L'agriculture bio se développe, les consommateurs en redemandent et pourtant, dans le même temps une succession d'articles remettent en doute les bienfaits de l'alimentation bio. Situation paradoxale à laquelle trois experts reconnus ont chercher à répondre en publiant un manifeste sur l'intérêt du "Manger bio c'est mieux !" : Claude Aubert, André Lefèbvre et Denis Lairon nous explique combien les produits bio offrent une qualité de nutriments, sans OGM et avec beaucoup moins d'additifs dans les produits transformés. Les polémiques sont fondées sur des études tronquées. Plusieurs articles scientifiques faisant la synthèse des connaissances sur la composition arrivent au mêmes conclusions positives en faveur du bio : plus de vitamines (notamment C ) et de minéraux (fer, zinc, magnésium), davantage de polyphénols et autres anti oxydants (les plantes les fabriquent pour les aider à se protéger contre les agressions extérieures), davantage d'oméga 3 (de 21 à 116 % d'oméga 3 en plus dans le lait bio par rapport au conventionnel, et aussi dans les produits laitiers, poulet, ...). Le bio permet d'élargir le choix des variétés (ce qui favorise la biodiversité) et de d'opter pour celles qui offrent le plus de nutriments (par exemple 4 fois plus dans une pomme calville blanche bio qu'une golden) et chacun sait que le meilleur est dans la peau encore faut il pouvoir manger une peau bio pour éviter d'avaler des pesticides (30 traitements en moyenne sur une seule pomme en culture conventionnelle et malheureusement il est illusoire de penser être protégé en épluchant car les pesticides systémiques pénètrent à l'intérieur des végétaux !). Et comme le fruit bio doit apprendre à résister, sa peau concentre aussi 5 fois plus d'antioxydants que la chair. Donc on n'épluche pas les fruits et légumes bio, on profite ainsi des vitamines, on gagne du temps et avec moins de perte.

MANGER BIO terre vivante

A l'heure où 80 % de notre alimentation est transformée, les produits bio se distinguent des conventionnels aussi parce que les procédés de fabrication et la combinaison des ingrédients sont très différents : des ingrédients peu ou pas raffinés, pas d'additifs aux risques mal connus (cf mon article sur le danger des additifs) (en bio seulement 47 additifs autorisés, tous naturels sauf les sulfites dans le vin et les nitrites dans la charcuterie, pas de benzoate de sodium qui favorise l'hyperactivité des enfants, pas d'aspartame), une composition simplifiée et des aliments précieux qu'on ne retrouve plus dans les recettes conventionnelles (sucre non raffiné, des aliments fermentés (tofu, sauce soja traditionnelle, ...), du lait cru, orge mondé, boulgour, épeautre, pâtes au sarrazin, ...). Manger bio c'est aussi prendre de bonnes habitudes alimentaires, avec une alimentation à dominante végétale (cf mon article Manger moins de viande, mieux pour la santé), des aliments complets (stop à la consommation de sucre raffiné), et au final moins d'allergies (des études démontrent que les enfants des écoles Steiner nourris avec des produits biodynamiques ont 38 % de moins de réaction atopique, ont recours aux antibiotiques 2 fois moins souvent ).

En bio, pas de pesticides (une grappe de raisin cultivée en conventionnel peut contenir jusqu'à 26 pesticides différents !) et des contaminations qui restent exceptionnelles. Il faut savoir que les pesticides organichlorés (DDT, lindane, HCH) notamment sont stockés très facilement dans la graisse. Même si ils sont interdits désormais, ils restent présents non pas dans le sang mais dans le tissu adipeux et une partie des pesticides reste stockées pendant 20 à 25 ans dans l'organisme et finira dans le lait de la maman qui allaite. Sans compter le lien entre cancer et pesticides avéré, les pathologies sont nombreuses : diabète, problème d'infertilité, malformations congénitales chez les garçons, pubertés précoces chez les filles, effets neurotoxiques (augmentation des risques maladie Parkinson, perturbation du développement du cerveau. Et dans le bio il n'y a pas plus de contamination microbiennes (l'affaire E coli en 2011 était un mauvais procès : sur les 900 analyses effectuées par les autorités allemandes, le germe n'a été retrouvé que dans une poubelle d'un consommateur !). L'hygiène est l'affaire de tous en bio comme en conventionnel.

Manger bio c'est aussi prendre soin de notre environnement et protéger celui des générations futures : moins de gaz à effet de serre en bio, moins de pesticides polluants rejetés dans l'air (il faut savoir que les brouillards et la rosée sont 30 à 60 fois plus chargées en pesticides que la pluie !), une qualité de l'eau préservée (voir mon article : "désormais on tolère plus de pesticides dans l'eau du robinet") en réduisant le coût exorbitant de la décontamination (2 chiffres en France : "coût complet du traitement des excédents d'agriculture et d'élevage dissous dans l'eau est estimé entre 54 et 91 milliards d'euros par an et le coût complet de dépollution des stocks d'eau souterraines serait compris entre 522 et 847 milliards d'euros, hors coût d'énergie du pompage avant traitement"), une biodiversité sauvée et une qualité de sols retrouvée.

Dernier point, le coût des produits bio. Pourquoi les prix sont plus chers en agriculture bio ? sauf qu'on ne voit pas non plus les couts cachés des aliments conventionnels : il faudrait ajouter le coût de la pollution , des maladies provoquées, de la baisse de fertilité des sols, de la chute de la biodiversité ...Cette facture en plus est déjà réglée sur la feuille d'impôts de chaque citoyen mais on ne fait pas le lien !

Je vous recommande la lecture du manifeste Manger bio c'est mieux ! éditée par Terre vivante, 5 euros, 150 pages. Les informations indiquées dans cet article sont issues de ce livre publié en Octobre 2012. A la fin du guide, 25 recettes à moins de 1.20 € démontrent que le bio n'est pas plus cher !