DaybyDay18.JPGNous avions déjà partagé notre expérience du magasin vrac, avec la formule Day by Day, lors de l’ouverture du magasin à Nantes. A Paris, le vrac est encore présent chez les primeurs, sur les marchés, ou bien dans les magasins bio, comme Naturalia ou Biocoop, qui a d’ailleurs inauguré un magasin entièrement dédié au vrac avant le lancement de la COP21, en novembre dernier, avec l'intention de démontrer que Biocoop connait son métier et que le vrac y est au coeur (pour l'anedocte, recueillie auprès de son directeur communication Patrick Marguerie à l'occasion des résultats annuels du réseau) L’enseigne franchisée Day by Day rejoint l’offre déjà présente à Paris, forte d’une croissance “logarythmique”, selon les termes imagés de son co-fondateur Didier Onraita.

Le retour de l’épicerie de quartier

Le vrac, c’est un peu le vintage de la distribution… Et c’est clairement dans une ambiance vintage que l’enseigne Day by Day a été décorée, avec ça-et-là des accessoires empruntant les codes et l’iconographie très “pin-up” des années 50. Le concept de l’épicerie se veut donc clairement complémentaire des commerces de quartiers que sont les primeurs, fromagers, bouchers… et ne propose donc que des céréales, légumineuses, bonbons, pâtes, riz, des condiments ou des fruits confits (en bocaux), du thé, du café et des huiles ainsi qu’un coin droguerie et hygiène où l’on peut trouver des produits d’entretiens, made in France mais non bio, et des savons liquides et solides. Ce concept séduit en majorité les jeunes (moins de 35 ans, pour la moitié) ainsi que les séniors (15% a plus de 65ans), urbains, ce qui n’est pas représentatif de la population, mais marque bien un marché en pleine expansion. DaybyDay14.JPG

Le vrac oui, le bio pourquoi pas

DaybyDay16.JPGLa spécificité du réseau Day by Day est de ne proposer que de l’épicerie, en vrac, avec un souci constant de réduire au maximum les emballages superflus. C’est dans cette logique le bio n’est pas la priorité de l’enseigne. Pour Didier Onraita, la part du bio a été un véritable questionnement. En effet, faut-il préférer le bio sur conditionné, au local, conventionnel sans sur-emballage ? Actuellement sur les 700 à 750 références proposées dans les magasins Day by Day, environ 25% sont bio, matérialisées par une étiquette verte, et non pas orange, à la couleur des magasins. Cependant, les logo AB sont curieusement absents. “On ne peut pas exclure une contamination “non bio” par les autres produits vendus dans le magasin. De la même manière, si une personne souffrant de la maladie coeliaque (ndlr: allergie sévère au gluten) me pose la question, je préfère la mettre en garde sur une contamination éventuelle avec d’autres produits contenant du gluten''.” précise Didier Onraita. Et ce malgré les petits logo “sans gluten” que l’on peut voir sur certaines trémies.

Une croissance à 3 chiffres!

Le développement de Day by Day confirme ce que nous entrevoyions déjà l’année dernière : le vrac est une vraie tendance, de fond, avec un marché porteur! L’enseigne affiche un chiffre d’affaire de +500% entre 2014 et 2015, et prévoit déjà une croissance à +600% à fin 2016. De quoi faire rêver de nombreux professionnels de la distribution! Le magasin Day by Day de Paris marque un premier tournant : la première ouverture parisienne, certes, et le 11ème magasin dans toute la France, depuis le lancement du concept vrac, selon Day by Day en 2011. En 2016, le réseau prévoit d’ouvrir 20 nouveaux magasins, en ciblant les villes de plus de 100.000 habitants, avant de partir à la conquête de “l’international”... en commençant par les pays frontaliers francophones ou les DOM, dès que les contraintes logistiques (transports, coûts) auront été levées.

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Franchise, transparence et motivation personnelle.

Si le motto des fondateurs est “La juste quantité, d’une juste qualité, au juste prix pour un juste impact environnemental”, le succès repose véritablement sur 3 piliers que sont le développement en réseau de franchisés, la transparence au niveau des produits et du concept et la motivation personnelle des candidats pour devenir gérant de magasin. Actuellement, selon le réseau Vrac, soutenu par l’association 0waste France, il y a 220 projets d’épicerie en vrac. Pour Day by Day, il est impératif que les gérants et futurs gérants portent le concept, les valeurs et un projet de réduction des emballages, des déchets, du gaspillage. Selon Didier Onraita, les demandes émanant d’investisseurs sont purement rejetées. Les inconditionnels du vrac, de la réduction des déchets et/ou du gaspillage alimentaire seront séduits par la petite enseigne qui veut en faire toujours plus, comme en proposant des débarbouillettes lavables, d'un marque qu’on aime (ndlr : les Tendances d’Emma) pour se servir en spaghetti par exemple.

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Pour les abonnés au bio, par contre, l’offre est loin d’égaler celles des réseaux historiques du bio, et Day by Day ne souhaite d'ailleurs pas les concurrencer.