Aujourd'hui les cosmétiques, qu'ils soient conventionnels, bio ou naturels, sont régis par la même règlementation. L'étiquette est obligatoire et le règlement cosmétique 1223/2009 impose des mentions et indications spécifiques. Les fabricants en charge de la mise sur le marché de ces cosmétiques sont responsables de leur formulation et de leur innocuité (avec des tests obligatoires tels que la tolérance cutanée et oculaire et d'autres facultatifs). Un cosmétique par essence est en contact avec la peau. Sa composition est susceptible de passer le derme, d'où l'importance de bien choisir la vingtaine de cosmétiques présents dans notre salle de bain, en moyenne. Une étude sortie en septembre évoque la présence de perturbateurs endocriniens (des leurres hormonales) dans 40 % des 15000 produits cosmétiques analysés. Mais alors comment bien choisir ses produits de soin ? Certains ne jurent que par l'analyse de la liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients), cette petite liste, en bas du flacon ou de l'emballage, qui précise la liste de l'ensemble des ingrédients présents, classés dans l’ordre décroissant de leur quantité dans la formule . Sauf que, sauf que ... :

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  1. L’industriel fabricant d’une matière première est le déclarant du nom INCI : ce qui entraine qu’une même matière première sur 2 fournisseurs peut avoir deux noms INCI différents ou bien que le même nom INCI désigne deux matières premières légèrement différentes.


  1. Le nom INCI est construit sur une composition moléculaire définit chimiquement ou sur une définition botanique lorsqu’il s‘agit d’une extrait végétal. La lecture ne permet alors pas de distinguer l'origine de la matière première, est elle synthétique ou naturelle ?. L'impact ne sera pas le même pour l'organisme. Les procédés d'obtention de la matière première sont ils maitrisés ? Y a t’il des résidus polluants dans cet ingrédient ? (de type nitrosamine par exemple dans la DEA de Coprah ). Quel solvant a été utilisé pour obtenir cet extrait de Rose ? Un solvant pétrolier ou une glycérine végétale ?. Et là, comment savoir ? En effet le nom INCI ne renseigne en rien ces différents points.


  1. La seule et unique solution aujourd’hui est de vérifier si le produit bénéficie d'une labellisation ou d’une certification, et s'intéresser au cahier des charges ; seule une labellisation bio garantie un procédé d'obtention propre du début de la chaine jusqu’au produit fini : ingrédients issus d’une agriculture biologique, extrait ou ingrédients chimiquement transformés de façon propre, analyse des ingrédients, formulation et fabrication sous contrôles strictes... Le label bio est donc un plus qui confirme que le fabricant s'engage à respecter des règles éthiques mais cette différence ne se voit pas sur la liste INCI. Les noms des ingrédients de la composition étant les mêmes quelque soit leur origine.


Aujourd'hui on constate que les grands laboratoires déposent de nouvelles molécules, qui vont rentrer progressivement dans la composition de leurs produits. Ces molécules brevetées sont exclusives et leur permettent de communiquer sur l'efficacité de leurs produits. En lisant la liste INCI, le consommateur n'aura aucune information sur le procédé d'obtention et la façon dont ces molécules ont été produites. Elles peuvent même être issues de mélanges de molécules pas très propres. ...et le consommateur est berné !

Alors comment faire pour choisir ses cosmétiques ?

  1. En choisissant un cosmétique certifié / labellisé Bio
  2. En s’assurant de l’éthique effective de l’entreprise, fabricant ou pas
  3. En étudiant le système de commercialisation (s'agit il d'une distribution en réseaux courts, spécialisés ou GMS (grandes surfaces) ?. Le conseil lors de la vente est très important
  4. Pour les chimistes en herbe, s’intéresser à la liste INCI, attention toutefois aux sites d'information, où la présentation est un peu simpliste sur un sujet compliqué.