comme-la-dengue-et-le-chikungunya-le-zika-qui-tire-son-nom_3562172_1000x500.jpgGlobalement, je ne suis pas adepte des théories du “complot”. Malheureusement, ce qui m’a été donné à lire ce jour à propos des cas dramatiques de microcéphalies en Amérique du Sud, donne froid dans le dos. Pour rappel - dire piqûre de rappel serait malvenu - le virus Zika a été découvert dans les années 1950, mais depuis 2015 il est associé à une “épidémie” de microcéphalie chez les nouveaux-nés. Le postulat est, que pendant leur grossesse, les mères auraient contracté le virus Zika, suite à la piqûre d’un moustique, qui aurait causé une calcification des os du crâne du foetus, celui-ci naissant à terme avec un périmètre crânien de moins de 32cm. Culture de l’information instantanée oblige, les photos de ces bébés émeuvent la terre entière, l’OMS alerte d’une possible pandémie planétaire.

Scénario de film catastrophe

Pour le moment, les cas de microcéphalie sont signalés dans 23 pays d’ Amérique du Sud, notamment au Brésil (3.700 cas), dans la région du Pernambouc, en Argentine et en Colombie.
Actuellement, en France, les articles qui rapportent du virus Zika sont plutôt alarmistes sur l’éventuelle pandémie planétaire qui nous attend, annonçant là où les moustiques, type Aedes, pourraient se développer, la faute à des écosystèmes favorables et la difficulté à contrôler le mouvements des colonies d’insectes.
Zika_virus1.0.jpg Bref, on nous fait peur, on nous donne des conseils comme éviter aux femmes enceintes de se rendre dans la plupart des régions d’Amérique du Sud, d’avorter ou mettre des préservatifs (!) plutôt que de nous informer vraiment.

La faute aux moustiques, vraiment? Depuis peu, des docteurs ayant eu à traiter des cas de microcéphalies et des scientifiques montent au créneau. Leurs discours dénotent un peu au milieu du catastrophisme du CDC (l’organisme de contrôle des maladies aux U.S.A) et de l’OMS. Pour l'OMS, la microcéphalie est "une complication potentielle" due au virus.

D’une part, ils demandent à faire la différence entre le virus Zika (dont les symptômes ressemblent à une grippe) et les cas de microcéphalie qui sont liés aux naissance de bébé dont la mère à été infectée par le virus. D’autre part, des voix commencent à remettre en cause la seule implication des moustiques. Des docteurs, des scientifiques également, qui ont étudié les microcéphalies avant l’explosion des cas.

Pour eux, les cas de microcéphalies ont été largement sous-estimées avant 2015, date où le virus Zika a été nommé coupable. Par ailleurs, certains pointent une corrélation entre les régions affectées par le virus Zika et les champs agricoles largement recouverts de pesticides. Par exemple, la région du Nordeste brésilien exporte massivement des oranges, du soja, du café et son économie repose quasi-exclusivement sur la production de ces denrées, étroitement liée à l’utilisation de pesticides.

Les pesticides, ceux dont on doit taire le nom

Ces docteurs, M.Chan (OMS), S.Mattos, C.Zink, l’association Abrasco (association de médecins au Brésil) ainsi que des rapports jettent le doute quant à la culpabilité des moustiques porteurs du virus Zika dans la multiplication des cas de microcéphalies. D’une part, les précédentes épidémies de Zika n’ont pas eu, parmie les effets de l’infection, des cas de microcéphalies (mais des cas de Syndrôme de Guillain-Barré, Polynésie française en 2013) bien qu’elles aient touchées près de 75% de la population. Par ailleurs, les scientifiques connaissent mieux la relation entre microcéphalie et les pesticides, dont l’atrazine (largement discuté lors du dernier CAsh Investigation), le glyphosate (Round Up) et le pyroproxyfene, un pesticide fabriqué par une filiale japonaise de Monsanto et utilisé selon les recommandations de l’OMS contre les fameux moustiques porteurs du virus! BB2C38BD-0D55-4DF0-9FC8-56500821F9B2_mw1024_s_n.jpg

Soigner le mal par le mal

Nous voici donc dans une situation ubuesque, où l'OMS et les vendeurs de pesticides proposent des solutions (pesticides et insecticides) contre les moustiques porteur d’un virus, qui provoqueraient le mal dont on accuse les moustiques, tout en continuant de soutenir l’utilisation massive d’autres pesticides pour la production agricole. Et les géants de l'industrie pharmaceutique d'imaginer un vaccin contre le virus, comme c'est le cas contre la dengue.

Quand le site parodique de non-information Le Gorafi annonçait, non sans humour, que Monsanto travaillait à la création de 2 nouveaux cancers, ils n’étaient pas si loin de la vérité… malheureusement.