Et si on inventait une nouvelle façon de concevoir nos produits ? Des produits pensés pour vivre plusieurs vies, une sorte de compostage appliqué à tous les objets : à l'issue de la première vie du produit celui ci devient une sorte de nutriments pour en fabriquer un second. Soit un nutriment qui retourne à la terre, soit un nutriment technique dans un process industriel afin d'être recyclé à l'infini. Voilà ce que préconise le concept CRADLE to CRADLE C2C (qui signifie de berceau à berceau, s'opposant ainsi au"Cradle to Grave" qui signifie de "berceau à tombeau" où les déchets sont sont jetés, brulés, bref perdus à jamais). Il s'agit avec CRADLE to CRADLE de redéfinir la manière dont nous fabriquons les choses. Une certification a été mise en place. Elle comprend une vingtaine de critères, avec comme première condition d'utiliser des matières non toxiques, qui pourront être réintroduites sans accroitre la pression sur l'environnement, voire le nourrir. Déjà plus de 109 produits tous domaines de production confondus ont obtenu ce label "Cradle to Cradle C2C".

cradle to cradle C2C livre français

Pour en savoir plus je vous invite à lire le livre de William McDonough et Michael Braungart, Cradle to Cradle, créer et recycler à l'infini, collection Manifestô aux éditions alternatives, traduction du 1er ouvrage paru en 2002 mais toujours d'actualités. En librairie dès le 24 février 2011.

Je partage avec vous un extrait (page 150) assez représentatif de notre façon de penser qu'il nous faut modifier pour innover et préserver notre planète. Nous avons tous des baskets pour faire du jogging, pourtant nous n'avons surement pas vu la situation de la même manière ! :

Prenons l’exemple du legs involontaire d’une paire de chaussures de course standard, un bien que bon nombre d’entre nous possèdent. Tandis que vous marchez ou courez, une activité censée vous maintenir en bonne santé et améliorer votre bien-être, chaque martèlement de chaussure relâche sur le sol des petites particules qui contiennent des produits chimiques tératogènes et cancérigènes, ainsi que des substances pouvant réduire la fertilité et inhiber les qualités d’oxydation des cellules. La prochaine pluie balaiera ces particules sur les plantes et sur le sol de part et d’autre de la route où vous déambulez. Si les semelles de vos chaussures de sport comportent une bulle spéciale remplie de gaz amortisseurs – dont il a été récemment démontré que certains d’entre eux participaient au réchauffement global –, vous pouvez même très bien collaborer au changement climatique. Des chaussures de course peuvent tout à fait être réélaborées afin que leurs semelles servent de nutriments biologiques. Pour qu’elles nourrissent le métabolisme organique au lieu de l’empoisonner chaque fois qu’elles heurtent le sol. Le dessus des chaussures entrant dans la catégorie des nutriments techniques, il serait conçu de façon à ce qu’on puisse le désassembler et le remettre facilement en circulation dans son cycle, et en toute sécurité (le fabricant récupérant alors les matériaux techniques). Le fait de bénéficier de nutriments techniques grâce aux chaussures d’athlètes célèbres – et en faisant de la publicité à ce propos – donnerait un avantage concurrentiel certain à un fabricant de vêtements de sport.


Intéressant comme approche, créative et laissant place aussi à une réflexion de fond sur le cycle de vie du produit, l'impact direct et indirect sur l'environnement, la santé, ..sur la consommation de matières premières à réduire, sur l'approvisionnement local au maximum, sur le recyclage à optimiser, et l'importance de limiter notre empreinte écologique.

Ce livre est plein de bonnes initiatives, d'énergies positives, ...reste à voir comment notre culture consumériste sera capable d'intégrer ces changements ?