Yves Rocher relooke ses boutiques en ateliers de cosmétique végétale

8 septembre 2008
Auteur: admin

Yves Rocher est un poids lourd en France dans la distribution de cosmétiques (jusqu’à présent non bio !). Chaque année, le groupe Yves Rocher fabrique 300 millions de produits qui ont rapporté 1,3 milliards d’euros en 2007 avec 40 millions clientes dans le monde. Ce distributeur avec 1600 boutiques (dans 80 pays) est aussi fabricant et récoltant. Quand on sait que les matières premières (bio) sont extrêmement convoitées, et qu’il n’y en aura pas pour tous, étant donné l’explosion du marché et la multiplication des marques, on mesure alors le potentiel de développement de cette enseigne qui amorce son entrée sur la marché de la bio avec la gamme Culture bio Yves Rocher prévue pour octobre.

Le Groupe prépare son « come back » avec un nouveau logo début 2009, un PDG plus jeune (le petit fils du fondateur du groupe familial), Bris Rocher, une nouvelle stratégie de conquête, un déménagement d’une partie des 4000 salariés pour regrouper les forces commerciales du groupe à proximité de la gare de Rennes, le re-lookage du réseau boutiques en ateliers de cosmétique végétale plus glamour, (ouverture le 02 octobre du prototype à Boulogne (Hauts-de-Seine) et rue de Charenton à Paris), les changements de la carte de fidélité et un premier pied dans la bio à l’automne dans 6 pays (avec le rachat de Terre d’Oc pour son savoir faire et le lancement de sa propre gamme dont le Groupe escompte qu’elle atteignent 7 % de ses ventes de soins visages et ce dès 2009 ).
Coté boutiques, le re-lookage s’appuie sur la réorganisation autour de 3 espaces :

  • La « serre » sera dans l’esprit de la récolte du jardin, avec une dimension qualifiée de « sensuelle et gourmande »
  • Le « laboratoire » présentant les soins avec l’accent sur le bienfait des plantes
  • Et l' »heure végétale« , nouveau nom de la partie institut

Un retour à l’esprit du premier établi de métier du fondateur…Accentué aussi par l’arrivée du brun dans le logo, de quoi insister sur l’attachement à la Terre et à l’activité de producteur récoltant.


Crédit Photo : Yves Rocher

A la Gacilly, où le groupe dispose de 40 hectares cultivés en bio à La Gacilly, et assure la fabrication de ses produits sur place, un hôtel aux normes HQE (haute qualité environnementale), une sorte d’Eco-hôtel de 29 chambres d’un standard trois étoiles va permettre de développer sur place le potentiel réceptif autour de l’image du développement durable.

Pour mémo, Yves Rocher c’est la force d’un groupe détenant aussi 7 autres marques (Daniel Jouvance, Docteur Pierre Ricaud, Petit Bateau?) pesant au total quelques 2 milliards d’euros.

L’année 2009 va-t’-elle être celle de la révolution dans le bio ? On commence à ressentir les prémisses des rachats qui vont, je pense, s’accentuer. Les Grands groupes surveillent et ont commencé à se positionner : L’Oréal a racheté sanoflore, Clarins a investi dans Kibio, Estée Lauder a lancé Origins Organic, l‘Occitane est entrée au capital de Melvita.

Face au boom de la cosmétique bio, les réseaux de distributions s’élargissent : les parfumeries spécialisées s’y mettent aussi (Séphora diffuse sa propre gamme Sephora Green Connection, et Marionnaud s’y lance aussi avec l’aide de Phyt’s) et les cosmétiques bio arrivent en grandes surfaces, soit sous de nouvelles marques comme Kuomayé ou So Bio du groupe Lea Nature, soit directement sous la marque distributeur comme Carrefour agir ici. Même les coiffeurs s’y mettent : St Algue lance sa gamme de soins capillaires bio.

On se dirige tout droit vers une bio à deux vitesses : Et oui, si les produits vendus en grandes surfaces sont aussi certifiés cosmétique biologique par Ecocert, on regardant de plus près les étiquettes on constate que des ingrédients (moins couteux mais de moindre qualité) encore tolérés par l’organisme certificateur sont présents là où les marques plus rigoureuses s’y refusent. Un bio avec des exigences de qualité différentes réunis sous un même label ? Voilà qui n’aidera pas le consommateur à s’y retrouver.

Que penser aussi de la pérennisation des filières faisant appel aux savoirs faire des petits producteurs ? Rappelez vous le reportage de l’ONG l’Homme et l’environnement sur les plantations de Madagascar Les matières premières sont au coeur du débat, et les grands groupes devraient profiter de leur poids financier pour faire émerger des solutions durables.

Dans tous les cas, coté consommateur, il est essentiel de garder à l’esprit qu’adopter la cosmétique bio au quotidien c’est aussi changer ses pratiques d’achats et de consommation. Nous avons en moyenne une vingtaine de produits par personne dans sa salle de bains et c’est beaucoup trop ! Une marque engagée c’est aussi une marque qui invite à réduire sa consommation, moins de matières premières consommées, moins d’énergie utilisée, moins de déchets à traiter ….

Est ce aussi votre vision ?

12 réponses à “Yves Rocher relooke ses boutiques en ateliers de cosmétique végétale”

  1. camomille dit :

    Quelques précisions sur la gamme bio Yves Rocher:Culture bio sortira le 6 octobre en magasinsCette gamme a reçu la double certification ecocert et cosmebioelle comporte 7 produits soin du visage composés à 98% minimum d’ingrédients d’origine naturelle dont 18 à 85% d’ingrédients bio selon le produit et moins de 2% d’ingrédients de synthèse.Les flacons sont en verre recyclable, les boites sont en carton issu de chutes de bois, l’encre utilisée pour l’impression des caractères est une encre végétale, il n’y a ni calage ni notice et cette gamme bénéficie d’une compensation carbone.Yves Rocher rend le bio accessible a toutes et il était temps pour une marque engagée dans l’écologie depuis tant d’année.

  2. evydemmentbio dit :

    YSL est lié à la marque bio de stella mc cartney : care car cette marque fait partie du groupe YSL beauté qui a été racheté devinez par qui ?….. L’oréal !http://blog.evydemmentbio.com/index.php/2008/06/23/316-le-marche-de-la-cosmetique-bio-en-plein-boom-causes-et-consequences

  3. jérémie dit :

    Si on regarde la gamme Bio Spécifique dernièrement sortie d’Yves Rocher, elle contient 4 Paraben et aucun produit bio, alors il faut arrêter de mentir au gens et nous allons veiller à cela en tant que consommatrice, les vrais produits Bio doivent comporter la mention Ecocert ou cosmétique bio, et pour l’avoir Yves Rocher et bien d’autres qui vont se lancer sur ce marché prometteur ont du souci à se faire.

  4. Abonéobio dit :

    Suite à un commentaire laissé sur le blog de Violette j’ai noté sa déception à ne pas avoir lu dans mon article plus d’infos sur le contenu des boutiques nouveau concept. J’ai donc ajouté une nouvelle partie dans le billet initial.

  5. evydemmentbio dit :

    laurence merci de remettre les pendules à l’heure de temps en temps !jérémie la gamme bio spécifique n’est pas la gamme de cosmétique bio que vient de sortir yves rocher il est donc « normal » d’y trouver des parabens, leur gamme bio se nomme culture bio la gamme bio specifique c’était juste pour tromper les consommateurs ..ce qui amène aussi la question de ces marques qui sortent des gammes bio et continuent à vendre du non bio (nuxe par exemple aussi)quelle est leur vraie motivation ?

  6. sophie dit :

    Bonjour,

    Je tiens à préciser que ce n’est pas YSL qui a lancé Origins Organics mais Origins, marque du Groupe Estée Lauder. Merci de modifier vos informations.

    Sophie

  7. Abonéobio dit :

    Merci Sophie pour votre alerte sur l’information. C’est corrigé.

  8. EcoloGirl dit :

    Effectivement, le boom récent de la cosmétique bio pousse tous les grands acteurs à s’y mettre. D’un côté, cela me fait peur pour toutes les petites marques qui font de la qualité depuis des années mais qui se feront peut-être « bouffer » par les grandes. De l’autre, je me dis que la tendance va vers plus de naturel et ça c’est bon pour tout le monde.

    Maintenant, il est vrai que nous restons dans une logique de consommation effrénée et qu’il serait bon de freiner justement… Je constate que beaucoup de blogueuses qui bidouillent leurs cosmétiques vont aussi vers plus de simplicité (savon d’Alep, gel d’aloé vera, huile végétale…).

    Peut-être une tendance qui va s’étendre sur l’ensemble de notre société ?

  9. Bonjour,

    Bon article et ô combien pertinent concernant le trouble semé sur le marché avec ces différents niveaux de qualité regroupés sous un même label !

    A nous de relayer l’information concernant ces différences, et défendre la cosmétique bio pour ce qu’elle a de meilleur : un vrai mode de vie écologique qui ne renonce pas au plaisir du soin, mais intègre le respect de l’environnement et encourage les initiatives humaines.Nous voulons croire également que les consommateurs, sensibilisés par cette tendance de fond du naturel, seront plus vigilants et regarderont plus loin qu’un logo ou qu’un prix.

    De plus, nous sommes d’accord avec vous concernant le « mauvais pli » pris par des millions de consommateurs, mais nous pensons comme vous que c’est l’information et l’orientation vers une consommation responsable et propre qu’il faut donner.

    Convaincus du bio et de ses vertus pour l’homme et son environnement, nous en parlons aussi ici : http://lanaturedanslapeau.fr/news/bio-et-bonne-conscience

    Au plaisir d’y lire votre commentaire.

  10. Abonéobio dit :

    La naturedanslapeau > c’est grâce à des producteurs sérieux et engagés comme Jacques Paltz que la cosmétique bio est devenue le succès d’aujourd’hui. Au plaisir de vous lire…

  11. Abonéobio dit :

    Ecologirl> D’accord avec toi, je pense que le retour à la simplicité, au bon sens est inévitable. Mais comme entre temps nous avons pris certaines habitudes de practicité, je ne pense pas durable un certain nombre de gestes extrêmistes. C’est pour cela par exemple que je préfère commercialiser un produit d’entretien qui nettoie tout (le toutnet) que de laisser les uns et les autres bricoler avec des solutions maison par forcément adaptées aux matériaux sur le long terme. De même pour la lessive, je préfère promouvoir une lessive efficace en poudre ou en liquide, concentrée avec très peu de produit nécessaire, formulée sur bases végétales entièrement biodégradables, plutôt que de vendre des noix de lavage, auquel il faudra ajouter du bicarbonate puis des huiles essentielles pour retrouver les vertus détachant et un parfum, voir autres additifs, …La simplicité c’est aussi la polyvalence et le coté partageable en famille. Je constate que toutes les marques sortent plutôt des petits flacons de 200 voir 250 ml mais où est l’économie d’emballage ? Avec des prix au litre qui ne sont pas moins chers en grandes surfaces que sur Abonéobio par exemple, avec une qualité moindre (présence de SLS, …).

  12. Cilline dit :

    Yves rocher ne se revendique pas etre une marque bio effectivmen une gamme bio existe mais leur priorites est de se revendiquer et d’etre une marque de cosmetique vegetal donc naturel composé d’un maximum de principes actifs issus de l’agriculture biologique les paraben effectivmen il y en a mai en tre faibl quantitee et il son necessaire a la bonne conservation des produits cosmetiques et pas seulment ils sont presents egalment dans beaucoup d’autres choses aucun conservateur vegetal detenant le mm pouvoir de conserver un produit cosmetique aussi bien ke le paraben est connu a ce jour je souhaiter juste faire cette parenthese qui me sembler essentielle voila merci pour vos reactions