Leclerc crée ses codes de consommation responsable

31 octobre 2011
Auteur: admin

Dans la boite aux lettres un prospectus vantant les mérites de tranches de jambon emballées sous vide, de bouteilles d’eau, des BN, avec un logo « approuvé conso responsable ». Oups qu’y a t il de responsable là dedans ? Ces produits ne sont pas systématiquement bio, encore moins issus du commerce équitable et pour la plus part, font partis des produits sur-emballés. Que signifie cette nouvelle promesse ? Leclerc se lance dans la consommation responsable en définissant ses propres critères (c’est sur, c’est plus simple comme ça !) et dédie un site web (http://www.mouvement-leclerc.com/home/conso-responsable) et une campagne de pub TV
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ncampagne conso responsable leclerc
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nAlors que les concurrents (Intermarché, Casino, …) avaient choisi de participer au test national sur l’affichage environnemental (cf mon article : un affichage environnemental sur les produits en rayon), Leclerc a mis en place sa propre sélection suivant 38 critères réunis autour de 5 axes. Sauf qu’on en sait pas plus sur la manière dont ces critères sont étudiés :

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  • information : « qualité des informations accessibles sur le produit » : transparence ? crédibilité ? certification ?
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  • composition : « qualité des ingrédients ou composants. Valeur nutritionnelle pour les produits alimentaires » : c’est à dire ? OGM ? Sucres raffinés, huile de palme ? produits d’élevage industriel (cf les poulets bio de la marque DUC) ?
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  • fabrication : « processus de fabrication réduisant l’impact sur l’environnement » Les consommateurs ne sont pas forcément au fait des processus de fabrication.
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  • utilisation : « favorise un usage moins impactant sur l’environnement » : c’est quoi moins impactant ? par rapport à quelle référence ?
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  • emballage : « quantité de matières utilisée et sa recyclabilité »
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nActuellement 50 produits sont concernés par ce nouvel affichage, et peut être plus de 700 en début d’année prochaine et 3000 à la fin de l’année. Une manière aussi de dynamiser les têtes de gondoles sans finalement changer la règle du jeu !
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nEncore un bel exemple du greenwashing pour les marques ! Dommage pour le terme de « consommation responsable » qui sera encore une fois galvaudé !

16 réponses à “Leclerc crée ses codes de consommation responsable”

  1. cpolitic dit :

    Il n’y a qu’à voir les « brownies » fait par Leclerc bourré de graisses hydrogénées et d’huile de palme pour comprendre leurs intérêts…

    nnn

    Sans loi, sans véritable pouvoir politique, sans un Etat puissant, rien ne bougera

  2. La consommation responsable galvaudée comme le BIO… Je pense que l’on tend à ça aussi et c’est regrettable.

  3. oui c’est vraiment rageant pour les entreprises qui essayent de faire leur job en respectant la notion de responsabilité. Le bio a 2 vitesses on y est déjà !

  4. Bonjour, nous avons bien pris en compte la nature de vos interrogations concernant la démarche Consommation Responsable de E. Leclerc. Nous nous attachons à vous répondre plus précisément par mail afin de mieux vous détailler la méthodologie de notre démarche. Celle-ci a pour but de mettre en valeur les efforts de nos fournisseurs qui produisent de manière plus responsable, afin de les inciter à continuer dans cette voie. Ces indicateurs mis à disposition des consommateurs leur permettent de repérer les produits correspondant à plusieurs critères de responsabilité (au moins deux). Ainsi, l’appellation « Approuvé responsable » n’a pas pour but de se substituer aux labels ou à l’affichage environnemental, mais de regrouper différentes catégories de produits sous une seule appellation, pour faciliter les courses de ceux de nos clients qui souhaitent adopter une démarche plus responsable.

  5. Céline dit :

    Leclerc manque cruellement de modestie… non seulement cette démarche est dénuée de sens dans le secteur de la grande distri mais en plus les supermarchés sont déjà envahis de labels et logos. Quel est l’intérêt pour le consommateur? S’y perdre encore plus? Quel est l’intérêt pour le petit/moyen producteur?

  6. J’aimerais vous apporter quelques précisions afin de répondre à vos interrogations et pour que vous puissiez avoir l’ensemble des cartes en main concernant l’offre Conso Responsable de E. Leclerc.

    nnn

    E. Leclerc n’a pas vocation à substituer des critères ad hoc aux labels déjà en vigueur. La démarche « Conso Responsable » engagée par l’enseigne, à la différence des labels existants, tend à prendre en compte plusieurs critères de responsabilité (composition, emballage, fabrication, etc.), ce que ne font pas les labels existants, souvent fondés sur un seul critère. E.Leclerc privilégie une approche globale. L’enseigne a travaillé conjointement avec un cabinet spécialisé en environnement, et s’est appuyée sur les labels préexistants pour concevoir sa démarche « Conso Responsable » et établir une grille d’analyse multicritères. Par exemple, s’agissant des produits de la mer, pour ce qui est du critère « composition » E. Leclerc s’attache à valoriser la présence d’une certification MSC. En ce qui concerne les emballages, l’utilisation de papier PEFC ou FSC est évaluée. Sur le mode de fabrication, une note est attribuée en fonction de la présence de labels ou de normes caractérisant le lieu et les process de fabrication (Ecocert, ecolabel, Cygne Blanc, Ange Bleu, NF…). Pour en savoir davantage, je vous invite à consulter le dossier de presse en pièce-jointe, ou à me contacter directement.
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    nA partir de la liste multicritères, E.Leclerc procède à une analyse des produits et sélectionne les produits pouvant bénéficier ou non de l’appellation « Approuvé Conso Responsable ». Cette approche est la seule à être globale et multicritères : l’objectif est de faciliter plus généralement l’identification de produits plus responsables par le consommateur. Par ailleurs, un audit de la démarche par l’organisme ECOCERT est prévu courant novembre. Cet audit permettra d’identifier les axes de progrès de la démarche.
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    nVoici comment sont déclinés nos critères :
    n- Composition : évaluation de la qualité des ingrédients ou composants (matière recyclée, taux de graisses saturées, respect du Programme National Nutrition Santé, respect de la politique de marée,…) ;
    n- Fabrication : processus de fabrication réduisant l’impact sur l’environnement (mode de fabrication limitant l’impact sur l’environnement certifié par des labels environnementaux, réduction des kilomètres parcourus sur l’ensemble de la chaîne en aval et en amont de la fabrication,…) ;
    n- Emballage : quantité de matière utilisée et recyclabilité (type de matériau utilisé et pourcentage de matériau recyclable, pourcentage de réduction du poids total de l’emballage,…) ;
    n- Usage : Favorise un usage moins impactant sur l’environnement (pourcentage de réduction du bilan énergétique du produit lors de son utilisation, label couvrant le produit sur sa propriété biodégradable et/ ou compostable,…)
    n- Information : qualité des informations accessibles sur le produit (liste des composants du produit figurants sur le packaging ou le produit, mentions relatives au recyclage de l’emballage du produit,…)
    nCes 5 critères sont divisés en 38 sous-critères précis et vérifiables, qui mesurent des bénéfices environnementaux ou liés à la santé.
    nPour être retenu, chaque produit doit présenter au moins un bénéfice sur 2 critères techniques (composition, fabrication, emballage et usage) et ne pas tomber sous le coup d’un critère éliminatoire :
    n- Non respect des allégations environnementales définies par le Conseil National de la Consommation (CNC)
    n- Non respect de la politique développement durable de l’enseigne (bois, huile de palme et marée)
    n- Information du fabricant susceptible d’induire le consommateur en erreur.
    nLa démarche initiée par E.Leclerc est une démarche de progrès entre les différentes parties-prenantes : consommateurs, fournisseurs et nous-mêmes. Elle est également évolutive puisque les produits « Approuvés Conso Responsable » d’aujourd’hui seront réévalués au bout de 12 mois.
    nLa démarche s’exerce donc à deux niveaux :
    n- En amont, au travers de nouvelles pratiques commerciales avec les fournisseurs visant à les encourager à produire plus responsable et à mettre en œuvre une démarche de progrès ;
    n- En aval, en mettant à la disposition des consommateurs une information plus claire pour aider ceux qui le souhaitent à adopter une consommation responsable.

  7. Elsa dit :

    Je ne vois pas bien ce qui différencie le pseudo label de Leclerc avec Les labels ecocert et qualité France.
    n »critères de responsabilité (composition, emballage, fabrication, etc.) » ces critères de responsabilité sont pris en compte par ecocert notamment pour donner l’agrément sur les produits cosmétiques ex ici : http://www.ecocert.com/parfum-dambi
    nUn label non indépendant n’a pas grand intérêt si ce n’est tromper le consommateur je trouve.
    nLes labels bio sont garants des infos justement, à quoi cela servirait-il de faire cette « conso responsable » ?
    nEt enfin pour passer un temps certain à lire les étiquettes des ingrédients des produits que j’achète, je bondis en voyant « Non respect de la politique développement durable de l’enseigne (bois, huile de palme et marée)
    n- Information du fabricant susceptible d’induire le consommateur en erreur. »
    nParce que pour l’huile de palme on repassera il y a un très grand nombre de produits avec huile de palme toute bio soit elle il y en a, et les mentions traces possibles qui servent de parasols c’est quand même se moquer du consommateur !
    nOn a aussi tendance à oublier que ce supposé label permet de se donner bonne conscience à la fois au consommateur mais aussi à Leclerc pour justifier des prix plus élevés, parce que c’est sûr l’huile de palme bio c’est plus cher que l’huile de palme non bio mais ça reste de l’huile de palme !

  8. MaVieToxique dit :

    Bonjour au porte-parole de E.Leclerc. En réponse à votre commentaire, je poserai simplement deux questions. 1) Pourquoi E.Leclerc a-t-il voulu créer ses propres règles « éco-responsables »? Les labels déjà existants sont pourtant bien efficaces dans les secteurs que vous citez.
    2) Une entreprise privée qui crée son propre label n’est-elle pas plus facilement tentée de déroger aux règles qu’elle s’est fixées, puisque les garde-fous sont plus discrets?

  9. Les certifications ECOCERT (Ecocert cosmétique , Ecocert détergence écologique ou Ecocert équitable ESR) prennent en compte les aspects »composition, fabrication, emballage,usage, information », contrairement à ce que vous laissez entendre. Lescertifications sont là justement pour permettre au consommateur de fairele tri dans les fausses allégations qui pullulent actuellement, cf leguide du ministère « Guider le consommateur dans les promesses du durable responsable bio et naturel« .

  10. milou dit :

    faut pas rêver, si leclerc crée ses propres codes de consommations responsables c’est que ca lui reviendra à bcp moins cher que de faire appel à un laboratoire exterieur comme AB, Nature et Progrés. Ca coute une somme folle de demander la mise en labellisation d’un produit et ca prend bcp de temps donc perte d’argent. . Leur but est de faire du chiffre d’affaires pas de sauver la planete et les hommes qui y vivent sa se saurait depuis belle lurette. 😉

  11. Anissina dit :

    Laurence le lien ne marche pas : http://www.aboneobio.com/blog/post/
    nPerso je vois que chaque grande enseigne y va de son propre discours, ses valeurs, ses critères et que personne n’accorde ses violons. Au final, il y a de quoi embrouiller le consom’acteur qui ne sait plus à quel saint se vouer…
    nAu supermarché, avant tout je regarde la composition, dans quel pays c’est fabriqué, le label quand je veux prendre du bio, le prix au kilo et le conditionnement… Parce que j’ai 3 enfants à nourrir…
    nQuand au prix, j’aimerais savoir si cela fait grimper la note ?

  12. Michèle dit :

    Je me demande à quoi sert que l’Europe se décarcasse à trouver des « Labels européens »… A nous encore une fois à ne pas être dupes, mais c’est fatigant à la fin ! Mais je persiste 😉
    nMerci d’avoir attiré notre attention.

  13. eco-sapiens dit :

    Bonjour Laurence et merci pour cette analyse.

    nnn

    Le seul point positif pour le moment est qu’il y a au moins un responsable de la comm’ chez Leclerc qui suit et comment ce qui se dit sur la toile.

    nnn

    En tant qu’eco-SAPIENS notre analyse de cette initiative n’est guère en faveur de l’ensegne. Selon nous, nulle volonté d’aider le consommateur à s’y retrouver. Plutôt trouver quelques marques qui pourront payer pour u peu plus de comm et de mise en valeur dans les rayons.

    nnn

    http://www.eco-sapiens.com/actualit

  14. + Je n’était pas aller jusqu’en bas de la page…pour lire les réponses de Leclerc, mais cela ne change pas grand-chose à mon propos. En plus, ce n’est pas leur métier, comment font-ils pour vérifier que tous leurs critères soient remplis ? Sauf à embaucher une armée de spécialistes. C’est peu crédible.
    nJe ne suis pas un grand spécialiste de la chose, mais il me semble que quand ils ont décidé de ne plus distribuer de sacs en caisse, là c’était un
    nvrai risque et ils ont été les premiers à le faire.

  15. nat dit :

    Bonjour, je souhaiterais faire part de mon étonnement concernant la démarche de leclerc par rapport à l’environnement, réfléchir à ce que nous consommons, moins de déchets…je suis tout à fait d’accord et tout le monde devrait se poser quelques questions…est-ce un legume de saison? Ne vient-il pas du bout du monde…
    nCependant, je suis outrée de voir qu’un sachet plastique emballe chaque fromage au rayon « fromage à la coupe »! Le personnel refuse de ne pas mettre de plastisque; pourquoi l’étiquette ne peut-elle pas etre collée directement sur l’emballage papier??