Il existe de nombreux chiffres sur l’allaitement, dont on tire tout et son contraire. La vraie bonne nouvelle, c’est que 70 à 75% des femmes souhaitent allaiter et qu’elles sont 74% à la faire pendant les premières semaines de leur enfant! Il est la preuve que le choix d’allaiter est celui de la mère avant tout! Par ailleurs, ce chiffre fond à mesure que les mois passent ( 25 % à 6 mois, et encore 9 % à 1 an), et/ou que les mamans reprennent une activité (dans la majeure partie des cas). arton239-c2823_manger-bouger.jpg

L’allaitement est un choix, mais pour qui?



Parmi mes amies qui ont fait le choix de ne pas allaiter, beaucoup ont invoqué le besoin de se ré-approprier leur “corps de femme”, par opposition au “corps de la mère”. Cependant, de nombreuses études, portées haut et fort par les “pro” de l’allaitement, souligne le caractère bénéfique de l’allaitement pour les enfants, et ce jusqu’à un an au moins ! Pour la mère, l'allaitement comporte aussi des avantages : la femme retrouve plus vite sa silhouette par la double action des hormones sur les contractions de l’utérus qui, lui-même, retrouve une taille normale et sa tonicité plus rapidement, et par la dépense énergétique induit par la production de lait (environ 840calories par litre de lait). Par ailleurs, les études tendent à prouver qu'allaiter diminue les risques de cancer, de l'ovaire et du sein notamment.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise aux jeunes mères d’allaiter jusque 6 mois minimum, et continuer jusque 2 ans avec une diversification alimentaire (solide). L’OMS se base sur les avantages en terme de santé pour les enfants : le lait maternel permet en effet, selon diverses études, de développer l’immunité des enfants et de les protéger de certains terrains allergiques, en effet seuls de très rares cas, environ 0,5% des nourrissons, ont la probabilité de développer une allergie via le lait maternel.

En France, le dernier Plan National Nutrition et Santé (PNNS, ou plus prosaïquement “manger-bouger”) se contente de préciser que seul le lait convient à l’enfant de moins de 6 mois. Cette formulation ambiguë et libre d’interprétation ne met pas de pression sur les mères non-allaitantes, là où les pro de l’allaitement maternel y voit - à tort ou à raison - le jeu de l’industrie agro-alimentaire.

Le top de l'écologie !

Pour de nombreuses mères, allaiter est un véritable choix écologique! Premièrement, il n'y a pas ou peu de biberons! Si vous reprenez une activité ou que vous souhaitez impliquer votre compagnon, un tire-lait (la location est remboursée par la sécurité sociale, sur ordonnance) vous permettra de stocker votre lait maternel. Celui-ci se conserve parfaitement au frais: 6h à température ambiante, 4-5 jours au réfrigérateur, 6 mois au congélateur! Il faut alors préférer des biberons sans bpA (obligatoire) ou en verre, avec des tétines en caoutchouc.

Si il n'y pas (ou peu) de biberon, pas de vaisselle (privilégiez des produits biodégradables et bio, évidemment) et de stérilisation à faire. Enfin, le lait maternel est naturellement à bonne température. A moins que vous ne l'ayez conservé (cf plus haut), il n'est pas besoin de le chauffer! Bref : moins de matériel et moins de déchets, moins d'électricité, plus de simplicité, et plus d'économie, car votre lait ne coûte rien à produire!

Des difficultés mal expliquées

Dans les années 90, les femmes allaitantes ne représentaient que 45,6% des jeunes mamans. A l’époque, ne pas allaiter était un choix “moderne”, qui permettait à la femme de se libérer du maternage pour vivre sa vie de femme, souvent active, où la maternité n’avait plus rien d’animal. Autres temps, autres connaissances, autres mœurs : la tendance actuelle est donc, vers un retour à un maternage plus “naturel”, pour des raisons de conscience, d’écologie ou même d’économie… Comment expliquer, alors, que sur les 74% de femme dont la volonté est d’allaiter, à peine plus de la moitié (39%) allaitent encore à 3 mois ?

Aujourd’hui, les femmes qui désirent allaiter arrêtent plus ou moins rapidement, souvent par manque d’information cohérente, notamment lors du retour au travail, ou méconnaissance des processus de lactation et croissance du nourrisson. En France, la loi permet aux mères et salariées d' allaiter son enfant pendant ses heures de travail, pendant 1 an à compter de la naissance de l'enfant. Elle bénéficie alors d'une réduction de son temps de travail et d'un local dédié à l'allaitement. Cependant, voilà une mesure compliquée quand le travail est à plus de 10 minutes du lieu de garde des enfants. Ou alors, il faut amener ses enfants sur son lieu de travail? Il n'est pas certain que cela plaise à tous les employeurs!

Les femmes sont donc tiraillées entre :

  • les recommandations des études : qui culpabilisent celles qui ne veulent ou ne peuvent allaiter;
  • les pro-allaitement : pour qui allaiter est un geste d’amour naturel (mais avec quelques subtilités, comme les pics de croissance), et placent à demi-mot les mères en état d’échec si elles « abandonnent » ;
  • l’industrie agro-alimentaire qui vante des formules de plus en plus naturelles, mais parfois entâchées de scandale (comme la mélamine dans le lait maternisé en poudre)
  • les dispositions de loi en leur faveur et l'impossibilité de les appliquer dans leur vie quotidienne.

https://www.youtube.com/watch?v=1HMdkQcUmOM

Être bien conseillée

Pour une majorité de mères dont l’allaitement se passe sans aucun problème, il reste la minorité silencieuse, qui n’ose pas toujours avouer ce que les mères désirant allaiter ressentent comme un échec. Et pourtant, il faut savoir poser les questions aux professionnels ou aux proches (souvent des amies) et affirmer ses choix. Celles qui veulent en parler à une professionnelle, neutre, et attentive peuvent faire appel à une doula.

Les mamans peuvent également se renseigner auprès d’associations (militantes) comme la Lech League ou la CoFam (Coordination Française de l’Allaitement Maternel), de blogs de maman bio (maternante ou pas) voire participer à des événements comme les Mum-to-be Party (pas forcément bio, mais très urbains et sympathiques).

A l’occasion de la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel (SMAM), traditionnellement, la 3ème semaine d’octobre, la CoFam organise de nombreux rendez-vous sur le thème de l'allaitement au travail : spectacle d’improvisation, sensibilisation des employeurs et des jeunes mamans… Cet événement festif doit permettre à tous de partager, d'échanger et de réfléchir pour améliorer les conditions de l'allaitement en France.
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Maman allaitante n’est pas forcément une maman recluse

Il est loin le temps où la mère était littéralement “femme au foyer”. Désormais, les mamans - aidées de leur compagnon ou de grands-parents alertes et impliqués - travaillent et souhaitent conserver leur vie sociale. Allaiter en public dérange encore, mais les femmes s’arrogent le droit d’être active au même titre qu’elles sont mères, comme cette députée Argentine qui a suscité l’admiration du net, cette année.

coussinet-allaitement.jpgDu coup, on a pensé un petit kit de survie de la maman allaitante, et bio, pour ses sorties :

  • des coussinets d'allaitement en coton bio lavable (Tendance d'Emma) ou jetable (silvercare): pratiques et discrets, ils permettent de contenir tout en douceur les fuites de lait inhérente à la lactation. L'impératif est qu'il ne provoque aucune irritation, comme ceux vendus sur abonéobio, 100% coton bio et très absorbants.
  • carrés cotons lavables (Tendance d'Emma) ou jetables (Silvercare) selon votre destination
  • du bioliniment et de l’eau nettoyante de la gamme bébé Coslys, pour nettoyer ou débarbouiller bébé tout en douceur.
  • un gel hydroalcoolique à l’HE de ravintsara pour la désinfection occasionnelle. L’HE de ravintsara est heureusement l’une des mieux tolérées, notamment par les femmes allaitantes et les nourrissons!
  • Huile de calophyllum pour mamelon crevassé

Le tout dans un joli sac avec des couches (lavables?), un lange, un bavoir, et un grand châle pour allaiter discrètement, il n’y a aucune raison de se priver d’allaiter son enfant... sauf si c'est un choix personnel!