Enquête CLVC sur le commerce équitable : plus de responsabilités attendues

16 février 2011
Auteur: admin

Dans les rayons des hypers les produits issus du commerce équitable s’installent au milieu des autres gammes ou dans des espaces spécifiques. Les prix pratiqués par les hypermarchés sont souvent plus élevés sur ces produits. Se pose la question de la marge croissante, à qui profite t’elle ? Les supermarchés ont bien compris l’intérêt marketing d’étoffer leur offre avec des produits issus du commerce équitable mais derrière l’information transparente sur les retombées des ventes de ces produits peinent à venir. Et si on disait clairement au consommateur que le surcoût qu’il paye sert à nourrir les marges du supermarché ?
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nL’étude publiée en mars 2010 par Consumers International intitulée « Les supermarchés européens au banc d’essai » , à laquelle la CLCV a participé, met en évidence que les consommateurs sont aujourd’hui de plus en plus préoccupés par l’impact que leurs choix peuvent avoir sur autrui. Ils se disent prêts à payer les produits équitables plus chers s’ils obtiennent la garantie que les petits producteurs dans les pays en développement sont correctement traités. C’est la tendance affichée par l’enquête Globescan de 2009 et celle menée par la CLCV en 2010 (elle a été réalisée du1er septembre au 31 octobre 2010 et a porté sur 669 questionnaires répartis sur 34 départements).
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nRetour sur quelques données phares de cette étude :
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  • 83 % des Français sont prêts à payer plus chers (entre 5 % et 10 %) les produits du commerce équitable, notamment les 40-60 ans.
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  • 55 % des Français connaissent un peu ou pas du tout les produits équitables (7 % des Français pas du tout)
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  • 1 % seulement des consommateurs font confiance aux hypers et supermarchés pour avoir des informations fiables sur la manière dont ils traitent leurs fournisseurs ! 99 % des consommateurs, jugent les grandes surfaces pas jugées fiables, car elles cherchent à vendre le plus de produits possibles avec la marge la plus importante possible; Les consommateurs veulent des garanties sur les pratiques d’approvisionnement, notamment au regard du respect des droits fondamentaux de l’homme, avec des contrôles indépendants
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  • Seulement 37 % des consommateurs font entièrement confiance aux labels pour avoir des informations fiables sur la manière dont les hyper et supermarchés traitent leurs fournisseurs..Du coup, l’enquête montre que les labels ne sont pas jugés aussi crédibles qu’ils souhaiteraient l’être. Leur profusion rend d’ailleurs la démarche de commerce équitable peu lisible. Les lignes de produits équitables développées par les distributeurs, Auchan, Ecoplanète Agir Carrefour, Casino… relèvent de l’auto-déclaration et d’une démarche privée et ne sont pas des labels. D’où la création tant attendue de la Commission nationale du commerce équitable (CNCE) en Avril 2010.
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nPlus d’infos sur le site de la CLCV
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2 réponses à “Enquête CLVC sur le commerce équitable : plus de responsabilités attendues”

  1. antony dit :

    Grande surface et commerce équitable
    nComment ces 2 concepts peuvent-ils cohabiter dans une même phrase? Les grandes surfaces (GS) ont senti un marché solvable avec des consommateurs soucieux de mettre un sens éthique, environnemental et solidaire à leur caddie. Les GS se sont alors empressés de mettre dans leurs rayons des produits issus du commerce équitable mais ces produits posent selon moi plusieurs problèmes.
    nTout d’abord, dans le commerce équitable, il y a un contenu social et politique basé sur une remise en cause de l’ultralibéralisme qui est un obstacle à l’équité dans les rapports marchands. Pour les fondateurs du commerce équitable il y avait une volonté de remettre en question ce modèle économique dominant pour exiger une société plus solidaire et plus juste avec la refonte d’un système.
    nLes GS ont mis des produits équitables dans leurs rayons mais elles ont vidé de leur contenu éthique, social et solidaire le concept pour en faire un produit comme les autres sans aucune dimension politique, sans aucune remise en cause du système libéral.
    nEnsuite, mettre des produits équitables en rayon dans « le royaume de l’inéquitable » c’est de la provocation honteuse. Nous avons des GS qui passent leurs temps grâce à leurs centrales d’achat à acheter sous les coûts de revient des producteurs ( je citerai l’exemple du producteur de salades Batavia qui vend ses salades à 0,18 € l’unité alors qu’on la retrouve à 1,2 € en magasin ) , à mettre la pression sur les industriels pour qu’ils baissent leurs prix en jouant sur la variable emploi et délocalisation ( Bonjour le chômage induit par ces braves Supermarchés expert en commerce équitable).
    nAprès, soyons tous cohérents dans nos choix de consommation car mettre un petit paquet de café équitable dans son caddie où croulent des produits inéquitables c’est se donner bonne conscience à peu de frais.
    nOn ne peut pas s’insurger d’un côté contre la misère sociale, le chômage, la remise en cause des acquis sociaux et les délocalisations et de l’autre pousser le caddie le samedi et choisir des produits inéquitables qui ont des impacts sociaux dévastateurs. Le consommateur tire une balle dans le pied du travailleur-citoyen. Quand on choisit un produit il y a une dimension politique car on vote pour un type de société.
    nAntony

  2. Merci Antony pour ton commentaire. je partage totalement tes propos. J’avais écrit un article sur le vouloir d’achat car chacun peut agir avec ses achats ; Et à regarder aussi les coulisses de la distribution et le pouvoir de chantage