Quand toutes les marques se mettent au bio

Auteur: admin

Le bio fait vendre il parait ! Alors les marques classiques voudraient bien aussi une part du gâteau. On assiste en ce moment chez les majeurs au lancement de toute une série de déclinaisons de gammes version bio. A la télévision, on nous vante les mérites des spots de la crème mixa bio, dans les rayons des hypermarchés le jus d’orange bio Tropicana s’installe, et bientôt le poulet bio Duc (à partir de 2012), même dans les enseignes de textiles de sports, impossible d’y échapper, la marque aux trois bandes, Adidas mise désormais sur le coton bio. Alors pourquoi tant d’engouement ? A vous les marques, la consommatrice que je suis irait bien titiller un peu votre éthique pour comprendre pourquoi l’environnement et la santé sont devenus « subitement » vos priorités au point de revoir vos classiques ? A coup de pubs fort chères, les marques s’imposent quitte à pousser au passage ceux qui étaient là avant, les convaincus de la première heure, ceux qui avaient tout misé sur le développement de produit bio exclusivement, ceux qui n’avaient de cesse que de respecter l’homme et la planète…On peut tout faire au motif d’une opportunité, même dans le bio ?
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tropicana bio
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nEt comment expliquez vous alors la juxtaposition de vos gammes non bio (ayant recours à des substances chimiques, avec des incidences désormais reconnues sur la santé et le planète) au coté de vos nouvelles gammes bio ? Comment défendre auprès du consommateur le fait que vous vous souciez de son bien être alors que dans le même temps votre chiffre d’affaires est fait essentiellement sur des produits impactant ? La responsabilité à deux vitesses, c’est possible ?. A mon sens le bio nécessite des convictions…et il est dommage de ne l’aborder que dans une dynamique purement mercantile. Qu’en pensez vous consommateurs ?
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22 réponses à “Quand toutes les marques se mettent au bio”

  1. ingmar dit :

    Moi j’évite la plupart des très grandes marques comme la peste, surtout si je vois un matraquage pub à la télé. Le prix de n’importe lequel produit markéting est composé de 80% de comm et marge, 20% de produit au mieux! Le bio sans marque se trouve sans soucis, d’ailleurs il va se généraliser de plus en plus avec la plupart des producteurs qui s’y mettent ou s’y intéressent. Adidas et le coton bio dans les chaussures, et la semelle, elle est en PVC bio? Lol!

  2. Ratuu dit :

    Barf, les bobo ont pu se la jouer durant quelques années car « On mangent bio, Vous pouvez pas comprendre petites gens ». maintenant, Maintenant la mode s’étend aux classes moyennes, rien de surprenant. Même si je peux comprendre que dérange les bourgeois, qui aimaient snober le reste du monde avec le la bouffe au double du prix 🙂

  3. Jean Louis dit :

    Je suis d’accord avec toi, car toi comme moi ainsi que des milliers de petits commerçants ont pris des risques en empruntant à leurs proches pour ouvrir leur magasin bio par conviction. Aujourd’hui que le marché est ouvert, les grandes marques arrivent à gros coup de millions sur le marché maintenant qu’il n’y a plus de risque, avec du vert partout et du BIO écrit en gros, alors que quelques fois ce n’est que quelques gouttes d’huiles essentielles qui sont Bio..

  4. ça perd de la crédibilité, non ? Moi, ce qui m’agace par contre ce sont les pseudos pub où le produit n’est pas bio, mais il tente de te le faire croire… Si vous avez des doutes sur les produits bio et pour vous retrouver dans la jungle des labels, je vous invite à venir écouter Laurence au salon Eco attitude le lundi 25 avril à 11h30.

  5. Sabbio dit :

    Ah oui le bio fait par les marques généralistes qui essaient d’attirer les clients ça m’agace au plus haut point car ce n’est pas du bio conviction mais bien opportuniste sans forcément toute la réflexion éthique, écologique et de santé qu’il y a derrière les marques bio-convaincues et « vieilles » dans le domaine.
    nAinsi, par exemple, chez les marques avec une petite gamme bio, on trouvera pour les jus on trouvera des jus dits bio mais bourrés de sucre ou des biscuits plein de graisses de palme et avec du suremballage!

  6. Morgane dit :

    D’autres choisissent aussi d’arrêter les pas bio à rupture de stock… Les écharpes de portage Colimaçon et Cie, par exemple vont écouler leur stock d’écharpe Miel et malices + actuel. Ce stock sera normalement remplacé dans le courant du mois par des écharpes bio tissées en sergé-croisé.

  7. Fanny dit :

    je n’achète pas tout simplement !

  8. Ah si le tout bio était la norme, on aurait sacrément avancé ! On doit tendre vers…encore une fois on peut se tromper mais l’important est d’avancer !

  9. Olivier dit :

    Je ne peux m’empêcher d’y voir une volonté de capter une certaine clientèle, voire même peut-être une tentative de « greenwashing »… Ceci étant, je trouverais dommage de condamner ce premier pas vers une démarche éco-responsable. C’est probablement à nous, les consommateurs, qu’il appartient de faire en sorte que les dites marques basculent vers le tout bio…

  10. cerise dit :

    Laurence, ça fait longtemps qu’il y a des petits « indignez-vous » au sein du milieu bio, mais les temps sont davantage mûrs qu’il y a une dizaine d’années et à ce sujet on ne peut que saluer le travail remarquable de quelqu’un comme Philippe Baqué : voir http://www.alterravia.com/ et entre autres son article dans le Diplo de février 2011 http://www.alterravia.com/presse.ht

  11. Oui Annie, vient dire le fond de ta pensée 🙂

    @Céline > sauf qu’il faut prendre le temps de lire, et ces 2 portails web sont principalement lus par déjà des gens sensibles. Ce que je veux dire c’est que les hésitants, ceux qui cèdent au 1er achat bio ne voit pas la différence qui peut exister entre les marques qui font du business sans changer de pratiques et les gammes « puristes ». Comment comprendre certaines subtilités dans les cahiers des charges alors qu’on a quelques secondes pour se décider pour tel ou tel produit. Quand en plus le marquage, l’étiquette, la com fait tout pour rassurer l’hésitant,…Apprendre à  devenir un consommateur averti…qui doit porter cela ?

  12. Céline dit :

    Des guides sont publiés pour aide les consommateurs à s’y retrouver dans cette jungle de labels (mes coures pour la planète: http://www.mescoursespourlaplanete…. et Terra Eco: http://www.terra-economica.info/IMG…) . Mais il est certain que ça n’est pas suffisant. Seuls ceux qui s’y intéressent vraiment vont trouver et utiliser ces outils. Les autres sont peut-être dupes de ces faux labels mais depuis quelques mois je trouve que ça change… non? Mais je suis bien d’accord, ces faux labels polluent les vrais et au final le consommateur n’a plus confiance, quel que soit le produit!

  13. Dois-je vraiment te dire ce que j’en pense… 🙁

  14. Merci pour vos commentaires, je vois que ce sujet vous intéresse aussi 🙂

    Jean Marc > Il faudrait juste qu’on laisse un peu de temps et d’espace aux boites qui s’investissent à fond…que le consommateur comprenne ce qui fait la différence, qu’il s’en fasse aussi une priorité.

    Céline > comme les acteurs sont de plus en plus nombreux, en face il faut aussi arriver à séduire de nouveaux consommateurs. Et c’est là que certaines marques agissent. Sauf qu’il n’existe pas de « lieu », d »espace » pour « éduquer » le consommateur à faire la différence. Parfois, ce n’est pas simple de comprendre, par exemple, la différence de qualité entre les produits écologiques vendus en grandes surfaces sous écolabel et les produits ménagers écologiques vendus en magasins bio ou en ligne sous certification écocert, détergence écologique. Et pourtant rien à voir ! Sauf que ce sont les « petits » qui prennent du temps (et de l’argent) pour faire ce travail pédagogique pendant que les autres (les marques, ..) lancent des campagnes de com à gros budgets pour récupérer de suite les ventes, quitte à décevoir.

    Esra > finalement il nous faudrait aussi un « indignez vous ! » dans ce secteur ! Qu’on puisse montrer la face cachée de certaines démarches qui communiquent au grand jour sur du bio ou de l’équitable et qui derrière font leur business sur d’autres bases. Car le risque est que le consommateur mettent toutes les entreprises dans le même panier

  15. Esra dit :

    C’est un aspect que je trouve simplement révoltant, merci Laurence de nous donner l’occasion de nous exprimer publiquement. Je partage absolument ton regard sur la « responsabilité à double vitesse », le bio est considéré comme un nouveau « mode » de consommation, tout est dit. Pour ces marques, c’est juste un créneau. Espérons seulement que le créneau marche tellement, qu’elles se lancent finalement corps et âme. Mais là, je suis sceptique.

  16. Céline dit :

    Le bio est clairement une opportunité pour les entreprises, et rarement une question de conviction. Je ne pense pas que ces grandes marques vous prennent la place, ils ne s’adressent pas aux mêmes personnes. Le consommateur réellement engagé saura vers quelles marques se tourner, tandis que ceux pour qui le bio n’est qu’affaire de bonne conscience ils achèteront ces grandes marques. Acheter des fringues chez H&M parce qu’elles sont bio… faut vraiment pas être très intéressé par le problème pour un tel acte! Je ne me fais donc pas de soucis pour les « vrais » 🙂

  17. Laurence,

    nnn

    Je partage ton avis a 100%. Il faut juste se méfier de ces p….. de marques qui abusent d’un argument juste commercial et rien d’autre. J’aimerais saluer ces marques qui changent et qui nous disent voila nous investissons a 100% dans le bio et voila notre orientation pour les années a venir ….nous n’en sommes pas encore la…

  18. Urus > oui les conditions de travail c’est aussi un cheval de bataille ! Le textile bio vendu par des marques qui à coté ont recours à des entreprises sous traitantes pas clean pour le reste de leur gamme. C’est ça la cohérence ? . 

    Sophie > comment alerter sur les substances chimiques, le respect des matières premières non polluées, ..;et écouler en masse des produits qui représentent le contraire ? On devrait attacher plus d’importance à l’histoire du produit…mais bon, le consommateur cherche encore trop souvent le prix bas sans se poser de questions.

  19. et ouiii … ça ne donne pas une bonne image du VRAI bio. C’est à cause de ces marques, que nous (« les convaincus du bio depuis lgtps ») nous entendons souvent sur les salons , par exemple, « le bio, c’est que du marketing … » , « les labels c’est n’importe quoi… », « le bio c’est cher … ». Quel dommage ! Et tout à fait ok avec toi, leur but est surtout de vendre leurs produits « non bio. C’est juste une question d’image. Si elles etaient autant convaincues, ces marques passeraient TOUT en bio, et non une petite serie vite fait afin de se rendre sypathique aux yeux de ses consommateurs. A l’image de H&M qui sort une gamme en coton bio mais à coté vend des robe à 5 €.
    nAmicalement, Sophie

  20. Urus dit :

    La mise au bio partielle est de plus fort rarement accompagnée de changements éthiques, à savoir de meilleurs conditions de travail pour les ouvriers.
    nC’est peut-être là tout le fond du problème !
    nFaire un tout petit peu de bio et balancer toute sa com dessus, rien de plus facile… Mais s’il faut passer tout bio et garantir des conditions de travail meilleures, c’est une toute autre affaire.
    nLe greenwashing est notre plaie et nous n’avons pas fini d’en parler je pense !

  21. Cerise > Le client est majoritairement présent en grandes surfaces…et pourtant le schéma de ces enseignes évoluent aussi. On assiste d’une part à un retour des petits formats de magasins en centre ville et d’autre part on voit aussi que les consommateurs s’organisent autour de circuits courts pour l’alimentation fraicheur. On se dit alors que les marques vont aussi devoir composer avec un consommateur capable de faire des infidélités. Et à mon sens, ce dernier devrait être plus exigent sur ses attentes en matière d’engagement sur le développement durable. On ne peut pas faire à moitié..;On peut avancer, progresser…oui mais à condition d’avoir des convictions et de les afficher, quitte à renoncer sur certains aspects si on ne peut pas les tenir. Là on voit bien qu’avec cette approche du « bio poule aux oeufs d’or »… seul la quête du CA plus important intéresse certains. Dommage, on peut tous y perdre là dedans, car le consommateur peut aussi mettre dans le même panier bon nombre d’offres, pensant effectivement toujours se faire avoir au final;

  22. cerise dit :

    Bonjour, pour ma part, je n’achetais déjà pas ces marques quand elles n’étaient pas bio, je ne le ferai pas maintenant qu’elles se mettent au bio. La grande distribution n’a d’éthique que si cela peut lui rapporter, et là elle profite que les temps sont mûrs pour elle de se lancer…
    nPourquoi ne l’ont-elles pas fait avant ? C’est plus facile et moins risqué de laisser faire les autres (magasins bio de la 1ere heure qui eux aussi cherchent maintenant à se développer et à se concurrencer) puis de voir que ça marche et enfin de s’y mettre en jouant aussi sur le fait que leur clientèle ne connaît pas trop la distribution bio.
    nQuand on connaît et soutient cette dernière, on peut être également déçu d’apprendre que certains produits de marques de distributeurs (MDD) sont fabriqués, sans le mentionner et souvent moins chers à l’achat, par des marques bio connues… quand elles ne sont pas présentes – et moins chères- à visage découvert en grande distribution. Le petit magasin bio qui les a promotionnées quand elles étaient inconnues passe alors pour un voleur de les proposer au prix que ces marques lui consentent…
    nBien que souvent choquée, je ne me sens plus très concernée par toutes ces pratiques car je fais beaucoup de choses moi-même et me cantonne aux produits frais et pas ou peu transformés, achetés dans le circuit bio. De voir la cohabitation bio/non bio et produits plus que douteux en grande distribution m’insupporte, mais pour ceux qui ne connaissent que ce mode d’approvisionnement, qui arrivent à cloisonner leurs achats, ça peut toujours les amener à connaître autre chose et peut-être à prendre des distances avec certains produits qu’ils vont convertir en bio ? Pourquoi pas ? En tous cas, ce qui est certain et voulu, c’est que les clients ne quittent surtout pas leur supermarché pour aller voir ailleurs 😉