y avait le lien avec la main, le savoir faire de l'homme. Et là plus besoin de main. La main d'oeuvre n'est plus nécessaire. Des emplois en moins, (et les machines ne seront pas créées en France ). Une chaine logistique qui va probablement souffrir aussi, avec de tels enjeux sur la production industrielle. Et pour alimenter la machine, du plastique, non recyclable et de l'énergie. A moins que l'on se dirige vers une matière première végétale ? La 1ère machine imprimante 3 D à base d'algues de Bretagne est en cours, baptisée SeaWeed Filament ou SWF. Faudra t il piller la ressource marine ou faire de l'élevage d'algues pour nourrir la machine ? Et que feront nous de ces objets uniques ? Pour la plupart, surement mal fait, du fait d'un tâtonnement et qui finiront à la poubelle.

L’erreur de notre société c'est peut être de ne pas faire de choix réels dans une voie environnementale et de si tenir, au lieu de papillonner autour de valeurs pseudo marketo/idéo/scientifiques ?.

Quand les leaders des pesticides se mettent au bio

 

La France jusqu'à présent championne du monde du recours aux pesticides, entame un nouveau tournant avec le déploiement de la lutte biologique, dans les champs et dans les espaces verts publics. Les champignons, bactéries, phéromones et insectes sont reconnus désormais comme aussi efficaces et surtout non polluants. Cette pratique attise des convoitises. Les géants de l'agrochimie, Monsanto, Bayer, BASF s'intéressent de très près à ce marché en pleine croissance, qui représenterait 1.6 milliard d'euros chaque année. Depuis 2012, ils rachètent des entreprises spécialisées dans les traitements biologiques : AgraOuest est passé dans le giron de Bayer, BASF s'est emparé de Becker Underwood (un pro des technologies de semences enrobées de micro-organismes), Monsanto s'est associé à Novozymes (leader des enzymes alimentaires et industrielles). Preuve de son intérêt pour le bio : sa branche des semences fruits et légumes OGM est délaissée au profit de la restauration de pratiques ancestrales, des croisements, semblables à ceux pratiqués depuis des lustres par les paysans. Les enjeux sont désormais de renforcer l'avance que possède la France dans le bio contrôle sans se faire dévorer tout cru par ces mastodontes de l'agrochimie. Pour anticiper d'éventuels rachats, le gouvernement prévoit une réunion de concertation avec l'ensemble de la filière du biocontrôle et de l'agro-écologie, courant mars. Les pépites françaises comme Biotop (fabrication industrielle d'insectes auxiliaires de culture), Goëmar (solutions alternatives aux pesticides à base d'algues) et Agrauxine (auteur d'un bio-fongicide pour lutter contre les maladies du bois de la vigne) sont les têtes de pont d'une filière de TPE et PME innovantes, employant plus de 4000 salariés, que l'IBMA France, (International Biocontrol Manufacturers Association) voudrait bien préserver. Des actions rapides semblent nécessaires pour permettre à ces acteurs de résister, quitte à nouer des alliances renforcer leur présence sur les marchés internationaux.

lutte biologique monsanto

Il y a de quoi s'inquiéter quand on connait la force de frappe de Monsanto. En fin d'année 2013, des agriculteurs bio dont les cultures avaient été contaminées par des OGM se sont vus en plus redevables à Monsanto, qui garde le droit de les poursuivre en justice, contre des violations de brevet. La cinquantaine d'agriculteurs bio a été débouté par la cour d'appel fédérale américaine, au profit du leader des OGM et pesticides. Le lobbying Monsanto est puissant.

Et le consommateur, il en pense quoi ?
Aujourd'hui les français saturent des pesticides qui envahissent les assiettes. Ils refusent les OGM et demandent de la transparence. Le rondup tant pulvérisé sur les pelouses pour traiter les mauvaises herbes, a été reconnu dangereux pour la santé en 2009 (cf article Rondup dangereux). Face à des risques et des symptômes qui ne cessent de s'accroitre, en 2014, les médecins se mobilisent pour dénoncer l'impact sur la santé de ces entrants chimiques (cf l'appel des médecins contre les pesticides) Bref, le retour des coccinelles dans les champs, le développement de l'agro écologie chère à Pierre Rabhi, et les légumes anciens, ça nous va bien !

Sources :
http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/quand-monsanto-se-met-au-bio-paris-s-inquiete-30-01-2014-3542913.php
http://www.laterre.ca/cultures/monsanto-plutot-quaux-producteurs-bio/
http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/7414/usa-monsanto-fait-payer-des-amendes-aux-agriculteurs-bio http://www.wired.com/wiredscience/2014/01/new-monsanto-vegetables/ http://news.monsanto.com/press-release/corporate/monsanto-and-novozymes-team-provide-sustainable-bioagricultural-solutions

Quand l'eau de mer devient potable pour la famille

 

L'accès à l'eau potable est vital et pourtant, aujourd'hui ils sont plus d'un milliard a en être privés, et en 2015 ils seront trois milliards selon l'UNICEF. Chaque jour plus de 4000 enfants meurent d'avoir bu une eau contaminée. Pour échapper à l'accroissement du stress hydrique qui touchera prochainement 40 % de la population, la dessalinisation de l'eau de mer est un axe de développement. Jusqu'à présent, les technologies développées nécessitaient des équipements importants et étaient consommatrices d'énergies. Désormais il existe un équipement, utilisable par chaque famille, qui remplace l'eau de mer en eau potable, grâce à l'énergie solaire. Cette invention appelée Eliodomestico est en open source, c'est à dire, libre de droits (sans brevet), pouvant être modifiée, transformée, améliorée par chacun. A l'initiative du designer italien Gabriele Diamanti, l'Eco distillateur permet d'hydrater une famille avec 5 litres d'eau potable par jour. L'eau de mer est ajoutée le matin. La chaudière va permettre à la vapeur de s'évaporer dans la journée. L'eau fraiche et potable, accumulée dans le couvercle, peut être récupérée à la tombée de la nuit. La fabrication est artisanale et repose sur l'usage de matériaux à portée de main (terre argile notamment). L'énergie nécessaire est accessible à tous (énergie solaire), pas de dépendance non plus pour l'entretien (pas besoin de pièces spécifiques, tels que des filtres, et il suffit de nettoyer la partie haute de la chaudière une fois tous les 15 jours pour retirer l'excès de sédiments de sel). A noter que le développement a nécessité 8 ans de travail pour son concepteur et que l'objet a été primé à plusieurs reprises (finaliste Prix Emile Hermès 2011, mention spéciale au bien-Tech Award 2012, pro vainqueur impact social Core77 Design Awards, 2012 )

eco distillateur eau potable via l'eau de mer

Voici le principe de fonctionnement, bien expliqué sur le site de son designer :

eliodomestico-rendre-potable-eau-mer

Le récupérateur d'eau potable est aussi adapté pour être porté sur la tête.

le récupérateur eau potable eliodomestico

Pour entendre son concepteur :


Pour en savoir plus sur les enjeux de l'eau, et notamment la Soif dans le Monde :


En France aussi l'accès à l'eau potable est précieuse. N'oublions pas que les rejets que nous émettons (eaux usées de nos WC et appareils ménagers) sont rejetées pour y être normalement filtrés avant de retourner dans la nature. Malheureusement, les stations d'épurations n'arrivent pas à éliminer tous les polluants (cf l'article précédent nos eaux usées n'arrivent pas éliminer tous les micro-polluants). Aussi, efforçons nous de ne pas polluer en amont. Chacun a le choix pour ses produits d'entretien ou de vaisselle, de lessive, de produits WC, ...essayons d'être nombreux à privilégier le biodégradable !

Le 7ème continent composé de notre pollution plastique

 

Nos déchets plastiques polluent la terre mais aussi les océans. Un 7ème continent est créé par ces plastiques accumulés via les courants marins. Cinq gigantesques tourbillons concentrent des millions de tonnes de plastique venus des côtes et des fleuves : deux dans l'Atlantique, deux dans le Pacifique (au nord et au sud) et un dans l'Océan Indien. Le plus connu représente six fois la superficie de la France !. On observe une masse de déchets qui s'enfonce jusqu'à 30 mètres dans les fonds marins. Au final c'est cinq kilos de plastique pour un kilo de plancton ! Au milieu des océans, on retrouve même des parechocs de voitures !. L'expédition d'observation dans le Pacifique Nord réalisée cet été a confirmé le constat alarmant de ces vortex de déchets. En Juin 2014, une nouvelle expédition se rendra dans l'Atlantique Nord. Ces plastiques se dégradent, et se mélangent à l'eau de mer pour constituer une soupe improbable, toxique pour les micro-organismes. Les plastiques se retrouvent dans les estomacs des poissons, des oiseaux marins..., et se retrouvent dans la chaine alimentaire, avec un danger pour l'homme.

7ème continet-pollution-plastique-océans

Que pouvons nous faire, ici maintenant en tant que consommateur ? Dans chaque acte de la vie quotidienne prendre conscience de l'omniprésence du plastique et de son absence de biodégradabilité, et opter au maximum pour réduire sa dépendance : refuser les sacs plastiques (on en voit encore circuler ), privilégier les achats en vrac (épicerie, ...) et les conditionnements rechargeables (cf article précédent : réduire ces déchets en rechargeant ses flacons Etamine du Lys), privilégier le durable au jetable (vaisselle, emballages, ...), sélectionner les emballages biodégradables, ne pas hésiter à changer de fournisseurs si le suremballage pose problème (exemple lorsque vous passez commande de plats de sushis pour le déjeuner et que l'ensemble est servi avec un volume impressionnant de plastique qui finit à la poubelle), ne rien jeter dans la nature (elle nous renvoie ses déchets, à juste titre)...C'est peut être une goutte d'eau mais si chacun fait sa part (à la manière du colibri), la production de produits à base de plastique évoluera.

5kilos de plastique pour 1 kilo de plancton
Une soupe improbable avec 5 kilos de plastique pour 1 kilo de plancton dans les zones où la concentration des déchets est la plus forte.



Cap vers le 7e continent par CNES

Les 5 commandements pour habiter heureux selon WWF

 

Chaque famille souhaite s'installer dans un petit chez soi, agréable, si possible avec un peu de verdure, de l'espace pour les enfants, au calme, et pour beaucoup avec le rêve d'être propriétaire de sa maison. L'urbanisation grandissante engloutit tous les 7 ans l'équivalent d'un département français, conséquence d'une quête de foncier moins cher pour des jeunes couples, entrainant des trajets domicile travail toujours plus longs (en moyenne 15 kms en 2008). Aujourd'hui 13 % du budget des familles est déjà consacré à la voiture. En 2050, 70 % de la population mondiale résidera en zone urbaine, alors comment permettre à chacun de vivre heureux ? Et si tout cela se jouait davantage dans notre tête ? Les jeunes s'ouvrent à une nouvelle culture davantage tournée vers la fonctionnalité que la propriété. De fait le trio gagnant de leurs parents (maison, résidence à la mer et appartement à la montagne), tant convoité il y a 40 ans ne les fait plus rêver. Ils ont d'autres envie que de passer le week end à tondre la pelouse. Ailleurs dans le monde, des citoyens vivent très bien malgré le peu d'espace dédié à chacun, si l'organisation est bien pensée. Ainsi au Japon, alors que le pays ne représente que les 2/3 de la superficie de la France, la population est 2 fois plus importante, et concentrée sur 20 % du territoire, le reste étant en zones montagneuses. Et pourtant, ce pays détient de grands espaces sauvages préservés, de nombreux parcs et jardins, une organisation de l'espace réfléchie, structurée (qui s'oppose à notre mitage des campagnes). On peut donc très bien vivre en ville de façon agréable, avec une surface modeste et des espaces verts à proximité. Le WWF propose un petit guide avec 5 commandements, des préconisations simples, un mémo à l'usage des propriétaires ou locataires de demain, pour nous aider à mieux choisir notre lieu de vie.

COMMENT VIVRE HEUREUX DANS SON HABITAT

  • 1. Les transports en communs tu investigueras : choisir un lieu de résidence qui dispose de lignes de transports en commun à proximité. Avantages ? Des économies à la clé pour toute la famille sur le budget transports, et de fait, une autonomie grandissante de tous les membres de la famille. Questions à se poser : combien de temps pour me rendre à l'arrêt de bus ? Pour me rendre sur mon lieu de travail ? (bus, tramway, métro, vélo ou à pieds ? ) Quelle est la fréquence, l'amplitude et les connexions de ma ligne ? ( Mémo : un bus transporte le même nombre de passagers que 33 voitures). A découvrir un outil pratique pour comparer le cout des trajets : la calculette de l'Ademe http://www.ademe.fr/eco-deplacements/calculette/
  • 2. La consommation énergétique tu anticiperas : opter pour un logement bien conçu, bien orienté (grandes baies vitrées au sud) et bien isolé (contre le froid mais aussi penser à l'équipement pour se protéger du chaud en été, avec des brises soleil par exemple). Réduire sa facture c'est aussi réduire son empreinte énergétique tout en améliorant le confort. Alors avant d'acheter ou de louer, demandez le diagnostic de performance énergique obligatoire DPE et privilégiez une résidence classée A ou B. Et demandez à voir les factures précédentes.
  • 3. De la proximité des services tu t’enquerras : privilégier un endroit proche des écoles, médecins, marchés, supérettes (bio de préférence ), ... Plus de stress, on se déplace à pieds ou en vélo, des économies d'horodateur et pas besoin de tourner des heures en voiture pour chercher une place de parking, sans compter l'essence en moins, l'entretien, ...Et le lien social en plus en allant acheter le pain chez le boulanger voisin, en accompagnant les enfants partant à l'école en pédibus, ... Aussi avant d'investir votre prochain nid d'amour, réalisez des cercles des distances pour appréhender vos futurs déplacements quotidiens, de 700 mètres maximum (au delà on a tendance à prendre la voiture)
  • 4. En adéquation avec tes besoins tu choisiras : retenir un logement adapté à son mode de vie c'est une garantie également d'économies. Plus la surface est importante, plus le logement coûte à l'achat (sans parler des taxes qui arrivent plus tard : taxe habitation, foncière) et à l'entretien. Outre le prix au m², se poser la question du nombre de m² dédié à chaque personne, appréhender les options de rangements, les surfaces aménageables, les agrandissements possibles, les solutions à envisager pour transformer les volumes (arrivée d'un bébé, départ d'un grand, installation en télétravail, ...), les espaces pouvant être partagés avec des voisins (buanderie, abris de jardins, salle pour jouer ou recevoir des amis, ...). C'est notamment sur cette dernière partie que se développent désormais des projets de co-habitat.
  • 5. À la présence du végétal tu veilleras : s'entourer de végétal est une source de bien être. Avant d'investir un lieu, regardez si des arbres sont à proximité, si de l'ombre pourra vous rafraichir au square ou le long de votre chemin, si la verdure toute proche pourra filtrer l'air de votre habitation et participer à le rafraichir. Ce peut être des jardinières installées sur le balcon, des plantes en pot sur la terrasse, un potager investi dans un bout de jardin ou en bas d'immeubles, quelques espèces sur le toit végétalisé, ...


Pour en savoir plus et télécharger le guide WWF : http://www.wwf.fr/s-informer/campagnes/5-commandements-pour-habiter-heureux

Des algues bio Made in France

 

La formulation de cosmétiques s'appuie parfois sur des algues marines appréciées pour leurs propriétés hydratantes, apaisantes, drainantes, .. . Sauf que cette matière première, intéressante car végétale et renouvelable, n'existe pas actuellement dans sa version bio en France. Jusqu'à présent, la mise sur le marché de cosmétiques bio à base d'algues obligeait le fabricant à recourir à des algues importées. Dommage pour les marques voulant privilégier le bio, local, le Made in France. La situation va enfin pouvoir évoluer : le Parc Marin de la Mer d'Iroise engage actuellement des démarches pour obtenir le label Bio et garantir ainsi la qualité de ces différentes variétés d'algues marines Bretonnes, véritable trésor d'un patrimoine local. C'est toute une filière, avec la présence de plus de 50 professionnels récoltants, qui profitera de la mise sur le marché d'une variété d'algues bio Made In France. L'initiative pourrait s'étendre ensuite à d'autres zones dans les Côtes d'Armor et le Finistère Nord. Bientôt des algues certifiées bio de l'assiette au pot de crème !

guides algues marines bio bretagne

Pour ceux qui s'essayent aux ramassages des algues à marée basse, l'Inter Bio Bretagne a édité un guide des bonnes pratiques pour récolter les algues Bio, dans le cadre du projet Algmarbio (projet qui associe toute une filière en devenir). Pour le télécharger, cliquez ici. Il propose une fiche détaillée par type d'algues.

A lire aussi la fiche conversion Algues marines bio, qui détaille les exigences du règlement européen bio. Bon à savoir, la conversion en bio nécessite au minimum 6 mois pour les récoltants.

Source : http://www.decideursenregion.fr/

Après Eco emballages la taxe Eco mobilier

 

Depuis le 1er mai 2013 les meubles aussi ont leur taxe de recyclage. Une initiative qui vise à recycler 45 % du mobilier des particuliers en 2017 (75 % pour la filière professionnelle), et concerne les meubles de salon, séjour, salle à manger, cuisine, salle de bains, chambres, sièges, meubles de jardin, ... L'éco-contribution destinée à financer la collecte et le recyclage des meubles, est facturée aux consommateurs, sur une base variable : 1, 50 € pour une chaise, 7 euros pour un canapé de 3 places ou plus, ou encore au poids (1.50 € pour 30 kilos). Le prix de cette éco taxe meuble doit être affiché distinctement du prix de l'article. Lancée par un groupement de 12 fabricants et 12 distributeurs qui assure les 3/4 des ventes de mobiliers en France (dont Ikea, But, Conforama, Simmons, Maison de la Literie, Mobilier de France, ...), cette éco participation s'évertue à limiter le gâchis : aujourd'hui 1.7 millions de tonnes de meubles sont en fin de vie chaque année (l'équivalent de 170 fois la Tour Eiffel), et moins d'un quart recyclé ou réutilisé ! Beaucoup finissent enfouis alors qu'il existe des meubles en état d'usage, ou nécessitant juste quelques réparations, ou effets de décoration. De quoi enrichir demain les rayons des recycleries et dépôts vente Emmaüs.

eco taxe sur le mobilier eco-mobilier

Autre objectif affiché par Eco Mobilier, réduire à la source la production de déchets ( mais avec un objectif faible affiché de seulement 3 %) en développant l’éco-conception. Le concept Cradle To Cradle a de l'avenir ! 3 %.


http://www.eco-mobilier.fr/

Kit Ekolier pour sensibiliser les enfants aux Eco Gestes

 

Depuis plus de 5 ans, les fondateurs de l'association Ekologeek étaient sollicités pour des outils de sensibilisation des enfants au développement durable, sur la base d'actions concrètes. En 2011, lors de son service civique d'une année, Julien Robert se penche sur ce projet avec la recherche d'un financement (la région Aquitaine, l'ADEME et la communauté d'agglomération de Périgueux) ont répondu favorablement), le choix des animations, la fabrication du matériel et la création de l'identité visuelle et de l'ensemble de la communication. La co-conception a été possible grâce à l'appui de l’Office Central de la Coopération à l’Ecole (OCCE AD24), la Ligue de l'enseignement de la Dordogne pour les approches pédagogiques et l'animation en milieu scolaire et coopération en classe. Pour la thématique Déchets l'association a travaillé avec le Syndicat départemental des déchets de la Dordogne. Depuis, le Kit Ekolier pédagogique a été animé auprès de 125 élèves de 9 à 10 ans, en classes à Boulazac en Dordogne, pour les sensibiliser aux éco-gestes, sur l’énergie, l’eau, la consommation et les déchets. Potentiellement, environ 23 000 élèves de Gironde et de Dordogne, en classes de CM1-CM2 d'écoles publiques peuvent être concernés par une animation Kit Ekolier sur cette année scolaire, pour un coût modique de 2 € par élève. L'approche développée permet de valoriser les principes de coopération entre les élèves, la solidarité par l'entraide et encourage les débats et l'action éco responsable aussi bien à l'école qu'à la maison...Le Kit Ekolier est une réponse concrète, et directement applicable, répondant à la stratégie d’Education au Développement Durable initiée par le Ministère de l’Education Nationale.

kit-pedagogique-sensibilisation-DD-fiches

A partir de la prochaine rentrée de septembre, l'association Ekologeek se propose d'accompagner les enseignants et les animateurs à l'usage du Kit Ekolier sur toute la France, prestations sur devis. Il est possible de louer l'une des quatre malles pédagogiques (Eau, Energie, Consommation, Déchets) pour 150 à 200 euros les 2 semaines (hors frais), ou de les acheter (compter entre 300 à 450 euros par malle)

KIT EKOLIER ekologeek Eco gestes

Avant de venir à l'atelier, les enfants travaillent à la maison en réalisant un test d’empreinte écologique. Au retour ils apprennent le résultat : si chacun consomme ainsi il nous faut 2.4 planètes !. Alors comment faire mieux en consommant moins ? Et c'est parti pour l'animation : repérer les objets qui consomment de l’eau ...les enfants choisissent alors 3 éco-gestes illustrés pour réduire la consommation. Et quelle est la solution favorite des enfants ? : faire pipi sous la douche pour économiser la chasse d’eau !. Des enfants sensibilisés aux enjeux du développement durable à l'école ou au centre aéré, qui pourront à leur tour en parler à leurs parents et faire évoluer les pratiques à la maison.

kit ecolier ekolo geek eco gestes

Bravo pour cette belle initiative lancée par Ekologeek, association soutenue par Abonéobio depuis le démarrage.

Contact : Association Ekologeek 12 cours Fénelon 24000 PERIGUEUX - ekologeek.com - ekologeek@gmail.com

Les innovations dans les systèmes alimentaires des villes

 

L'alimentation est un enjeu majeur. On sait aujourd'hui que les bassins urbains n'ont que peu d'autonomie, à peine quelques jours, en cas de crise majeure d'approvisionnement. Derrière l'alimentation c'est aussi les questions de nutrition, de respect d'environnement, développement économique d'un territoire et d'une filière (permettre aux producteurs de vivre de leur production, ...), de nouvelles formes de distribution (avec l'engouement des circuits courts), et de cohésion sociale (cf les jardins de nourriture à partager qui se développent un peu partout). Comment l'innovation qui se manifeste aujourd'hui par des expériences locales peut elle être un vecteur de changement majeur ? « Les innovations dans les systèmes alimentaires des villes » c'est le thème d'un colloque international qui se tiendra à Montpellier les 28-29 octobre 2013, à l'initiative des unités mixtes de recherche "Innovation" et "Moisa" (Cirad, INRA, Montpellier SupAgro, IAM.M) avec la collaboration de la Chaire UNESCO Alimentations du monde, et en partenariat avec Agropolis International. Lors de ces rencontres, il sera question d'analyser la gestion des flux de personnes (avec l'impact des migrations, ...), de biens (les différents circuits de distribution ainsi que les innovations logistiques), de connaissances , structurant les bassins d'approvisionnement alimentaire des villes. Ce qui implique aussi de réfléchir aux conditions d'accès aux fonciers (trop souvent des agriculteurs n'arrivent plus à obtenir des terres, ex de l'aide de Terre de liens) notamment en périphérie urbaine où la pression foncière est plus importante. Tout cela ne pouvant fonctionner sans une gouvernance appropriée (multi-échelles et multi-acteurs) où il importe de définir les échelles et les temporalités, pour mieux accompagner l'action des pouvoirs publics.

Les innovations dans les systèmes alimentaires des villes

Pour en savoir plus www1.montpellier.inra.fr/aesop5.

A noter que ce colloque s'inscrit dans le programme du réseau de recherche thématique Sustainable Food Planning (de l’Association européenne des écoles d’aménagement et d’urbanisme - Association of European Schools of Planning - AESOP)

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